Politique

Au-delà de la certitude des incertitudes pour 2020

 

Par  Djess dia Moungouansi 

L’année 2019 s’achève sous le signe d’un oxymore : la certitude de l’incertitude sur l’avenir politique du Congo dans l’histoire mondiale en train de se faire ( the making history, comme on le dit dans la langue dominante de la vie internationale).
Nous sommes donc dans l’incertain en effet face à des enjeux tels que les suivants :

• SASSOU NGUESSO sera-t-il candidat en 2021 ?
• En réalité, cette élection présidentielle aura-t-elle lieu ?
• Le général Jean Marie Michel MOKOKO sera-t-il libéré avant 2020 ou même en 2020 suite à l’injonction tant commentée du ministre français de la défense il y a quelques mois ?
• Les 48 mesures du FMI seront-elles appliquées par le pouvoir de SASSOU NGUESSO d’ici

Les prochaines revues de cette institution financière en 2020 ?

• L’opposition dite « républicaine » et l’opposition dite « radicale » au pays, obtiendront –elles du pouvoir de SASSOU NGUESSO ce qu’elles demandent ardemment ( mais vainement selon nous) en l’occurrence une Commission Électorale Indépendante pour assurer une bonne gouvernance électorale pour 2021 ?
• Le fait que le pouvoir a été contraint de payer les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités, deviendra-t-il un fait régulier comme l’exige la norme républicaine de la bonne gouvernance ?
• Un pays comme le Congo qui a toujours menti sur sa dette, restera-t-il au dessus de tout soupçon après le dernier sommet des chefs d’Etat de la CEMAC du 22 novembre dans la perspective d’une recomposition de la Zone Franc avec le très probable lancement de l’ECO du côté de l’UEMOA ?
• Le dialogue dit « national » qui est destiné à sauver le régime de SASSOU, pourrai-t-il sauver le pays comme certains l’imaginent ?
• Le fils de SASSOU NGUESSO sera-t-il intronisé patron des oligarques du PCT le 30 décembre 2019 ou alors Pierre Moussa jouera-t-il encore une fois le rôle d’intellectuel du nord au service de SASSOU-père?

Sur toutes ces questions et sur tant d’autres, les citoyens éclairés peuvent se faire leur opinion et les citoyens non-éclairés devraient davantage être informés et formés par les patriotes et les démocrates sincères.
Etant de cette dernière catégorie (patriotes et démocrates sincères), nous pouvons sans ambigüité avancer que les réponses aux questions qui précèdent se feront par la négative.

En réalité, une question essentielle ou plutôt la question essentielle est celle-ci : un peuple qui a tant souffert comme le peuple congolais, pourra-t-il passer toute l’année 2020 à continuer de souffrir ou alors prendra-t-il le ferme engagement de se soulever pour un changement politique en renvoyant SASSOU et son système aux mille diables ?
A cette dernière question, les patriotes et démocrates sincères ne sauraient répondre par des incertitudes.
Exemple de source d’incertitude : faire croire aux populations congolaises qu’un soulèvement populaire peut résulter d’un simple affichage d’une photo de famille des compatriotes de la diaspora et du pays venus d’horizons divers et aux alliances hétéroclites.
Autre source d’incertitude : faire croire sur les réseaux sociaux que les résistants congolais doivent se rassembler tous à ciel ouvert face à la dictature alors que sur le terrain au pays, des résistants qui évoluent dans le silence demandent de la discrétion pour avancer pas à pas et déclencher eux-mêmes les actions fatales le jour J, précisément sur le terrain.
Les patriotes et démocrates sincères rassemblés aux « Assises Nationales du Congo » n’ont eu de cesse d’en appeler à une préparation méthodique à l’action pour mettre en oeuvre les principes de 3

« La charte révisée de juin 2016 ». Nous les avons plusieurs fois rappelés (cf « Billet 001 »).

Dans le même esprit, déjà en 2014, le « Plaidoyer des Assises Nationales » avait mis en avant dix (10) thématiques qui sont et seront à l’ordre du jour dans le cadre de toute bonne réflexion sur la transition démocratique qui devra faire suite au soulèvement populaire que le peuple souverain prépare .
Aujourd’hui, « Les Assises » traitent la question de la méthode. Et c’est dans ce sens qu’au-delà de toutes les incertitudes nous consacrerons tout le premier trimestre de 2020 à une série de débats sur le thème suivant : « Les leçons congolaises à tirer des expériences des révolutions réussies contre les dictatures en Afrique et ailleurs depuis l’année 2010 ».
En effet, comme l’expliquent certains intellectuels membres des « Assises » : le peuple congolais souverain est appelé à faire une « révolution dans la non-violence » avec une pleine conscience historique. Tout en chantant le passage de l’hymne national « Congolais debout, fièrement partout… », et tout en clamant et en paraphrasant le cri de rassemblement d’août 1963 «Congo Ô, Sassou a tout volé, nous bâtirons de nouveau. Il suffit la liberté !».
La contribution de tout un chacun est appelée à être décisive. On trouvera sur notre page Facebook, tous les éléments d’information et de formation dans l’intérêt des forces vives qui luttent sur le terrain, au pays.

Djess dia Moungouansi

Djess dia Moungouansi
Porte-parole, Chargé de la stratégie de communication

in « LE BILLET DES « ASSISES NATIONALES DU CONGO » N° 003 * Décembre 2019 * »

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