Politique

Accord de paix dans le Pool : Les dernières inquiétudes du Pasteur N’toumi

Révérend NTOUMI

Par : Murielle OSSIE

 

La question est sur toutes les lèvres depuis la lecture du message du Révérend Pasteur N’toumi lors du lancement des activités de la commission mixte et paritaire sur la paix à Kinkala. L’accord en lui même est apprécié par l’ensemble des populations du Congo après une année de guerre qui a causé plusieurs dégâts humains et matériels. Ce qui est vrai au lendemain de la signature de cet accord à Kinkala, nombreux étaient sceptiques en voyant des conseillers du ministre de l’intérieur et de représentants du Pasteur N’toumi apposer leurs signatures pour un accord d’une affaire aussi grandiose qu’est la fin d’une guerre.
Comparaison n’est pas raison, le scepticisme est né suite au premier accord signé en 1999 lors de la première guerre du Pool où les deux parties en conflit, c’est-à-dire les Forces Armées Congolaise – FAC – mandatées par le gouvernement et les Forces d’autodéfense et de la Résistance –mandatées par le Conseil National de la Résistance (CNR) avaient signé.
La signature de cet accord avait mis autour de la table les représentants de ces deux forces pour mettre un terme à la guerre. Alors que l’accord de Kinkala a mis autour d’une table de conseiller du ministère de l’intérieur et un représentant du Pasteur sans les deux forces sur le terrain. Ces deux représentants ont donc fait cultiver un scepticisme à certains observateurs.
Nombreux ont même cru à une duperie du pouvoir de Brazzaville vis-à-vis du Pasteur N’toumi. Mais l’acceptation de cet accord et quelques amendements apportés par ce dernier a mis en confiance certains douteux.
Chemin faisant, l’accord a accouché d’une importance redonnant l’espoir d’une paix à toute la population. Et le doute a commencé à se dissiper après la mise en place d’une commission mixte et paritaire. Le lancement des activités de la remise dordre par cette commission mixte dans le Pool, la réouverture des routes et la levée des barrières militaires ont remonté la confiance des sceptiques qui ont vite cru à la paix véritable dans cette région.
Du coup, les populations aussi se sont passé le mot pour repartir dans leurs villages. Même si ceux-ci ont été dévastés ou détruits par les affres de la guerre, les populations ont décidé de rebâtir leur vie dans leurs milieux d’entant suivant la maxime : «on est mieux chez-soi »
Mais, le grand problème se situe sur la confiance des Ninja vis-à-vis du gouvernement dans le cadre du respect des points définis par cet accord du 23 décembre 2017.
Ceux qui ont fait partie du cortège de la remise d’ordre et de la réouverture des voies dans le Pool ont pu entendre les partisans du Pasteur N’toumi faire des remontrances en disant aux membres du cortège d’être cette fois-ci franc, puisque en 1999, certains points de l’accord signé n’étaient pas respectés. Ce qui n’est plus un secret, le Pasteur N’toumi lui-même, par exemple, n’avait rencontré le chef de l’Etat qu’une seule fois, c’était lors de la présentation des vœux de nouvel an au chef de l’Etat en 2011 dont l’unique photo de la poignée de main – Sassou-N’toumi – fait le tour du monde jusqu’à ce jour.
Aujourd’hui, les yeux sont tournés vers la commission mixte et paritaire pour le respect de ce énième accord puisque l’espoir sur celui-ci ne devrait pas seulement résider dans la parole mais sur les actes à l’image de celui du chef d’Etat-major qui a dit «…Des mesures disciplinaires ont été prises à l’encontre des agents coupables de ces actes. Il s’agit entre autres de la sensibilisation des usagers de la route et des populations à ne plus payer et à dénoncer tout abus à travers un numéro vert d’alerte. ».

Après cette phrase, les barrières militaires ont également été levées même si quelques-unes existent encore à Koubola et à Soumouna sur l’axe Kinkala-Brazzaville et à Mvouti et Malélé sur la nouvelle route Brazzaville – Pointe-Noire.
Que c’est beau lorsque la parole accompagne les actes, mais, lorsque le Pasteur N’toumi dans son message envoyé à la cérémonie du lancement des activités de la commission mixte et paritaire dit : «…J’invite le gouvernement de la République de tenir ses engagements conformément à l’accord. Et en ce qui me concerne, je tiendrai les miens. Car la guerre fait partie désormais du passé», ces mots prouvent que le Pasteur N’toumi une interpelle le gouvernement pour une application frannche de l’accord..
« Le chef du village ne voit jamais le diable » dit un adage africain, car certains se posent la question de savoir si la commission mixte et paritaire agit simplement pour bercer les esprits quand le Pasteur N’toumi ajoute que : «…Lors des travaux en commission, mon implication dans le processus de paix a été jugée essentielle. Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, aucune mesure d’apaisement à ce jour n’a été prise de façon concrète… »
Cela veut dire que cet accord n’est pas appliqué à la lettre? Attendons de voir.

Murielle Ossié

Source: la griffeinfos Journal 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*