Politique

Après Ines Bertille Ingani, pour qui sonnera le glas?

 

Par : OUABARI MARIOTTI 

 

Le décret N.2019-269 du 17 septembre 2019 du Président de la République du Congo, Mr Denis Sassou Nguesso, contresigné par le Premier Ministre, Mr Clément Mouamba, met fin aux fonctions de Mme Ines Bertille Ingani, jusque là, Ministre chargée de la Promotion de la Femme et de l’Intégration de la Femme au Développement.
Au cas où cette décision du Président Denis Sassou Nguesso procèderait de la moralisation de la vie publique, suite à la désastreuse affaire de la vidéo de Mme Ines Bertille Ingani qui, ces derniers jours, a défrayé la chronique et gêné le régime, il faut clairement avouer que le chemin à parcourir est encore très long. Le cas Ines Bertille Ingani est, tout simplement, une goutte d’eau dans la mer. Reste à se pencher sur bien d’autres, nombreux et graves, qui spolient la nation.
Le Président de la République est en obligation politique d’agir de telle sorte que la maxime de cette logique puisse être érigée en loi générale.
En terme de moralisation de la vie publique, les maux de société dont souffre le Congo, relevés comme des  »antivaleurs » par le Président de la République, lui même, sont légion dans le pays. Seules les autorités n’ont pas d’yeux pour les identifier et les sanctionner. Ce qui exacerbe les populations, scandalisées par l’indifférence du gouvernement à l’égard des citoyens qui les développent, avec toutes les contrariétés que ces maux génèrent dans le pays.
Des présumés auteurs de crimes économiques se pavanent, sans être inquiétés, dans les villes congolaises. Voyagent, exemptés des contrôles des services de l’inspection d’Etat et de police. Comme s’ils hypnotisaient les procureurs de la république, ceux ci n’osent pas ouvrir d’informations judiciaires sur eux, en dépit des rumeurs persistantes de biens mal acquis.

Des nouveaux riches, avec leur insolente extravagance, accroissent, à vue d’œil, leurs fortunes.
Des agents de l’Etat, retraités, auxquels le pouvoir fait d’incompréhensibles concessions, poursuivent leurs activités, alors que le chômage des jeunes est en hausse. Des jeunes dont la volonté de vivre n’est pas encore émoussée s’en révoltent.
S’y ajoutent des proches du président de la république dont les malversations et autres pratiques financières délictueuses sont dénoncées par la presse internationale, sans que le régime ne s’en émeuve outre mesure.
Nous voudrions croire à la force et au sens de l’équité de la puissance publique devant laquelle tous les citoyens congolais sont égaux.
Le limogeage de Mme Ines Bertille Ingani devant, sans exclusive, même autour du Président de la République, créer l’effet d’entrainement nécessaire, pour expurger la nation de tous ces maux dans lesquels elle baigne, avec la complicité du pouvoir.
C’est aussi cela, une des approches de la cohésion nationale.
Nous avons les yeux pour regarder.
Apres Ines Bertille Ingani, pour qui sonnera le glas?

Paris le 17 septembre 2019
Ouabari Mariotti

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