07/07/2015

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Claudia Lemboumba Sassou : l’indécence au pouvoir

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Il est devenu presque coutumier dans notre gestion de l’activité politique ou publique de ne pas respecter les règles élémentaires de transparence, de morale et de bonne conduite. Nos hommes politiques s’adonnent allègrement à des spectacles publiques qui dans d’autres cieux font bondir plus d’un citoyen. Pourtant au Congo-Brazzaville, c’est une mode qui bat son plein.

L’on s’empresse de signifier tout bonnement que c’est du ressort de la vie privée d’accepter d’étaler ou pas publiquement ses relations avec les artistes musiciens. Ou encore d’entendre à longueur de journée dans les chansons les lamentations des ébats sexuels, les prouesses, les déboires d’un homme ou d’une femme publique : « mabanga ou atalaku ». Cela fait semble t-il bon genre et serait un signe de respect et d’affirmation du pouvoir. Une attitude aussi cynique traduit un manque d’imagination et de générosité.

L’indécence au pouvoir

La notion d’exemplarité au sommet de l’état que nous appelons de toutes les forces à s’installer dans les mœurs des hommes ou femmes politiques congolais n’est pas un vœu pieux. Elle est la marque d’un état qui respecte ses citoyens par des comportements, non seulement dignes mais qui reflètent une vision morale dont les responsables publiques seraient les premiers garants. Lorsqu’on occupe une fonction publique, on devient le miroir d’une société. Vos actes sont observés et disséqués  non pas pour vous nuire personnellement, mais parce que votre fonction implique qu’on juge toute une nation à travers votre exposition publique. Tel est le cas actuellement avec l’affaire « Michèle Alliot-Marie  et ses vacances tunisiennes ».

L’absence des règles strictes interdisant que les hommes ou femmes publiques s’exposent volontairement à des prestations jugées incompatibles avec leur fonction conduit à l’observation des situations peu orthodoxes pour ces hommes qui exercent des fonctions régaliennes. Lorsque devant des milliers de spectateurs la conseillère spéciale de la Présidence de la République du Congo, Mme Claudia Lemboumba Sassou se prosterne devant un musicien en manifestant une admiration servile n’honore ni son statut, ni moins la fonction qu’elle occupe. A ce niveau, on sait plus quel mot employer : connerie ? incompétence ? ignorance ? absence d’éducation soignée ?  Au regard de son statut, comment peut-elle continuer à se livrer à cette pratique avilissante ?

Les chansons « Ikia » de Koffi Olomidé ou « coco claudia » de Fally Ipupa à la gloire de Claudia Lemboumba Sassou sont l’incarnation de la nocivité, d’antivaleurs, une propension négative à l’exhibitionnisme qui sont des symboles du déshonore.

Le comportement de Claudia Lemboumba Sassou n’honore pas sa personne, bien au contraire. Ne devrait-elle pas s’inspirer du comportement des aînés comme : Moutou Bayonne, Céline Claudette Eckomband, Aimée Mambou Ngnali Gomez, Jeanne Dambendzet, Marie Mabombo, Emilienne Raoul, Adélaïde Mougany…

Pour ne pas être taxé de sexiste, on peut tristement citer le cas du maire de Brazzaville, Hugues Ngouelondélé. Ce n’est nullement à travers les obscénités chantées par les griots de musiciens que les hommes et les femmes publiques ou politiques vont mériter la reconnaissance du peuple. La reconnaissance par le peuple ne se monnaie pas, bien au contraire : « Accepter donc ici l’hommage de ma gratitude, qui, si grande qu’elle puisse être, ne sera jamais à la hauteur de votre éloquence et de votre dévouement ». Gustave Flaubert, Madame Bovary.

Le spectacle que Claudia Lemboumba Sassou offre avec les musiciens des deux Congo en se baignant dans des chansons obscènes chosifie la femme et inocule le venin de la mauvaise éducation et des antivaleurs à la jeunesse congolaise. L’exemple atypique de dépravation des mœurs. Si elle estime être trompée de vocation, elle doit immédiatement démissionner des fonctions de conseiller chargé à la communication du président de la République. Peut-on admettre que les journalistes de notre pays puissent faire allégeance envers une personne qui est l’incarnation d’une vie obscène, dévergondée et choquante ?

Les « mabanga » traduisent le manque d’inspiration des artistes musiciens et sont une aliénation culturelle et morale. La musique africaine n’est-elle pas devenue orpheline ? L’analphabétisme culturel nous fabrique des dirigeants étriqués et cyniques; le cloisonnement régional et ethnique; des démocraties qui n’en finissent pas de bégayer, prisonnières de la violence identitaire; les régimes autoritaires qui secrètent l’obscurantisme, la pauvreté et la misère… (1).

N’est-ce pas de la flagornerie de se faire affubler par des musiciens griots de noms à connotation dégoutante  comme : « Papa Bonheur, Otsombé, Ngouli, Maman Antou, Mora Nzambé, Mopatase, Kosso Olomi, Ordre+discipline=JFN, Champion, Général Bord-bord, Monsieur le maire et autres… » dans un pays où malgré ses richesses naturelles et économiques, le peuple vit avec moins de 1 dollars par jour, il n’y a pas d’eau potable, de l’électricité, de routes, le manque d’égouts et de canalisations sont la cause des inondations et des érosions récurrentes qui sèment la désolation, la délinquance, la prostitution des mineurs et la criminalité sont légendes, les marchés sales sont de véritables nids des microbes, les maladies de mains sales comme la poliovirus continuent à faire des victimes, pas d’hôpitaux modernes où l’on peut se soigner dignement…

On est responsable politique ou publique 24 heures sur 24

Il est convenu que les femmes et les hommes qui exercent des hautes fonctions dans notre pays ont une vie de famille et ont des amis. Ces personnes doivent savoir qu’on n’exerce pas les hautes fonctions d’un pays à mi-temps. L’on est responsable politique ou publique 24 heures sur 24 et 365 jours par an.

Au-delà du respect qu’on se doit mutuellement, il est inapproprié que ces personnes puissent l’exprimer de la manière aussi servile. Ces faits marquent un point culminant dans le manque d’exemplarité au sommet de l’état. Ils traduisent une défaillance morale qui explique les dérives de notre société. L’on ne peut demander à nos enfants de suivre un code de conduite respectable dès lors que nous leur renvoyons par notre attitude des images négatives et parfois obscènes. Les musiciens aboyeurs dont la seule inspiration musicale est devenue la citation permanente des hommes et femmes politiques montrent à quel niveau de conscientisation notre société est arrivée. Pauvre Congo-Brazzaville, ton image se fissure. C’est dire tout le bien que nos frères africains pensent de l’action des ces politiciens qui nous gouvernent.

C’est l’image d’un pays sclérosé par la poursuite des valeurs égocentriques, sans tabous, archaïques, à la fois loin des priorités du peuple et sans imagination. Au-delà du programme sur « le chemin d’avenir », ce catalogue fourre-tout, on attendait une idée-force, une ligne, un plan qui rassemble. Mais non, aucune idée neuve.

Ces femmes et hommes semblent avoir perdu une qualité primordiale à leur rang : le sens commun du devoir et du respect. Pour certains, il n’y a pas péril en la demeure, c’est une question de vie privée donc pourquoi s’en mêler. Pour d’autres, on ne peut pas disjoindre l’une de l’autre. On est une femme ou homme politique à plein temps c’est la règle. L’inobservation de celle-ci discrédite gravement l’image de l’activité politique. On se retrouve dans une société où l’impunité, le manque de dignité, l’absence de grandeur politique, la prostitution, la corruption se retrouvent élever au rang de modèle de société. Pour éviter tout conflit d’intérêt et tout amalgame dans ce genre de rapport, il est impérieux que la règle qui consiste à séparer ces rapprochements publics soit encadrée par une culture saine ou mieux par une loi.

Au Congo-Brazzaville, les personnes qui exercent des fonctions politiques ou publiques doivent lutter contre la dépravation des mœurs, inculquer une éducation et une morale saines à toute la jeunesse. Elles doivent être irréprochables. Ce serait une manière grandiose d’exprimer la dignité et la crédibilité de notre pays. Elles doivent dignement respecter la déontologie de leurs métiers et avoir le sens de l’éthique. C’est ainsi que nous proposons la mise en place d’une commission nationale pour la transparence, la déontologie et l’éthique de la vie politique et publique (CNTEVP). Cette commission veillerait au respect de la vie politique et publique. Cette commission ne sera pas une « fantaisie » ni «  une volonté de laver plus blanc », mais visera à combler « un angle mort » dans la législation de notre pays. Les Congolais sauront reconnaître leur dévouement pour la juste cause et le bien-être de tous.

Chris ABELA et Jean Claude BERI, www.dac-presse.com

(1)Dominique NGOÏE-NGALA : L’Afrique orpheline de la culture.

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