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22 mai 2020. Les Brazzavillois ne rêvent pas.

22 mai 2020. Les Brazzavillois ne rêvent pas.

Par  OUABARI MARIOTTI

Les Congolais, particulièrement, les Brazzavillois, regardent d’un air amusé, mêlé d’indifférence, la campagne de sensibilisation des candidats à la Mairie de Brazzaville, au scrutin du 22 mai 2020.
A cette date, du vote du Conseil Municipal de Brazzaville où les représentants du Parti Congolais du Travail, Parti au pouvoir, sont largement majoritaires, sera connu le nom du nouveau Maire de Brazzaville.
Maire qui succèdera au spectaculaire intérim de Mr Guy Marius Okana, suite à la pitoyable destitution de Mr Christian Okemba, pour faute administrative et détournement de fonds.
Depuis quelques saisons, les villes et les centres urbains secondaires du pays souffrent de l’effet désastreux des pluies qui s’y succèdent, en raison de tous ces phénomènes complexes dûs au changement climatique.
Les travaux des voiries et autres réseaux routiers qui sont effectués, sur le territoire national, mal entrepris, se dégradent considérablement, ne résistant pas à la force du ruissellement des eaux.
A ces sinistres naturels s’additionnent les plans d’aménagement des espaces, plus ou moins bien élaborés, mais presque pas respectés.
Ce à quoi s’ajoute l’incivisme récurrent des citoyens face à la chose publique.
Plus généralement, les villes et les centres urbains secondaires du Congo ne participent pas aux quelques mutations tant économiques, démocratiques que sociales qui concernent l’ensemble du pays.

Les Brazzavillois ne rêvent pas.
Le 22 mai 2020, un Monsieur ou une Dame de l’etablishment sera élu Maire de Brazzaville.
Il n’est pas impossible qu’il y soit déjà connu.
Un membre de l’etablishment qui ne saura réaliser que c’est la ville, dans les pays du Tiers Monde, qui cristallise la volonté de progrès et prépare, en réalité, le processus de développement.
Et, Brazzaville demeurera la même Brazzaville, privilégiant sa fonction résidentielle actuelle.
Peut-être faudrait il expérimenter une élection des Maires des grandes villes qui passerait par des débats publics, libres, entre candidats, sur une confrontation de leurs programmes.
Ce qui changerait, de fond en comble, les modalités de leur désignation pour sortir du schéma dirigiste actuel où le Maire de Brazzaville est, en quelque sorte, le choix du pouvoir, pas celui des Brazzavillois.
Or, le Maire de Brazzaville doit être la représentation et l’incarnation, toutes à la fois, effective et symbolique, des Brazzavillois. Choisi sur la base d’un programme compatible avec la synthèse des préférences et aspirations des Brazzavillois.
Ce qui n’est pas, en réalité, le cas, aujourd’hui.

Paris le 18 mai 2020
Ouabari Mariotti
Membre de l’UPADS.

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