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Brazzaville et Pointe-Noire au bord de l’implosion sonore.

Brazzaville et Pointe-Noire au bord de l’implosion sonore.

Note de DAC PRESSE :  Si et seulement si les gouvernements successifs de Denis SASSOU NGUESSO se mettaient réellement au travail bon nombres de maux qui minent notre société auraient certainement déjà trouvé un début de solution. S’agissant de l’opération de lutte contre les nuisances sonores dont le général OKIBA voudrait mettre un coup d’arrêt, cela  ne date pas d’aujourd’hui. DAC l’a dénoncé depuis 2011 et même fait des propositions qui sont aujourd’hui repris par ce général. Tant que cela va dans le sens de l’amélioration des conditions de vie quotidiennes des congolais , nous ne pouvons qu’en encourager.  

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Pointe-Noire : le général Okiba annonce l’opération de lutte contre les nuisances sonores

le commandant territorial des Forces police de Pointe-Noire et du Kouilou, le général Jean Pierre Okiba.

Les confessions religieuses ont été interpellées sur le respect de la tranquillité publique, ce lundi 4 avril, par le commandant territorial des Forces police de Pointe-Noire et du Kouilou, le général Jean Pierre Okiba.

« Vos voisins ne sont pas vos fidèles, vos prêches sont adressées à vos adeptes, vos fidèles qui sont à l’intérieur de vos églises. Pour cette raison, avec l’accord du préfet, nous avons entrepris cette opération de lutte contre les nuisances sonores de toute nature », a-t-il déclaré.

Jean Pierre Okiba a indiqué qu’il s’agit d’une vaste opération qui touche plusieurs secteurs autres que les assemblées religieuses.

En témoigne la saisie par la police de 95 instruments musicaux dont 39 baffles, 9 pianos, 9 ordinateurs, 29 tables de mixages, 4 amplificateurs, une unité centrale, une platine, un écran d’ordinateur, une boîte à micro, et un tam-tam, a laissé entendre Jean Pierre Okiba.

Toutefois, l’autorité policière a indexé particulièrement les églises afin qu’elles prennent leurs responsabilités face à ce fléau dont elles ont une grande responsabilité selon lui.

« La tendance montre que les églises sont les facteurs dominants en pollution sonore à Pointe-Noire. Sur ces objets, 65 ont été saisis dans les églises, ce qui est contraire à la morale parce que cela enfreint la loi », a-t-il déploré.

Le lien de l’article en commentaire

#CMT

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Brazzaville et Pointe-Noire au bord de l’implosion sonore.

Publié le 03/04/2011 à  09:42   Par Berijc

Jean-Claude BERI, communicant, activiste et libre penseur Lyon

Les agglomérations urbaines du Congo concentrent présentement les maux qui font que vivre dans certains quartiers ou arrondissements est devenu un cauchemar insupportable.

Au-delà de l’insalubrité récurrente dans la ville de Brazzaville et Pointe-Noire, un autre phénomène qui désole les habitants est la pollution sonore, incarnation de l’anarchie dans ces villes. Depuis une dizaine d’années les limites acceptables de la pollution sonore sont largement dépassées (60 à 70 décibels). Malgré les sonnettes d’alarmes tirées par plusieurs ONG, celle-ci reste en nette progression. Il est sans ignoré que le taux de décibels que les embouteillages, les klaxons des bus et taxis, les criardes des vendeurs ambulants,  les bars dancings, les « ngandas » ‘ bistrot  africain’ etc. varie entre  70 et 130 décibels  (sources PNUD) entre 09 heures  du matin et 3 heures du matin au lendemain. Soit environ 18 heures d’agressions permanentes sur les organismes des populations congolaises. Les causes de ces agressions sur la tranquillité et le droit à la santé sont connues. Pourtant les autorités municipales, loin de s’en émouvoir, continuent à distiller les autorisations d’ouverture des espaces bruyants sans aucun contrôle ?

Le bruit et les nuisances sonores portent atteinte à la santé des Congolais

Lors de sa réélection au poste de maire de Brazzaville, M. Hugues Ngouélondélé avait promis s’attaquer aux problèmes de protection d’environnement : Entre autre, il avait fait le pari de nettoyer Brazzaville  de tous les déchets et autres organes polluant la vie quotidienne des citadins. De même, il devrait mettre sur pied une politique de lutte contre les nuisances sonores qui de plus en plus agressent les Congolais dans leur existence quotidienne. Ce second objectif, au lieu d’être réguler, se propage de façon exponentielle avec la bénédiction des responsables municipaux. Il est à noter que la pollution sonore est caractérisée par un niveau de bruit élevé au point d’avoir des conséquences sur la santé humaine et l’environnement : les nuisances sonores peuvent affecter la santé et la qualité de vie, avec des conséquences physiques et/ou psychologiques pour les hommes et les femmes qui les subissent, et affecter également la biodiversité.

Les Congolais, aujourd’hui, doutent ouvertement de la capacité des maires de Brazzaville et de Pointe-Noire à réguler ce phénomène. Car les autorisations d’ouverture des bars et débits de boissons à ciel ouvert ont progressé ces dix dernières années. A Brazzaville, rien qu’en longeant l’avenue de la paix, du rondpoint de Poto-Poto (mairie du 3e arrondissement) et jusqu’à  l’ancienne cité de 17 à Moukondo, on a dénombré plus d’une trentaine d’unités bruyantes dont les sons varient au-delà de 90 décibels. Ce qui est largement au dessus de la moyenne. Cela fait des années que cette limite de tolérance au bruit est dépassée. Selon une étude récente de l’OMS, au-delà de 75 décibels notre corps réagit négativement.

Pour certains, les sons apparaissent à priori comme agréable. Seulement plus le son est élevé plus l’organisme multiplie d’effort pour lutter contre le stress et puisse sur ses ressources pour fonctionner normalement. Cette même étude montre que le fait d’être exposé quotidiennement aux sons bruyants favorise l’apparition de plusieurs pathologies comme la tension artérielle, l’affaiblissement des défenses immunitaires, des troubles du sommeil, ou encore l’apparition de certaines névroses. Le CHU a récemment constaté une augmentation des cas de surmenage inexpliqué.

Les patients se plaignent de manque de sommeil dû aux bruits incessants des bars au-delà des heures appropriées. De même, ces nuisances sonores peuvent avoir des impacts très nocifs pour l’audition, et peuvent aboutir dans les cas les plus graves à la surdité. A cela, il faut ajouter l’extension anarchique des marchés Total et Poto-Poto dans les zones résidentielles exposant ainsi les populations à une pollution acoustique insupportable. Comme le témoigne cette mère de famille : « ces vendeurs commencent leur folklore de criardes dès 5 heures du matin et leur étal étant juste sous la fenêtre de mes enfants, ça les réveille toujours en sursaut. Ils sont fatigués de la journée et leur rendement scolaire est très faible vu qu’à certaines heures de l’après-midi ils dorment en classe. »  Voilà un bel exemple de la politique du « chemin d’avenir ».

L’anarchie des maires favorise la pollution sonore des villes du Congo-Brazzaville

Les églises « de réveil » à Pointe-Noire et à Brazzaville, sont devenues une véritable source de nuisance sonore. Les cultes de ces églises se font en plein air ou dans des salles non insonorisées. Le vacarme de ces églises commence à 6 h 00 du matin et dure parfois toute la journée. A cela, il faut ajouter les veillées de prières qui se déroulent le soir et empêchent les habitants de dormir paisiblement.

L’anarchie fait que certains sièges d’arrondissements sont devenus des lieux de cultes ou toutes sortes de manifestations qui troublent la tranquillité des habitants. C’est le cas à Poto-Poto où une ou plusieurs églises de réveil ont élu malheureusement domicile, au grand désarroi des habitants. Les habitants de Poto-Poto dénoncent les nuisances sonores encouragées par le maire Jacques Elion, qui a transformé la grande salle de la mairie en un lieu de culte. Comment un maire peut-il transformer le siège de la mairie en un lieu de culte alors que le Congo est un Etat Laïc ? Les habitants de Poto-Poto qui sont agacés par l’extension incontrôlée du marché dans toutes les rues, interpellent le maire afin que la grande salle de la mairie cesse d’être utilisée comme un lieu de culte alors qu’il y a l’église évangélique en face et la basilique Sainte-Anne à côté.

Les habitants sont dubitatifs et ne peuvent que constater les dégâts tous les jours : nuisance sonore, commerce à la criée, va-et-vient symbole de l’anarchie. Les Maires de nos villes s’illustrent par des mesures cosmétiques: « Bambissa lipapa ».

Les maires de Brazzaville et de Pointe-Noire doivent également réglementer l’organisation des veillées funéraires qui sont aussi une source de pollution sonore. Il est certes indéniable que la perte d’un membre de la famille est un moment douloureux. Mais cela ne doit pas être une occasion pour que le voisinage soit soumis à une nuisance sonore pendant cinq jours ou une semaine.

Les maires doivent également réglementer les cortèges funéraires car les sirènes des corbillards et les klaxons des véhicules-automobiles accompagnateurs sont vécus quotidiennement comme des nuisances sonores.

Loin de nous ici l’idée de vouloir incriminer certains aspects culturels pouvant favoriser également cette pollution acoustique, comme les veillées mortuaires. Ces dernières étant temporelles participent peu à ces phénomènes de nuisances sonores excessives. Par contre,  c’est bien la circulation routière  avec souvent des véhicules dépourvus de tous contrôles techniques, les bars et Ngandas diffusant de la musique au volume incontrôlé, les commerces ambulants à la criée perturbant ainsi la tranquillité des citadins, aux commerces dont la diffusion de la musique ressemblent plus à un concert permanent de sonorité traumatisant qui constitue les causes les plus récurrentes  des plaintes des populations de Brazzaville et de Pointe-Noire.

Il ne s’agit pas non plus de priver  les congolais de certaines distractions inhérentes même à notre culture et à notre société. Au contraire, il est question ici de proposer une alternative favorable pour  réguler cette pollution. Les responsables municipaux ont le devoir de veiller au non propagation de cette pollution acoustique. Celle-ci est une source non négligeable de la dégradation environnementale au même titre que peut l’être la dégradation par la propagation des déchets. Dans un environnement acoustiquement élevé, les gens sont intolérants  et parfois sujet aux impulsions d’agressivité grave. Souvent le citoyen n’a pas d’autres moyens que d’agir soi-même en interpellant les propriétaires des lieux dit bruyants. Ces situations conduisent à des conflits de voisinage aux tensions extrêmes.

Il se trouve  que cette défaillance municipale peut se résorber par des mesures cohérentes et dans le respect de la loi. C’est pourquoi nous suggérons que  des mesures d’urgence visant à atténuer les souffrances des citadins soient initiées :

* Adopter un décret municipal réglementant les nuisances sonores (60 décibels en moyenne le jour et 50 la nuit),

* Elaborer une charte du bon voisinage sonore et une charte de la vie nocturne,
* Interdire les véhicules bruyants dépourvus  d’un contrôle technique  réglementaire,
*  Réglementer les ventes à la criée dans les zones résidentielles,
* Interdire l’extension anarchique des marchés dans les zones résidentielles,
*  Imposer une amende dissuasive pour  les commerces usant sans autorisation d’une nuisance sonore.

Face à l’anarchie et au laxisme des autorités municipales, le gouvernement doit se saisir du problème de l’extension incontrôlée des marchés et de l’environnement immédiat de la basilique Sainte-Anne à Poto-Poto que les Congolais souhaitent classer comme un patrimoine universel et touristique par l’UNESCO.

Jean-Claude BERI, www.dac-presse.com

http://berijc.over-blog.com/article-brazzaville-et-pointe-noire-au-bord-de-l-implosion-sonore-70872049.html

 

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