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Au Congo de Sassou-Nguesso, « il n’y a plus de droit, plus de lois, plus de dignité humaine »

Exécutions sommaires, arrestations arbitraires, tortures, intimidations : les exactions du pouvoir congolais musèlent toute contestation. Une dérive qui ne semble pas déranger les partenaires du Congo, en particulier la France et l’Europe.

Par  Agnès Faivre, AfriqueXXI.

Cet article est publié dans le cadre de notre partenariat avec AfriqueXXI.

 

Journaliste, Agnès Faivre couvre l’actualité africaine. Elle écrit pour Libération, Le Point Afrique, Gothamcity.fr, et réalise des reportages pour France Inter.

Elle a 26 ans et paraît coquette avec ses boucles d’oreille créoles XXL, ses yeux de biche et ses sourcils redessinés au crayon. Jusqu’au 21 février 2021, date de son incarcération à la maison d’arrêt de Brazzaville, elle était en master de lettres à l’université Marien-Ngouabi, à Brazzaville. Son visage et son nom, Chancelia Moulounda, ont resurgi ce 8 mars 2022, journée internationale des droits des femmes, avec des appels à sa libération. Sous les verrous depuis plus d’un an, cette étudiante est accusée d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Mais très peu d’informations ont filtré sur les faits qui lui sont reprochés. « Son dossier est vide et elle ne représente aucune menace selon une source proche du dossier », écrit le journaliste congolais Arsène Séverin [1].

Cette piqûre de rappel, surtout relayée sur les réseaux sociaux, a eu peu d’échos dans les médias congolais. Rares sont ceux qui osent dénoncer publiquement les maux de ce petit pays pétrolier d’environ 5,5 millions d’habitants dirigé par Denis Sassou-Nguesso (DSN), 38 ans cumulés au pouvoir. Membre historique du Parti congolais du travail (fondé en 1969), militaire de carrière et ex-patron de la « Sécurité d’État » (le service de renseignements), DSN a pris une première fois les rênes du pays en 1979. Puis une deuxième fois en 1997, après une période d’alternance de cinq ans incarnée par Pascal Lissouba et soldée par une guerre civile.

Régulièrement éclaboussé par des affaires de corruption et de captation de la rente pétrolière par le clan au pouvoir [2], le Congo de Sassou-Nguesso est aussi qualifié par certains opposants de « Stasi tropicale », du nom de la redoutable police politique de l’ex-Allemagne de l’Est. Sous le vernis des hôtels et quartiers résidentiels de haut standing de Brazzaville, règne un climat d’oppression écrasant. Opposition muselée, société civile étouffée, surveillance généralisée, arrestations arbitraires, torture… Le cas de Chancelia Moulounda s’inscrit dans une longue liste d’exactions imputées au régime.

Des coups de masse sur les chevilles

Il y a notamment eu cette vidéo de cinq minutes diffusée début janvier sur les réseaux sociaux. En fond sonore, des hurlements, des supplications. À l’image, un policier, entouré de ses collègues, qui frappe à coups de masse les chevilles et les jambes de jeunes hommes entravés. D’une cruauté insupportable, la scène se déroule en plein jour sous un viaduc menant à Kintélé, quartier du nord de Brazzaville. Parmi les suppliciés, l’un est décédé des suites de ses blessures, sept autres ont aujourd’hui les chevilles ou les tibias brisés. Quant aux sept tortionnaires, cinq d’entre eux, tous des policiers, ont été – fait rarissime – condamnés à dix ans de prison ferme le 9 février. Cet épisode de violences n’était toutefois pas un acte isolé : des cas de torture ont été rapportés sous ce même viaduc depuis septembre 2021.

Deux mois plus tôt, dans la nuit du 4 au 5 novembre 2021, au moins six hommes décèdent peu après leur interpellation au Commandement territorial des forces de police de Brazzaville, l’ex-commissariat central. L’affaire renvoie à celle de Chacona, relative à la mort de treize jeunes hommes dans un commissariat en juillet 2018 [3]. Cette fois, le gouvernement invoque des « décès accidentels probablement liés à la surpopulation carcérale ». Mais à l’issue d’une autopsie qu’il prend en charge, le Centre d’actions pour le développement (CAD), organisation congolaise de défense des droits humains, affirme que « des coups et blessures volontaires sont à l’origine des décès » [4]. Sur les corps de quatre des six victimes identifiées, des hématomes, des plaies, des marques de brûlures.

Citons encore le cas – documenté lui aussi par le CAD – de Neverdine Landou Tembo, 24 ans, Congolais de la RDC voisine résidant à Brazzaville. Alors qu’il achète du pain le 25 août 2021, un militaire lui reproche de ne pas avoir respecté la file d’attente, contrôle son identité, puis le poignarde. Une petite foule commence à protester. L’homme en kaki menace de dégoupiller une grenade et disparaît. Le jeune homme décède peu après.

Les violences policières se multiplient

Entre institutionnalisation de la violence et banalisation des exécutions, ce type d’exactions se comptent par dizaines en 2021 selon le rapport annuel du CAD [5]. Et leur recensement est loin d’être exhaustif. « Nous sommes une jeune organisation sans relais à l’intérieur du pays, où ces pratiques existent aussi. Mais dans les deux grands centres urbains [Brazzaville et Pointe-Noire, la cité pétrolière, ndlr], il ne se passe pas une semaine sans qu’on soit alerté. Il suffit d’être un présumé Bébé noir [du nom d’un gang, ndlr] [6] pour que la vie soit ôtée, pour qu’on soit torturé. Il n’y a plus de droit, plus de lois, plus de dignité humaine », observe Trésor Nzila, directeur du CAD et transfuge de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH).:

Des jeunes hommes torturés dans des geôles congolaises indiquent à Afrique XXI avoir été « repassé » (avec un fer à repasser) ou avoir reçu des décharges électriques sur certaines parties du corps. « D’autres méthodes atroces sont employées, comme le dépeçage avec des objets tranchants ou le recours à des chiens pour attaquer les parties génitales masculines, ajoute Trésor Nzila. Depuis 2015, les violences policières et les décès en détention se multiplient en toute impunité. »

« D’autres méthodes atroces sont employées, comme le dépeçage avec des objets tranchants ou le recours à des chiens pour attaquer les parties génitales masculines »

2015, année pré-électorale, a été marquée dès le mois de septembre par la vive contestation d’un projet de nouvelle Constitution qui devait permettre à Sassou-Nguesso de briguer un nouveau mandat. L’autocrate a été réélu le 20 mars 2016 en usant de sa plus grande ressource politique : la répression. Le département du Pool, dans le sud, considéré comme rebelle, a été bombardé. Au moins 130 opposants, réels ou supposés, ont été arrêtés [7].

Deux des adversaires de Sassou-Nguesso à la présidentielle de 2016, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, paient cher leur obstination à ne pas reconnaître sa victoire : ils ont été condamnés respectivement à vingt ans de prison et vingt ans de travaux forcés. De quoi refroidir toute velléité contestataire pour la présidentielle de mars 2021. Les évêques congolais ont bien tenté une irruption dans le jeu politique, plaidant pour la transparence du scrutin [8]. En vain. DSN a rempilé pour un quatrième mandat consécutif, avec un score osé (88,57 % des voix) et des bureaux de vote guère fréquentés à travers le pays – presque un non-événement. « Le régime a acquis son pouvoir au prix du sang et cherche à se maintenir par tous les moyens, comme si tout était permis pour garantir sa survie », déplore Trésor Nzila.

« Ne jamais prendre le même itinéraire »

Parmi ses autres ressorts, le régime est passé maître dans l’art d’entraver la liberté d’expression. Les voix discordantes sont bâillonnées [9]. Les membres du mouvement pro-démocratie Ras-le-Bol, fondé en 2014, en savent quelque chose : 130 d’entre eux ont déjà été arrêtés et enfermés depuis leur opposition au référendum constitutionnel du 25 octobre 2015. Sans reconnaissance légale – le statut d’association leur est refusé – ni accès aux médias locaux, Ras-le-Bol se compose d’activistes « de terrain ». Des trentenaires en majorité, qui n’ont jamais connu d’autre président que Sassou-Nguesso. Leurs modes d’action : collage d’affiches, organisation de débats, campagnes d’alerte sur les arrestations arbitraires, sessions slams ou live Facebook, comme les affectionne le coordinateur adjoint du mouvement, Chryst Belvi Dongui.

« La population a peur de dénoncer ne serait-ce que le manque d’eau ou d’électricité. Ce genre de critiques est risqué, il peut entraîner une arrestation par les agents du renseignement »

Cet informaticien de 36 ans filme en direct les défaillances ou l’absence de services publics (comme ici, ou ). Il questionne, s’indigne, que ce soit dans une banlieue où un groupe électrogène est en panne, dans des salles de classe délabrées, dans un hôpital sans eau, ou au milieu de femmes lavant linge et vaisselle dans une mare d’eau souillée. Des conditions de vie à des années-lumière du somptueux train de vie de la nomenklatura. « La population a peur de dénoncer ne serait-ce que le manque d’eau ou d’électricité. Ce genre de critiques est risqué, il peut entraîner une arrestation par les agents du renseignement. Donc c’est à nous de monter au créneau », dit-il.

Le 25 mars 2021, quatre jours après l’élection présidentielle, Chryst Belvi Dongui a été cueilli à son domicile, à l’aube, par des hommes du redouté Centre d’intelligence et de documentation (CID), le service de renseignement. Transféré ensuite à la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville, Chryst Dongui a été remis en liberté provisoire le 13 juillet 2021. Et a repris ses « zooms » vidéo. « Quand on voit le manque d’eau potable à travers le pays ou la hausse du litre d’huile de 700 FCFA à 1 500 FCFA en trois mois, on ne peut pas fléchir. On sait dans quoi on s’est engagé », explique-t-il.

« Nous n’avons pas la même vie que les autres », poursuit Landry Boumbeya, chargé des questions de sécurité au sein du mouvement Ras-le-Bol. La dernière fois qu’on l’a rencontré à Brazzaville en compagnie du coordinateur Bertrand Menier, en avril 2021, il a fallu changer plusieurs fois de taxi, rebrousser chemin, attendre les consignes, repartir. Le premier lieu de rencontre était sous surveillance. Une routine pour ces militants – et pour toute voix critique au Congo – qui ont intégré de nombreux réflexes : se méfier des chauffeurs de taxi, des voisins de table dans un lieu public, ne pas dormir plusieurs jours de suite au même endroit. « Éviter certains quartiers, les restaurants, utiliser les grandes artères pour se déplacer, ne jamais prendre le même itinéraire pour aller au travail ou voir des proches », complète Landry Boumbeya.

Lui aussi a été arrêté en juin 2021 après s’être publiquement interrogé sur l’application d’une taxe ne figurant dans aucun texte officiel lors d’un achat en ligne. Il a été relâché au bout d’un jour et demi. « On sait que ça peut arriver n’importe quand », souffle-t-il. Tout comme les menaces. Anonymes ou non, elles surviennent même sur le lieu de travail. « Ce sont des phrases du genre : “Si vous continuez de dénoncer, vous serez surpris de disparaître”. » La subversion tient parfois à peu de choses. « Prononcer le nom du président, c’est tabou. Nous, on l’évoque parfois comme “l’Empereur” [10] », indique Bertrand Menier.

« Tu vas être congelé bientôt »

Le journaliste et ex-directeur général du bihebdomadaire d’information congolais Talassa, Ghys Fortuné Dombé Bemba, lui, aurait franchi de nombreuses lignes rouges aux yeux du régime. Suspecté de « complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat », il a été incarcéré 18 mois à la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville. « Bienvenue à la morgue, tu vas être congelé bientôt », lui annonce, en guise d’accueil, le surveillant général de la prison à son arrivée en janvier 2017. Aujourd’hui réfugié en France, il en a tiré un livre, De l’enfer à la liberté (Les éditeurs parisiens, 2019). Il y raconte notamment l’enfermement « 23 h 50 par jour » dans une cellule sans eau, ni électricité, ni toilettes, les « sévices d’une brutalité inouïe » et cette crainte persistante que son cœur ne lâche, comme ce fut le cas pour de nombreux autres prisonniers. Il perd 17 kilos, peine à se tenir debout. Il est longuement interrogé sur sa proximité supposée avec le pasteur Ntumi, dont Talassa a publié un message de paix à l’occasion de la nouvelle année 2017. Chef de milice et homme politique, Ntumi a incarné la résistance à Sassou-Nguesso lors d’affrontements qui ont éclaté en 1998 dans le Pool, département du sud favorable à Pascal Lissouba et théâtre de nombreuses guerres civiles [11].

Mais d’autres articles valent au journaliste cette réclusion. L’un d’entre eux porte sur le camouflet essuyé par Sassou-Nguesso à Washington en décembre 2016 : sept mois après sa réélection, un voyage est « ficelé avec des lobbies américains » pour « nouer de nouvelles relations entre le dirigeant congolais et Donald Trump » ; sauf qu’« aucun officiel ou dignitaire américain n’était sur le tarmac de l’aéroport » ce 27 décembre 2016 pour accueillir le président congolais. « Il a traîné dans un avion à l’aéroport de New-York puis à Miami » avant de « retourner à Brazzaville mercredi 28 décembre la queue entre les pattes », écrit à l’époque Ghys Fortuné Dombé Bemba. Autre article très mal perçu : celui sur ces officiers supérieurs qui « refusent d’aller à la retraite ». Parmi les six noms cités, celui du patron de la police congolaise, le général Jean-François Ndengué, que le journaliste qualifie d’« intouchable » et qui est toujours aux commandes de l’appareil répressif.

Et rien ne lui sied mieux qu’« intouchable ». Le 1er avril 2004, l’homme a été interpellé à sa résidence de Meaux, en France, pour sa responsabilité supposée dans l’affaire des « Disparus du Beach », dont la justice française a été saisie en décembre 2001 [12].

Plusieurs officiels congolais sont visés pour crimes contre l’humanité (enlèvements, torture, exécution d’un plan concerté contre un groupe de personnes). Le lendemain de son arrestation, le directeur général de la police congolaise est mis en examen, transféré à la prison de la Santé… avant d’être libéré en pleine nuit et conduit à l’aéroport du Bourget, où l’attend un aéronef à destination de Brazzaville.

La complicité des autorités françaises

« La procédure a été annulée de façon rocambolesque. La présidente de la Chambre d’instruction de Meaux a été réveillée à deux heures du matin. On n’avait jamais vu ça. Il y a eu une ingérence totale du politique dans ce dossier », se souvient un acteur judiciaire interrogé par Afrique XXI. La raison de cette « célérité inhabituelle », selon les termes de la FIDH, partie civile dans cette affaire : ne pas fâcher Brazzaville. Ne pas entacher, donc, l’amitié entre Denis Sassou-Nguesso et Jacques Chirac, président français au moment des faits, scellée peu avant la guerre civile de 1997. Le triumvirat Elf-Congo [13], Omar Bongo (président du Gabon) et José Eduardo dos Santos (président de l’Angola) avait alors fait pencher Chirac en faveur de Sassou-Nguesso plutôt que de Lissouba, rappelle l’anthropologue Patrice Yengo [14].

L’Union européenne a par ailleurs annoncé un financement de 5 millions d’euros pour « appuyer le fonctionnement de la police congolaise »

Le dossier des « Disparus du Beach » est toujours en instruction au pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris. Rien de bien dissuasif pour le général Ndengué : un rapport publié en septembre 2021 par le collectif anti-kleptocratie Sassoufit mentionne l’acquisition par la famille Ndengué d’un bien immobilier à Neuilly-sur-Seine en 2014 [15]. Une transaction qu’Afrique XXI a pu confirmer (lire l’encadré ci-dessous), qui illustre l’impunité dont semble jouir le chef de la police congolaise dans son pays comme en France.

Repère :

Les connexions françaises du général Ndengué

« On se demande si la coopération technique du gouvernement français avec la police et la gendarmerie congolaises doit se poursuivre, au risque d’être complice de ces crimes », tweetait le 18 novembre 2021 le député français Sébastien Nadot, en réaction au rapport du Centre d’actions pour le développement sur les six décès survenus dans une geôle de Brazzaville [16]. Dans le cadre de la coopération franco-congolaise en matière de sécurité intérieure, « la France mène des actions de formation avec le Congo-Brazzaville, indique une source diplomatique. Ces deux dernières années, une trentaine de gendarmes et de policiers congolais ont bénéficié des enseignements initiaux des officiers de gendarmerie, de cours de perfectionnement à la pratique de l’enquête et de l’identification criminelle, de stages d’unité de police en vue d’intégrer les contingents UNPOL [NDLR : police civile des Nations unies] des missions onusiennes, et d’enseignements en matière d’investigation cyber ».

« Les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine ferment les yeux »

Le 23 juin 2021, l’Union européenne a par ailleurs annoncé un financement de 5 millions d’euros pour « appuyer le fonctionnement de la police congolaise ». « Il s’agit d’un projet novateur axé sur la professionnalisation et l’amélioration des méthodes de fonctionnement de la police que la France a aidé à faire éclore », commente la très servile Agence d’information d’Afrique centrale, basée au Congo-Brazzaville et dirigée par le journaliste français Jean-Paul Pigasse, l’un des « griots » médiatiques de Sassou-Nguesso. Rien, toutefois, à propos des violations des droits humains. « La question est évoquée dans le cadre des échanges bilatéraux », assure la source diplomatique française.

Sur ce point, « on marche sur des œufs au Congo », nuance, moins convaincu, un ancien diplomate européen qui connaît bien le dossier. Trésor Nzila, directeur du CAD, en fait l’amère expérience : « Les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine ferment les yeux. On leur a adressé les rapports d’autopsie qui montrent que quatre des six hommes morts en prison en novembre ont été torturés… mais c’est silence radio. » Les activistes du mouvement Ras-le-Bol, eux, déplorent l’attitude des autorités françaises. « Un mot d’un président français peut tout changer ici », estime le coordinateur Bertrand Menier. Pour le meilleur ou pour le pi

Exemple, la petite phrase de François Hollande en 2015, peu avant la mascarade de référendum au Congo ayant permis à DSN de se maintenir au pouvoir, sur le président qui a « le droit » de « consulter son peuple ». Cette déclaration a eu de lourdes conséquences à Brazzaville. « Ces propos ont été repris sur les banderoles du parti au pouvoir pendant la campagne, et ont affaibli la ferveur populaire en faveur de l’alternance », poursuit Bertrand Menier. « Dans l’esprit des Congolais, ça signifie que Sassou-Nguesso a le soutien de Paris. C’est aussi la raison pour laquelle il se plie en quatre pour être pris en photo à côté de Macron à un sommet de l’ONU. Ce genre d’images est très instrumentalisé ici », renchérit Landry Boumbeya. Et de regretter que la « France politique ne prenne pas position ». L’occasion lui est à nouveau offerte, à quelques mois des élections législatives et locales du mois de juillet. Comme à chaque scrutin, ces militants pro-démocratie redoutent un regain de la répression.

 

Agnès Faivre, AfriqueXXI.

https://basta.media/au-congo-de-sassou-nguesso-il-n-y-a-plus-de-droit-plus-de-lois-plus-de-dignite?fbclid=IwAR0_9eBBsZ1TBI5w0V4xzczx7YBAXP-l0ZOGqCbA3jhwn-MicRVgcIsBP8Q

 

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