Politique, Société

Les défis de l’après-Sassou

Les défis de l’après-Sassou: Dédommager, consoler, revaloriser les Sudistes. Rassurer, protéger, apaiser les Nordistes

 

Par  Pascal MALANDA

 

Les défis de l’après-Sassou
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Dédommager, consoler, revaloriser les Sudistes. Rassurer, protéger, apaiser les Nordistes

Qui peut encore douter du fait que le régime actuel est entré dans la phase accélérée de décomposition ? N’importe quel observateur averti constatera que la guéguerre qui fait rage aujourd’hui au PCT n’est que la suite logique d’un long processus de pourrissement engendrant une horrible et absurde guerre de succession. Ceux qui ont prétendument ramené la démocratie dévoyée par Lissouba de 1992 à 1997, toute honte bue, se livrent à un spectacle ubuesque et bientôt dantesque où la bassesse rivalise avec l’incompétence.

Chers ‘’démocrates’’ du PCT, dans un parti civilisé, la succession se fait de façon ouverte par des primaires consensuelles. Regardez la beauté des joutes oratoires auxquelles se livrent les membres du parti démocrate américain. Plus de 20 candidats au départ et un seul représentera le parti face à Donald Trump. Pas besoin pour cela de zigouiller les rivaux. Pourquoi avoir tant ensanglanté le Congo en 1997 si c’était pour piétiner allègrement les principes fondamentaux et élémentaires du jeu démocratique ? Êtes-vous à ce point inaptes ne fût-ce qu’à copier ce qui est étalé devant vous par les vieilles démocraties ? Êtes-vous condamnés à la barbarie politique et au meurtre pour accéder au pouvoir suprême ?

Il est de notoriété publique que le PCT est incapable de gagner une élection libre et transparente. Le parti des camarades-membres est foncièrement incapable de survivre au suffrage universel. Mais qu’est-ce qui les empêche dès lors de dégager un candidat consensuel au sein de leur parti, candidat qu’ils imposeront par la fraude massive au reste de la population devenue leurs esclaves ? Si l’ivresse du pouvoir les aveugle au point de ne plus avoir la moindre lucidité, je peux les aider à répondre à la question précédente.

C’est que le PCT, conçu dès le départ comme un parti pseudo-national, mais à dominance nordiste, s’est progressivement mué en parti de la Cuvette, puis en parti mbochi, pour finir par devenir le parti d’Oyo et aujourd’hui parti familial où il faut adorer le père, le fils et toute la ‘’parentaille’’. Dès lors, la logique familiale veut le plus naturellement du monde, imposer une succession biologique alors que la logique du parti tente de maintenir l’illusion d’une succession politique. Voilà le fond du drame pctiste auquel on pouvait assister en ricanant si ce n’est que les conséquences sont un potentiel séisme national.

Si l’impossible succession biologique est condamnée d’avance par l’immense majorité de la population qui ne supporte pas la simple invocation du nom d’un dauphin incapable de discrétion, la succession politique ouvre une véritable tragédie dont la victime sera inévitablement le peuple congolais. Le PCT nous a habitués à exporter malicieusement ses turbulences et ses turpitudes. Pour maintenir la pseudo-unité du nord, le chemin est tout tracé, la recette à portée de main : ouvrir un conflit dans le sud pour divertir, ou y enfanter une rébellion censée menacer le nord. Malheureusement, il y aura toujours des nordistes pour y croire et des sudistes pour jouer ce rôle maléfique et fatidique. Suivez mon regard….

Le vrai problème du Congo aujourd’hui, c’est le terrifiant après-Sassou. La question n’est plus ‘’si ou quand Sassou quittera le pouvoir’’, mais ‘’comment il partira de son fauteuil adoré ’’ Et ce comment déterminera toute la suite de notre histoire. La fin de Sassou ne fait aucun doute comme nous l’avons déjà mentionné. Il peut mourir de sa propre mort dans quelques jours ou être liquidé par ses propres parents qui en accuseront les sudistes : ‘’Bacongo ba bomi Sassou’’. Il peut aussi (et cela est de plus en plus probable) être balayé par l’insurrection d’un peuple poussé à bout par la faim et la misère. Dans les deux cas ci-dessus, la vacance du pouvoir ouvrira une forte période de turbulence dans le pays.

De gros nuages s’accumulent sur le ciel congolais. Nous savons le caractère dévastateur des tempêtes qui en découlent. N’est-il pas temps d’agir pour une fois par prospective afin de conjurer nos drames itératifs ?

Une chose est sûre, les haines, l’insolence, les humiliations, accumulées de part et d’autre depuis des décennies, ont profondément déchiré notre peuple en deux pans quasi-irréconciliables. Les réseaux sociaux charrient chaque jour des torrents d’injures. D’une part, les sudistes traitent les nordistes ‘’ d’incompétents-chieurs-dans-l’eau’’. De l’autre, les nordistes ne voient à travers les sudistes que des ‘’revanchards-assoiffés de pouvoir’’ prêts à couper le pays s’il le faut. Le tout culmine sur la très existentielle question : « Quel est l’avenir des Mbochi dans le Congo après-Sassou ? »
Je déteste la punition collective et n’apporterai pas (n’en déplaise à mes détracteurs) ma contribution à une chasse aux sorcières contre les Mbochis pour la simple raison qu’ils appartiennent à la même tribu que Sassou. Tous les Mbochis (loin de là) ne sont pas des complices de Sassou ni comptables de ses actes, même s’ils se taisent par terreur.

Quand est-ce que nos frères du Sud le comprendront pour rassurer nos frères otages d’un système odieux ? Je déteste l’exclusion systématique des Kongo de la gestion de la chose publique (n’en déplaise à mes autres détracteurs) au seul motif qu’en s’enrichissant, les Kongo iront acheter des armes pour exterminer les Mbochis. Tous les sudistes ne sont pas assoiffés du pouvoir et revanchards (loin de là). Quand est-ce que nos frères du Nord le comprendront pour cesser de traiter leurs propres frères en esclaves et véritables apatrides dans leur propre pays ?

Sassou va partir, plus vite que d’aucuns ne l’imaginent. Les quarante ans de malédiction du Congo 1979-2019 touchent à leur fin https://blogs.mediapart.fr/…/sassou-et-la-fin-des-40-annees….

Osons nous asseoir autour d’une table pour préparer sereinement l’après-Sassou pendant qu’il est encore vivant. Osons dédommager, consoler, revaloriser les Sudistes.

Osons rassurer, protéger, apaiser les Nordistes. Osons surmonter nos différences et nos haines ataviques. Osons enfin nous regarder droit dans les yeux et nous dire sans rancœur les vérités qui fâchent sur le mal qui a ruiné notre pays et continue de le détruire.

Osons redonner à chaque Congolais, dans la paix totale des cœurs et le PARDON des âmes, sa place dans un Congo définitivement réconcilié. Ceci étant dit et pour éviter toute polémique inutile, les adversaires du PARDON peuvent se dépêcher d’aller cueillir Sassou à Mpila et le pendre haut et court jusqu’à ce que mort s’ensuive. Qu’ils ne m’attendent pas, ma position est connue depuis belle lurette.

Pascal Malanda
LE CONGO ETERNEL

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