Il y a quelques jours votre association et particulièrement vous et Monsieur JC BERI avaient surpris tout le monde et surtout les lyonnais en osant vous présenter devant l’hôtel SOFITEL où était descendu le Président congolais Denis SASSOU-NGUESSO pour, semble t-il exprimer votre désapprobation à la politique en cours dans votre pays.
Cette attitude divise aujourd’hui beaucoup les congolais de la région lyonnaise qui vous considèrent, pour certains comme des maladroits inconscients en osant s’attaquer aussi ouvertement à un système qui peut vous broyer en cinq secondes. Pour d’autres vous serez devenus des patriotes courageux osant braver ce que certains congolais qualifient comme étant « le mal congolais de ces vingt dernières années ». Nous aimerions avoir votre sentiment et votre regard de la situation après l'acte que vous avez posé.
Tout d’abord merci Monsieur Patrick MOUNZEO d’avoir donné satisfaction à cette interview, Pourriez-vous nous dire ce qui a motivé votre apparition soudaine dans cette action revendicative ?
Ma démarche est simple, j’ai agi pour essayer de passer le message selon lequel qu’il est primordial aujourd’hui de donner un sens à l’avenir de la jeunesse congolaise. C’est en quelque sorte un cri d’appel au réveil des consciences qui se laissent abattre, car désabusée et muselée. Lors qu’on est taraudé, enfermé dans une politique qui accentue le chômage des jeunes on est en droit de se poser la question de savoir ce que l’on deviendra demain. Or demain, le chemin à parcourir est de plus en plus semé d’incertitudes et de dangers qui ne présagent rien de bon sinon une détérioration du capital humain qui devra assurer le développement futur du Congo. Les jeunes aujourd’hui réclament un emploi, une reconnaissance, une amélioration de leur bien-être. Mais que l’on arrive en 2011 à 34,2% du taux de chômage des jeunes c’est inadmissible au regard des moyens qu’a le Congo aujourd’hui. Cette absence de politique d’emploi pour les jeunes cause des profonds dégâts dans la société congolaise. Avez-vous remarqué ce qui se passe à Pointe-Noire après les enterrements ? Savez-vous comment les jeunes se comportent dans les boites de nuits et autres milieux pompeusement appelés VIP ? C’est un vrai recul sur notre culture, mon éducation religieuse me pousse à réagir. Une colère latente et populaire couve dans tous les quartiers. Tous dénoncent un approfondissement de la pauvreté et de la famine. Si ce gouvernement et son chef ne sont pas responsables, qui l’est alors !!!!! C’est certainement les petites personnes comme nous !!!!
C’est peut-être une revendication justifiée, pensez-vous que vous avez utilisez la meilleure méthode pour vous faire entendre ?
Dites-moi quel autre moyen voudrez-vous qu’on utilise lorsqu’on se retrouve devant des responsables qui y sont depuis près de 20 ans à nous chanter les mêmes refrains. Mon désespoir, c’est que nous nous heurtons à la fossilisation des hommes politiques qui sont les mêmes depuis les indépendances et beaucoup sont dépourvus d’une culture branchée sur les idées nouvelles. Lorsqu’on entend dire que le gouvernement va prendre des mesures nouvelles pour lutter contre le chômage et le renforcement de la protection sociale on atteint là un pic de mauvaise foi inacceptable. Il y a un moment ou la négation de la réalité devient comique. Vous savez, notre association est pacifique et jamais nous plongerons dans une forme de revendication violente pour ressembler à ce a quoi nous nous opposons. Il y a eu des exagérations mal intentionnées pour discréditer l’action qui était la nôtre. Je dirais même que nous avions sauvé l’honneur du Congo en réagissant de la sorte. Nous savons tous en France, il y a ceux qui prônent des actions violentes, nous, on choisissant la revendication et la dénonciation pacifique nous appelons à un dialogue responsable. Notre génération devrait rassembler tous les congolais pour porter un nouveau discours qui exclut la soumission aveugle et absurde, le tribalisme à des fins économique et l’oisiveté coupable qui encourage les partisans du moindre effort. Les accusations fallacieuses de tribalisme portées à l’encontre du Président et de moi mêmes sont ridicules. Lorsque nous dénonçons les erreurs du Président Lissouba c’était bien vu et applaudi on était des congolais intègres. Ou lorsque le président BERI dénonce les errances de Mme MUNARI dans son incapacité à réguler la flambée des prix des produits de premières nécessités, les langues se tuent pour vociférer des propos tribaux. Dés qu’il s’agit de s’attaquer au pouvoir actuel, on tombe très vite dans le dénigrement, le rejet, la mauvaise foi. On y voit sous toutes les coutures la patte d’un tribalisme primaire. Arrêtons de nous mentir à nous même.
N’étiez-vous pas préparer pour enfariner le Président SASSOU ou encore lui balancer des œufs pourris et qu’il y aurait des petits groupes disséminés un peu partout autour du SOFITEL guettant l’arrivée de la délégation présidentielle pour agir ?
Je pense que vous lisez ou vous écoutez tout et n’importe quoi. Pour les congolais qui connaissent le Président BERI, je ne pense pas qu’ils seront prêts à vous suivre dans cette voie. Ce que vous dites est très loin de sa conception de mener le combat qui est le nôtre. Faut pas croire que nous sommes une structure sans règles, sans foi, ni respect pour ses frères. Nous avons aussi des devoirs envers la nation congolaise pour se permettre de laisser salir l’honneur de la république même si elle est représentée par une personne que nous combattons. Être opposant sur les idées et la vision politique ne signifie pas être en guerre. Pour ceux qui confondent distribution de tracts et « enfarinade » c’est leur affaire. Je tiens à préciser juste s’il y avait des gens avec nous, ils étaient sous la responsabilité du Président BERI qui avait bien fixé la marche à suivre. C’est un homme en qui nous avons tous confiance et qui est très attaché à notre pays. En 14 an que je le connais, je me réjouis d’être a ses côtes car sa culture politique orientée vers la recherche permanente du dialogue se concilie avec ma culture religieuse. Sous sa responsabilité nous avons posé un acte républicain dans le respect du droit et des libertés. Un acte qui a beaucoup de sens, car certain ne mesure pas sa pertinence et surtout le risque encouru pour que cela se passe ainsi. Beaucoup se sont arrêtés à la perception empirique des choses se refusant de pousser plus loin la réflexion. Ces méthodes dont vous faites allusion ne sont pas les notre
Alors dites-nous ce qui s’est passé réellement alors ?
Ce n’est pas en cachant la vérité qu’on finira par convaincre. Nous nous sommes présentés à l’Hôtel SOFITEL, ce 7 février 2012 vers 17h. Nous nous sommes, sans aucune animosité, introduits jusque dans le hall d’accueil ou nous sommes restés au moins dix minutes. C’est à cet instant qu’un compatriote (dont on préfère taire le nom) a signalé notre présence auprès d’un membre de la sécurité présidentielle. Ce dernier a avertit, par la suite, le policier français. Ce dernier nous a rejoints devant l’entrée de l’hôtel tout en faisant appel aux renforts. Lorsque ces derniers sont arrivés, nous avons été bel et bien encadrés et éconduits par au moins 6 six policiers. L’un d’eux à récupérer un lot de tracts qu’il a gardé. Les autres nous ont questionnés et recueillis nos identités. Un homme de la sécurité de l’ambassade du Congo est venu également s’entretenir avec nous probablement pour faire ses fiches d’informations. Ses propos résonnent encore dans ma tête « Si vous voulez du fric pourquoi vous n’allez pas voir MUNARI, elle aussi bouffe comme les autres… » « … Vous les MOUNZEO, vous ne vous fatiguez pas de nous emmerdez… » Quelle ne fut pas notre étonnement d’entendre des propos aussi explicites teintés d’un profond mépris dont il est inutile d’en commenter.
La police française nous indiquait clairement que notre présence à moins de 50 m du hall d’arrivée de l’hôtel Sofitel retardait le top départ du cortège présidentiel de Satolas. Ils nous ont pris en charge en nous obligeant de s’éloigner à plus de 2 km. Pour ceux qui connaissent le professionnalisme des policiers dans ce genre d’affaire comprendront qu’ils étaient impossible qu’on soit ni frappés, ni molestés. C’est ce qui été également mentionné dans notre communiqué. Le reste c’est de l’imagination fertile des congolais qui s’est encore, une fois, laissé aller par des affirmations toutes farfelues les unes des autres.
En gros c’est quoi en définitive vos revendications ?
Comme je l’ai dis au début de cette interview, il faut que les congolais se retrouvent pour lever les préjuger et en finir avec les frustrations inutiles pour ne parler qu’emploi des jeunes, de lutte contre la malnutrition qui touche aujourd’hui 26 % de la population de moins de 5 ans, de passer des promesses non tenues a une phase de concrétisation réelle. Nous essayons de dire à la jeunesse congolaise qu’on peut réussir autrement sa vie qu’on jouant le rôle de chiens de chasse qui courent derrière des occasions fantaisistes en espérant demain être récompensés. Ces congolais sont à combattre car ils déforment la réalité, se jouent de la naïveté de nos dirigeants pour leurs propres intérêts. Que nos politiques soient des hommes modernes qui reconnaissent leurs faiblesses et acceptent de dialoguer avec le peuple.
Depuis 2009, notre association propose des solutions pour essayer de s’en sortir mutuellement. Même si le gouvernement choisi parfois de taire le fait que nous ne sommes pas qu’opposant mais nous avançons des idées qui peuvent les inspirer également.
Le projet « Interdiction des sacs plastiques » initié par notre association est repris par le gouvernement aujourd’hui. C’est là, une belle façon de construire ensemble en associant les idées pour le bien du peuple. Beaucoup d’autres congolais sont dans la même optique que nous, mais nous continuons à se heurter à cette radicalisation des politiques actuelles, c’est le Congo qui en souffre et souffrira si ces agissements perdurent. Nous voulons redonner au Congo ce qu’il nous a donné et ceci dans la paix, l’amour, le respect et la reconnaissance de l’effort de chacun.
Patrick MOUNZEO





Commentaires
je te souhaite bonne chance car tu l'image du changement pour le congo
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