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Gbagbo a quitté la Côte-d'Ivoire pour la Cour pénale internationale

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L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, 66 ans, a quitté mardi soir le nord ivoirien

et était en route pour la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Son départ du sol ivoirien apparaît comme l'épilogue d'une crise qu'il avait lui-même initiée en refusant le verdict des urnes lors de la présidentielle de l'automne 2010.

Depuis son accession au pouvoir, son successeur, Alassane Ouattara, a fait de la levée de l'hypothèque Gbagbo l'une de ses priorités. A la demande du nouveau président, la CPI conduit depuis octobre sa propre enquête sur des crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011.

Même loin d'Abidjan, coupé du monde, l'ex-président continuait en effet d'empoisonner la vie de son successeur. Ainsi le parti fondé par Gbagbo, le Front populaire ivoirien, avait conditionné sa participation aux législatives du 11 décembre prochain à la libération de son mentor. Il a décidé de les boycotter.

L'une des avocates de l'ex-président, Lucie Bourthoumieux, a assuré que son transfèrement allait "exacerber les antagonismes entre toutes les parties" en Côte d'ivoire. Mais, dans l'entourage d'Alassane Ouattara, l'analyse était inverse: on redoutait au contraire qu'un procès à Abidjan de Gbagbo ne mette le feu aux poudres.

De son côté, le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, voulait "accrocher" à son tableau de chasse un dirigeant de premier plan avant que ne débute, le 12 décembre à New York, la session des Etats-parties du traité de Rome (portant création de la CPI) devant désigner son successeur. Le procureur et le président ivoirien se sont discrètement rencontrés à Paris samedi dernier pour finaliser le transfèrement.

La mise hors jeu définitive de Gbagbo, un homme qui, en son temps, a porté les espoirs des démocrates africains ne manquera pas de relancer les critiques sur la "justice de vainqueurs" en Côte d'ivoire. Alors qu'Alassane Ouattara a promis des sanctions "dans tous les camps", aucun de ses partisans n'a fait l'objet de poursuite jusqu'à présent.

Par THOMAS HOFNUNG

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