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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Congo-Brazzaville : La déscolarisation accélérée des enfants du POOL

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Depuis son retour par la force en 1998  au pouvoir, Mr Sassou n’avait pas seulement pour ambition de se venger de tous ceux qui l’ont destitué politiquement mais il en avait une autre plus subtile mais bien plus dangereuse : réduire la capacité d’instruction des enfants des régions du Sud en général et particulièrement du Pool. Si la montée de la déscolarisation des enfants du Pool peut être saisie comme un symptôme de rupture du pacte républicain dans une école désenchantée, il sied d’aller chercher les causes dans les politiques mises en place par le pouvoir envers les enfants du Pool.

Durant les années 80, Brazzaville, Pointe-Noire et la région du Pool étaient les régions pourvoyeurs de 58% des élèves, lycéens et étudiants dans les institutions scolaires de la république ( les références sont là pour en témoigner, il suffit de les consulter) . L’école qui devrait être un lieu cardinal de la citoyenneté, un lieu historiquement conçu pour la construction unitaire de la citoyenneté congolaise devrait logiquement être épargnée des conceptions d’allégeance particulière ou des soubresauts politiques.

C’est ainsi que l’école du Congo s’est construite depuis la nuit des temps : Un lieu fondateur d’hétérogénéité croissante des publics scolarisés et ce, à tous les niveaux de l’enseignement. Quel que soit la région où l’on vient, quel que soit la commune ou l’ethnie qu’on appartienne, l’école était le moteur fédérateur construisant l’âme de l’appartenance au sein d’une même nation appelée « Congo ».

Le Congo jadis berceau d’alphabétisation en Afrique subsaharienne accuse aujourd’hui un déficit très inquiétant en matière de scolarité des jeunes enfants. Pendant que la scolarisation continue à progresser dans le monde, au Congo, on invente une insertion par sélection ethnique. On favorise des visions politiques rétrogrades et la perdition des jeunes dans certaines régions du Congo, tout particulièrement le Pool.

En effet, depuis 1998, les jeunes enfants ressortissants du Pool vivent une déscolarisation flagrante due non pas par une quelconque restriction culturelle mais bien par une volonté politique qui fait que ces enfants sont empêchés d’aller à l’école de peur d’être fauchés par une balle ou un obus. La région du Pool est transformée ces dernières années en terrain d’entrainement à balle réelle sur fond des règlements de compte politique prenant en otage les enfants.

En 2013, le rapport de l’UNESCO annonçait que le taux net de déscolarisation en primaire est passé de 23% à 89 % entre 1998 et 2013 et de 19% à 91 % au secondaire pour les enfants issus du département du POOL. Cela relève non seulement d’une situation préoccupante mais plutôt catastrophique.

Les situations de guerres récurrentes dans le pool initiées par les pouvoirs politiques sont particulièrement traumatisantes pour les enfants. Leur scolarité est alors compromise et les risques pour leur survie et leur développement augmentent.

Est-il nécessaire de rappeler que les premières victimes de ces guerres à répétitions dans le Pool sont par définition les enfants qui sont plus vulnérables. L’enfant du Pool est au cœur d’un traquenard politique dont les conséquences sont multiples et variées tant sur l'éducation et sur la santé.

Depuis le 04 Avril 2016, certaines écoles qui étaient à peine réhabilitées ont été de nouveau détruites ou utilisées par des groupes armés. Les enseignants affectés dans ce département hésitent de s’y rendre dénonçant l’insécurité due a des groupements militaires. Pire, à défaut d’avoir des enseignants pour leur transmettre le savoir, ces enfants sont victimes des violences physiques ou domestiques, des mutilations, le recrutement par des groupes armés sans compter évidemment la mort au quotidien.

La responsabilité des pouvoirs politiques est engagée dans l'exposition des enfants au conflit sans compter l’impact immédiat et à long terme. C’est ce qui se vérifie aujourd’hui sur le terrain. Ces enfants ont du mal à se construire. Pas besoin d’être un génie pour ne pas se rendre compte que ces enfants longtemps exposés à la violence deviennent des fanatiques de la violence. Lorsque l'on force un enfant à commettre des atrocités, surtout envers sa propre communauté ou sa famille, on le coupe à jamais de cette communauté. On le rend plus influençable et dépendant des adultes qui abusent de lui.

Aujourd'hui, dans le Pool c’est la stratégie de destruction mis en place par le pouvoir depuis 1998 qui suit son cours. Lorsqu’on se retrouve avec des enfants âgés entre 4 ans et 24 ans qui n'ont connu que la guerre, la perte de leurs proches et la déscolarisation, le risque d’en faire des « épaves de la société » est grand. Car l’opportunité de faire des choix d’adultes leur est inconnue. Dans leur perception de la société, le chaos est la réponse approprié à tout conflit.

Grande est notre incompréhension devant cette propension à vouloir bombarder le POOL à chaque divergence politique. Les enfants du Pool seraient-ils les enfants mal aimés du Congo ? Ou simplement serait-il,  comme certaines langues le disent aujourd’hui ouvertement victime de leur dévouement à l’éducation «  qu’il faut réduire la puissance du Pool en coupant l’arbre à la racine ».

La rentrée scolaire s’est effectuée dans toutes les régions du Congo à l’exception du POOL , pourquoi les enfants du POOL doivent-ils subir cette « discrimination » ? Pourquoi les enfants du POOL ou d'autres régions du sud ne bénéficient pas des mêmes installations ou moyens comme ceux d'OYO qui s'exercent déjà dès l'âge de 6 ans à l'outil informatique? 

Comment comprendre que dans certaines régions du Congo on privilégie les besoins d’aide alimentaire, de santé, de nutrition, d’eau salubre, d’abris et de réseaux d’assainissement adéquats, le soutien psychosocial, l’éducation, la recherche et la réunification des familles et dans le Pool on privilégie l’école de la barbarie, l’école de la drogue, l’école du viol et du vol, l’école du maniement des armes…. ?

La politique du Chaos en cours dans le Pool est en contradiction avec la vision mondiale de l’éducation telle qu’elle est stipulée ici par l’UNESCO : « L’éducation de base, au sens de la présente définition, couvre des notions telles que l’éducation fondamentale, élémentaire ou primaire/secondaire. Elle est assurée à tous sans discrimination aucune, ni exclusion, fondée notamment sur le genre, l’ethnie, la nationalité, l’origine, la condition économique, sociale ou physique, la langue, la religion, l’opinion politique ou autres, l’appartenance à une minorité…Elle développe la capacité à la compréhension, à l’esprit critique, et inculque le respect des droits de l’homme et des valeurs humaines, la solidarité, la tolérance, une citoyenneté démocratique, le sens de la justice et de l’équité » . (1)

En bombardant avec un arsenal militaire les installations scolaires, le pouvoir de Brazzaville qui contribue à l'émiettement de l’éducation qui devrait-il pas permettre à des enfants économiquement et socialement marginalisés de sortir de la pauvreté et d’être des citoyens à part entière ? Ou crée-t-il sciemment un fossé éducatif entre enfants d’un même pays ?

Comment peut-on priver ces enfants du POOL d’un droit reconnu comme fondamental et universel ?

 

Ainsi, j’accuse Mr SASSOU :

De ne pas :

  • Favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant du POOL et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités ;
  • Favoriser l’éducation à l'enfant du POOL le respect des droits de l’homme  et des libertés, et des principes consacrés dans la Charte des nations unies ;
  • Favoriser à l'enfant du POOL le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne ;
  • Préparer l'enfant du POOL à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d'égalité entre les sexes et d'amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d'origine autochtone ;
  • Favoriser à l'enfant l’irrespect du milieu naturel.

Encourager :

  • La destruction des lieux et structures permettant à l’enfant du POOL de s’épanouir et de violer les droits fondamentaux de l’enfant.

(1) : http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001833/183370m.pdf


Jean-Claude BERI

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires  

 
0 #9 Malanda Noëlle 28-10-2016 18:46
Au nom de tous ces malheurs, le peuple du pool ne doit plus voter pour P. Kolélas. Le clan de Sassou doit être traquer sans relâche jusqu'au dernier. La diaspora doit trouver où se cachent leurs familles. On doit les traiter comme ils traitent les nôtres au pays. Rentrons en résistance. Soyons tous des combattants pour libérer notre pays.
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+1 #8 je suis le Pool 09-10-2016 10:21
La vidéo totale de la manifestation du 8 octobre 2016 à Paris " Je suis le Pool" image: https://www.youtube.com/watch?v=bYzA6RX2T_o
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0 #7 Kiondo 08-10-2016 14:17
Si depuis le début avril, quelques ex-combattants Ninjas ont commencé la riposte en » Sassou-Nguesso est dans ce plan de tentative d’extermination des populations « Kongo » dans le but de la pérennisation de la dictature. » attaquant pour la première fois l’armée dans Pool, qu’à la fin du mois de septembre. la catastrophe humanitaire, le génocide des populations du Pool incombent en totalité à Sassou Nguesso et sa clique.
Les Congolais, le monde doivent s’unir pour mettre hors d’état de nuire Sassou Nguesso, le génocidaire et sa clique.
Si les actions des forces militaires de Sassou Nguesso ont commencé leur sale besogne
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0 #6 Kiondo 08-10-2016 14:15
»Nous ne sommes pas des terroristes, nous voulons la paix », a-t-il ajouté, soulignant que « nous ne comprenons pas qu’au moment où nous voulons dialoguer, les violences redoublent d’intensité dans le Pool, où la situation est préoccupante » a dit le secrétaire général du Conseil national des Républicains (CNR). »Si le gouvernement et la majorité présidentielle ainsi qu’une plateforme de la société civile, corrompues, peureuse,naïve lèvent la voix pour condamner les soit disant violences perpétrées par les Ninjas dans le Pool, l’opposition réelle incarnée par l’IDC-Frocad
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+1 #5 Kiondo 08-10-2016 14:14
Ce ne sont pas les milices ninjas du Pasteur Ntoumi » qui commettent des exactions sur les populations civiles . Il y a eu certes quelques attaques contre les positions militaires, quelques affrontements sporadiques dans certains coins du Pool entre les forces militaires de Sassou nguesso et quelques ex combattants Ninjas, mais cet l’armée de Sassou Nguesso, appuyée par les les héli de combat, avions de chasse, par les milices, mercenaires du régime qui continue à la gravité de la situation dans le Pool.en détruisant les localités, à massacrer les paisibles populations, violer les femmes; juste après des violences armées,le 4 avril dernier dans les quartiers sud de Brazzaville, . « Le secrétaire général du Conseil national des Républicains (CNR, parti du pasteur Ntoumi), Jean Gustave Ntondo, a demandé jeudi 6 octobre, à Brazzaville un « cessez-le-feu » dans le département du Pool:
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0 #4 Kiondo 08-10-2016 14:13
Quel cynisme!: Le planificateur, l`instigateur des disparus de Beach et sa bande et d'autres nombreux crimes, génocides accusent, les ex-combattants Ninja de mener des » soits disant actions terroristes en totale déshérence qui soient disont’on responsables du drame du Pool. La vérité tout le monde qui la sait. Il n’y a que les gens corrompus et qui ont vendu leurs âmes pour adhérer à une telle tromperie de Sassou Nguesso et sa bande qui foncent les yeux fermés dans ce plan de leur plan d’extermination des populations « Kongo » .
Il y a des milliers de morts dans le Pool, suite aux bombardements pa avion de chasse, par helicon de combat, aux actions des forces terrestres militaires de Sassou Nguesso mernées depuis 6 mois. Encore, le mercredi et jeudi,5 et 6 octobre.
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0 #3 Kiondo 08-10-2016 14:12
L’Union Africaine (UA), l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Le Conseil de sécurité des Nations-Unies, la France sont là comme si ils n’existaient pas. Leur silence, inaction face à l’épuration éthnique menée par le génocidaire Sassou Nguesso est un crime dans un crime.Sassou Nguesso et sa clique prsistent sur la strategie basée à faire passer la victime pour le coupable.Dans quel monde vivont nous?
http://www.afriqueeducation.com/politique/congo_brazzaville_c_est_sassou_nguesso_qui_tue_dans_le_pool_et_non_n_tumi
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0 #2 Kiondo 08-10-2016 14:11
Ce qui se passe au Congo Brazzaville depuis des années où un putschiste semi-analphabète, géneral de l’amée et président autoproclamé, qui se maintient par fraude au pouvoir, persiste et signe pour ses crimes impunis contre l’humanité, fonde des monsonges auquels certains esprits continuent à croire, ne se passe nul part ailleurs qu’au Congo. Nul part dans le monde, des crimes contre l’humanité, crimes de génocide et crimes de guerre, ne sont jamais restés impunis. Sassou Nguesso a perpétré des crimes contre l’humanité depuis des années. Il continue avec eux, ensemble avec ses les autorités militaires, civiles et on le regarde faire dans le silence complice, malgrès les requêtes déposées par quelques avocats Congolais auprès de la Cour pénale internationale.
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+1 #1 Brioche 07-10-2016 09:57
Depuis fort longtemps je lis DAC-Presse mais c'est aujourd'hui, en lisant cet article, que je suis touché au plus profond de moi. Loin de moi de faire des commentaires sur quoi que ce soit, mais ce qui est vrai, il y a une volonté funeste et macabre derrière tout ce qui se passe au Pool. Il suffit seulement, sans appartenance tribale, régionale..., de voir comment sont traités les enfants des régions dans lesquelles sont nés nos chefs et là où aucun responsable ne s'y trouve; ceux du Pool par exemple, pour voir le talus ou le déphasage du système éducatif pour ne parler que de celui-là. Pourquoi ne trouvons-nous pas des écoles primaires avec des ordinateurs dans la Bouenza, Lékoumou, Niari, Likouala, Pool...? Seulement à Edou!! Pourquoi? Pourquoi la politique d'une ethnie supérieure aux autres? Pourquoi cette hargne sur les enfants des autres?
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