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*** Recensement de la honte: Likouala = 121.881 électeurs; Cuvette = 121.213 électeurs; Plateaux =116.913 électeurs Bouenza = 112.894 électeurs ; Niari = 96.231 électeurs ; Pool =92.824 électeurs; Sangha =60.622 électeurs Kouilou = 30.217 électeurs; Cuvette-Ouest =44.412 électeurs*** Le règne du tripatouillage, de la tricherie, de la falsification au sommet de l’Etat***

Brazzaville : Flambée des prix des denrées alimentaires dans les marchés

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Depuis le mois de décembre dernier, les Brazzavillois ont vu les prix des denrées alimentaires connaitre une hausse qui ne les a pas vraiment surpris.

Généralement, la pression des fêtes de fin d'année a toujours amené les consommateurs à dépenser un peu plus que de raison et une occasion pour certains commerçants de faire des sommes rondelettes dans l'exercice de leur métier. L'expérience a toujours démontré que passée cette période euphorique, les prix reviennent à la normale. Malheureusement ce n'est pas le cas pour cette année 2012. Des lamentations et des cris de colère fusent de partout, notamment dans les ménages qui ne comprennent pas cette cherté qui semble s'installer de manière pérenne, sous l'œil apparemment impuissant des pouvoirs publics.

La cherté des denrées alimentaires dans les marchés de Brazzaville provoque d'immenses souffrances et privations au niveau des ménages, notamment chez les gagne-petit. Quand on sait que nombre de ménages les plus pauvres consacrent plus de la moitié de leurs revenus à la nourriture, on peut aisément deviner le niveau de désarroi qui est le leur. Tenez ! Dans l'ordre de grandeur, d’un ménage congolais qui compte huit à neuf personnes, il faut en moyenne deux kilo de viande pour le repas de midi. Or, ledit kilo est passé de 3.500 à 4.000 francs cfa, soit 8000 francs, condiments et accessoires mis à part, pour nourrir convenablement un ménage de la taille précitée. Le petit déjeuner et le repas du soir n'étant pas pris en compte dans ce calcul, déduction faite, il faut en moyenne 10.000 francs par jour sinon plus, pour assurer ne fut-ce qu'un repas journalier à ce ménage. Ce qui sous-entend 300.000 francs cfa de popote mensuelle moyenne qui ne sont pas à la portée des salaires moyens de la fonction publique.

Les exemples sont légion de cette hausse de prix. A Brazzaville, les surcoûts touchent les légumes, mais aussi la volaille. Le poulet congelé de poids 16, prisé par les familles nombreuses est passé de 2.400 à 3.000 francs; le poids 15 de 2.300 à 2.850 francs. En ce qui concerne les légumes, il n'existe désormais plus de tas d'oseille à 50 francs, qui est passé du simple au double soit 100 francs. Le manioc d'Imvouba vendu auparavant à 1.000 francs coûte maintenant 1.300 francs. Les surgelés dans les entrepôts frigorifiques ne sont pas en reste. Le carton de cuisses de poulets est passé de 11.000 à 12.500 francs cfa. Enfin dans les magasins d'alimentation au détail, les prix ne sont pas toujours pas affichés et la boite de sardine est passée de 350, 400 à 500 francs en un laps de temps. Face à ces prix qui galopent, beaucoup de ménages, notamment dans les classes moyennes et les plus pauvres, sont contraints de réduire la quantité ou la qualité de leurs vivres. Ce qui évidemment a une incidence sur la sécurité alimentaire tant au niveau des ménages que du pays. Autre conséquence prévisible de cette hausse des prix, la limitation de la capacité des ménages à couvrir les dépenses non alimentaires importantes comme la scolarité des enfants, les soins de santé etc.

Comment y remédier ?

Il y a quelques mois, les congolais étaient satisfaits de voir sur les écrans de leur télévision, des agents du ministère du commerce procéder à des inspections et à la saisie des produits avariés destinés à la consommation, dans les entrepôts frigorifiques des importateurs de gros. Ils applaudiraient encore plus si en ces nets moments, les agents de contrôle venaient à vérifier si les prix pratiqués dans ces entrepôts obéissent à des normes établies. Or, les marchands de gros affirment vendre les produits à des prix raisonnables, tandis que les détaillants les accusent d'augmentations indues. C'est à ce niveau que les services compétents de l'Etat, notamment le corps des contrôleurs commerciaux, doit intervenir pour jouer son rôle de régulateur de la mercuriale, selon les normes du commerce requises, parce que la surenchère sur les produits à la consommation, c'est aussi de la fraude. Madame la ministre du commerce et de l'approvisionnement, Claudine Munari, n'avait-elle pas mis aux arrêts le 12 octobre 2009 le commerçant libanais Gya Joad, exploitant de la société de vente des produits congelés installée à Mpila dénommée SCAP, pour avoir augmenté de manière anarchique le prix du carton de poulet ? Il faut donc maintenir en permanence la pression pour décourager tous les commerçants véreux. Si l'Etat fixe et veille au grain en ce qui concerne les prix du pain et du carburant à la pompe, il n y a pas de raison qu'il n'en soit pas de même pour les autres denrées alimentaires de première nécessité. Pour cerner le problème dans tous ses contours, il sied également de pointer les causes principales de l'augmentation des prix des aliments dans notre pays qui restent liée à la faible capacité de production dans les secteurs de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche etc. Ce qui explique d’ailleurs, notre forte dépendance vis-à-vis des produits alimentaires d'importation. Il est vrai par ailleurs qu’un déséquilibre entre l’offre et la demande des produits alimentaires est à l’origine de la hausse des prix. Certes Nkouo, Imvouba, les autres avancées nées du fonds de soutien à l'agriculture, l'installation récente des fermiers Sud-Africains etc. sont autant d'initiatives mises en place par le gouvernement de la République. Cependant, elles demeurent encore balbutiantes pour résoudre l'immensité des problèmes que pose notre dépendance alimentaire vis-à-vis de l'extérieur. En attendant des jours meilleurs, il est de la responsabilité de l'Etat de faire respecter la règlementation commerciale en vigueur au Congo, dans le cadre du contrôle de la régularité des actes de commerce posés à travers le territoire national, pour soulager tant soit peu les consommateurs.

© Roger Pao


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