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Après le braquage de Missafou (département du Pool) : Quatre malfaiteurs dans les filets de la police, transférés à Brazzaville

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Dans notre édition du vendredi 3 février 2012 portant le numéro 3164, nous avons évoqué, dans notre rubrique «Coup d’œil en biais», un braquage perpétré à Missafou,

une localité du Chemin de fer Congo-Océan, dans le district de Mindouli (département du Pool), contre une délégation de l’Union européenne et du Ministère de l’équipement et des travaux publics. Ce braquage avait eu lieu, au fait, le jeudi 2 février, dans la mi-journée, à quelques kilomètres de Mindouli. Trois braqueurs, à bord d’un véhicule de marque Terano, ont été interpellés à Missafou, tandis qu’un quatrième, arrêté à Louteté. Ils ont, tous les quatre, été transférés à Brazzaville, par hélicoptère de la police, le vendredi 3 février dernier. Comment tout cela est-il arrivé?

Braquer, pour eux, est comme un jeu d’enfant, une sorte d’opération destinée à s’en mettre plein les poches, en un tour de bras. Ignorant les conséquences de leurs actes, ils s’y livrent comme des «cow-boys» du cinéma, se gargarisant de leurs exploits. Que s’est-il passé?

Une délégation de l’Union européenne et du Ministère de l’équipement et des travaux publics est partie à Mindouli, le mercredi 1er février, pour faire le tracé du tronçon de route Ngambari-Mindouli (pour le réduire de 60 à 55 kms), dans le cadre du lancement des travaux de bitumage de cette route, sur financement de l’Union européenne. Or, des jeunes à bord d’un véhicule de marque Terano, de couleur noire, les suivaient, semble-t-il, depuis Brazzaville. Ils les ont même dépassés, alors que les membres de la délégation étaient en plein travail, sur la route Ngambari-Mindouli. Ironie du sort, les braqueurs vont loger dans le même hôtel, à Mindouli, que leurs futures victimes. Le jeudi 2 février, alors que les membres de la délégation sont de retour sur Brazzaville, sans le savoir, la Terano les précède. Et c’est là, quelques kilomètres après Mindouli, que les braqueurs passent à l’action.  Les membres de la délégation sont dépouillés de leurs biens (téléphones portables, sacs, documents, argent, etc). Les braqueurs, cagoulés et bien armés, prennent, ensuite, la fuite à bord de la Terano. Traumatisés, les membres de la délégation reprennent la route jusqu’à Missafou, où ils arrivent devant le poste de contrôle de police. Ils expliquent leur mésaventure à la police. Ne disposant pas de moyen roulant, la police emprunte leur véhicule, pour aller chercher du renfort, au village Nkamou, pendant que les membres de la délégation attendent là. C’est là, par un coup du hasard, qu’arrive la Terano. Les membres de la délégation signalent, alors, aux agents de la force publique que les bandits qui les ont braqués sont à bord de la Terano. Les policiers, calmement, les invitent à sortir du véhicule et, rapidement, ils maîtrisent les trois braqueurs qui étaient à bord. Deux seraient encore en fuite.

C’était l’agent payeur d’une société chinoise qui était visé par les braqueurs

La rapidité avec laquelle la police a agi pour mettre la main, le jour même, sur une bonne partie de la bande des braqueurs a étonné. En fait, la police disposait de quelques renseignements qui lui ont permis de vite agir. En effet, un jeune chauffeur de la société chinoise en charge des travaux de la route Pointe-Noire/Brazzaville, avait été approché, à Loutété, par des ex-combattants ninjas, pour une opération de braquage. Les braqueurs voulaient avoir le programme de déplacement de l’agent payeur de la société chinoise. Ils avaient remarqué que l’agent payeur de la société chinoise, qui pouvait avoir à bord de son véhicule jusqu’à 450 millions de francs Cfa, pour payer les travailleurs du chantier, n’avait aucun dispositif de sécurité, le jour de la paye, à la fin de chaque mois. Il semblerait que les Chinois fonctionnent ainsi, depuis Pointe-Noire où ils avaient démarré les travaux de construction de la route nationale n°1.

Redoutant une telle opération, le jeune chauffeur les balança à la police, à Louteté. Il ne restait plus aux policiers, que de surveiller ce groupe d’ex-combattants, dont le meneur est «Welcome». Un jour, le chauffeur, qui conduisait l’ingénieur en chef de la société chinoise, est licencié. Celui-ci réclame alors ses droits sociaux et se heurte au refus du patronat chinois. Il descend à Brazzaville se plaindre auprès de l’inspection générale du travail. Mais, ici encore,  on lui rétorque qu’avec les Chinois, il est inutile de réclamer ses droits, car il ne les aura jamais. Alors qu’il est à Brazzaville, il est de nouveau approché par Welcome, qui lui fait la même proposition d’organiser un braquage. Ruminant une certaine colère contre les Chinois, l’ex-chauffeur accepte l’offre et s’associe alors à la bande de «Welcome», pour une opération de braquage, «en  signe de vengeance contre les Chinois», se défend-il.

Welcome réunit dix armes de guerre et trouve des éléments, pour réaliser l’opération. Ils circulent à bord d’un véhicule Terano, de couleur noire, entre Mindouli, Missafou et Kinkala. On dira que la zone était de nouveau écumée par des «félins», alors qu’entre temps, grâce à l’opération Kimia menée par la force publique, on n’entendait plus parler de braquage dans cette zone. Raison pour laquelle, d’ailleurs, la délégation de l’Union européenne ne sera pas escortée entre Kinkala et Mindouli, puisque la sécurité y a été rétablie. Erreur!

L’ex-chauffeur de la société chinoise coordonnait, par téléphone portable, l’opération, à Louteté, où il pistait le passage du véhicule de l’agent payeur chinois, venant de N’Kayi. Le mercredi 1er février, les malfaiteurs repèrent le véhicule de l’Union européenne. Ils suivent le mouvement du convoi, jusqu’à Mindouli. Au retour, ils commettent leur forfait, quelques kilomètres après Mindouli.

Selon des témoignages, le groupe de Welcome aurait bénéficié de complicités, depuis Brazzaville, et l’on parle de deux agents réguliers de la force publique, en dehors des ex-combattants ninjas. En tout cas, la Terano, actuellement immobilisée à Missafou, est une pièce importante dans cette affaire. Sa carte grise pourra révéler le nom du propriétaire et savoir comment le commando de braqueurs a-t-il acquis ce véhicule pour opérer. En effet, 450 millions de francs Cfa ne pouvaient que susciter des envies. Reste à savoir pourquoi la société chinoise ne prend-elle pas de disposition de sécurité pour convoyer d’aussi importantes sommes. Mystère!

Joël NSONI – La Semaine Africaine


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