DIASPORA, Politique, Société

1991 -2019. 28 ans se sont écoulés depuis que s’est tenue la conférence nationale souveraine au Congo

Par :   OUABARI MARIOTTI

1991 -2019. 28 ans se sont écoulés depuis que s’est tenue la conférence nationale souveraine au Congo. Avec le temps qui ne suspend pas son cours, les participants à la conférence, chacun selon son destin, ont eu un itinéraire dans la vie. Les jeunes ont pris de l’âge. Les adultes ont vieilli. Beaucoup ont quitté ce monde. La maladie n’a pas épargné certains. La majeure partie des maux dont souffrent les congolais, soulevés lors de ces assises nationales, demeurées historiques par leur éclat et leur rendement, sont toujours là, figés comme des monuments, avec des taux de croissance différents, selon les cas, n’ayant jamais trouvé de solution durable dans l’intérêt des populations.

De cette conférence nationale où plusieurs commissions de travail ont été crées, j’écris ce post au sujet de trois d’entre elles, objet du support video, mis à jour par You Tube, où j’y apparais en rapporteur de ces trois commissions, qualifiées spéciales pour leur contenu sensible. Ce sont la commission assassinats, la commission rapatriement des fonds et la commission bien mal acquis, crimes économiques et financiers. Toutes les trois n’ont pu faire aboutir leurs délibérations en raison des contingences morale et politique de l’époque où la présidence de la conférence privilégiait l’apaisement dans le pays. Et conséquemment, les gouvernements qui se sont succédés au Congo, depuis la conférence nationale, n’ont donné la preuve de la moindre volonté politique de s’arrimer à la préoccupation de la conférence nationale sur les problématiques de ces trois commissions ad hoc. Ainsi, jusqu’à ce jour, aucun sou n’a été rapatrié des paradis fiscaux et autres banques étrangères où des fonds auraient été déposés par des tenants des pouvoirs. Le Congo traverse une passe socio économique difficile et devient récurrente l’exigence patriotique de ramener dans les caisses de l’Etat « l’argent du peuple » détourné et planqué à l’étranger par des dignitaires des régimes.

La question douloureuse des assassinats politiques reste entière, toujours teintée d’odeur de sang. Les années qui passent n’en adoucissent pas le relent. Le mystère continue d’y planer, au grand désespoir des familles de victimes dont certains membres s’en sont allés sans avoir connu les causes de la disparition de leurs proches. Le garde des sceaux, ministre de la justice de Pascal Lissouba que je fus, avait été chargé, en mars 1997, de diligenter une enquête sur la mort d’Alphonse Massamba Débat.

Au moment où les services judiciaires ont pris en main le dossier, les évènements du 5 juin 1997 sont arrivés et ont changé la donne dans le pays. Tout s’est arrêté. Quant aux biens mal acquis, crimes économiques et financiers, ils se poursuivent allègrement, prennent de l’ampleur, dans l’impunité et l’indifférence totales des pouvoirs publics, en dépit de quelques proclamations d’intention de s’attaquer aux anti valeurs.

Pour l’histoire, il est à noter que l’incompréhension entre les trois commissions ad hoc et la présidence de la conférence nationale sur la manière d’atteindre les objectifs édictés par les conférenciers sur ces questions demeure le motif majeur du statut quo actuel. Les trois commissions ad hoc qui misaient sur leur mutation en structure autonome d’investigation au de là de la conférence nationale pour poursuivre leurs enquêtes, dans le respect des lois établies, se sont heurtées au refus de la présidence de la conférence pour semble t-il ne pas gêner les gouvernants et éviter un climat délétère dans le pays. Et pourtant, il faudrait bien un jour arriver à se pencher à nouveau sur le rapatriement des fonds, les assassinats politiques, les biens mal acquis, crimes économiques et financiers.

Paris le 13 janvier 2019.

Mr OUABARI MARIOTTI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*