Economie, FINANCE, Politique, Société

AUGMENTATION DES TAUX D’INTÉRÊTS…

AUGMENTATION DES TAUX D’INTÉRÊTS…

 Par Verlin Richard

Verlin Richard BEKA BEKA

Avec l’inflation qui commence vraiment à inquiéter les autorités monétaires aux États-Unis et en Europe, les banques centrales commencent à craindre d’être contraintes à une hausse rapide des taux d’intérêt. Quels risques pour les pays africains qui ont emprunté sur les marchés des capitaux occidentaux, appelés Eurobonds ?

Dans un rapport Pulse Africa, publié en avril 2018, la Banque mondiale relevait que les dettes issues de ces opérations représentaient désormais 19,8% du PIB (produit intérieur brut), contre 9,7% en 2007. Le premier risque dans les emprunts en devises étrangères est le risque de Change qui expose ces pays à un risque d’accroissement important de la dette. Les variations de change contribuent à alourdir la dette. Le deuxième risque associé aux eurobonds des pays africains est l’augmentation des taux d’intérêts.

Si la Fed américaine, la BCE et les autres banques centrales augmentent leurs taux directeurs, cette HAUSSE des taux va réduire immédiatement l’intérêt pour les obligations africaines, et donc augmenter les coûts des futurs emprunts souverains africains. Mais un troisième risque d’explosion sociale est à craindre dans les pays africains qui ont une forte dépendance aux importations, ceux ci se verront exposer aux chocs inflationnistes.

Si l’augmentation des taux d’intérêts par les banques centrales pour lutter contre l’inflation apparaît plus que probable d’ici la fin de l’année 2021, il est tout aussi probable que cette augmentation alourdisse la dette publique des pays africains ayant emprunté dans les monnaies étrangères.

Quant aux banques centrales africaines, elles feraient mieux d’adopter des politiques monétaires différentes des autres banques centrales, et ne procéder à aucune augmentation de ces taux directeurs, de  » tolérer » une inflation modérée qui serait au dessus des 3% du PIB pour réduire le poids de la dette des États, à condition que les États africains adoptent des politiques qui stimulent la croissance économique : paiement régulier des salaires, retraites, bourses pour donner du pouvoir d’achat pour consommer ; plan de relance sur les investissements productifs pour diversifier l’économie.

Par Verlin Richard

Laisser un commentaire