Politique

Quand un caporal fantôme fait trembler le pouvoir du PCT

Par :: Robert Gaillard

Il avait prévu une révolte des populations du nord au Congo-Brazzaville. Il, c’est le Caporal-chef Ferdinand MASSON, prétendument de la Force publique. L’affaire a fait tabac. 

Pour protéger le pouvoir, le PCT a multiplié des déclarations dans les quartiers nord de Brazzaville demandant aux populations de vaquer à leurs occupations, de ne pas céder à la tentation, de sauvegarder les acquis de la paix et de soutenir le président Denis Sassou Nguesso dans sa lutte pour l’unité nationale. Cependant, l’histoire de « la révolte des populations des quartiers nord » a été comme un feu de paille, un conte de fées.
Depuis 1979 date de l’accession du Président Denis Sassou Nguesso au pouvoir, c’est la première fois que les populations congolaises ont entendu un militaire caporal de grade appeler les populations à un soulèvement.
«L’insurgé» a posté sur les réseaux sociaux une vidéo appelant les populations des quartiers nord de Brazzaville notamment celles de Poto-poto, Moungali, Ouenzé, Talangaï, Nkombo, Massengo, Taxas-City, Petit-chose, Agostino Neto, Thomas Sankara, Kanga-Mbazi, Kéba na virage, Simba Pèlle, Ngamakosso, Mpila Yoro de sortir le 10 mars dans la rue pour manifester contre le régime de Brazzaville.
Pour garantir leur sécurité, le Caporal-chef a dit : « N’ayez pas peur. Nous avons aussi des officiers avec nous dont de nombreux colonels. Tous les combattants des quartiers susmentionnés sont mobilisés. » Toutes ces populations devaient donc être dans la rue devant leurs maisons.
Cet appel n’aurait pas eu d’effets escomptés si les autorités ne se sont pas évertuées à communiquer autour de ce qui a produit le tournis dans la population congolaise.
Mais, le doute sur cet appel ne s’est pas fait attendre d’autant plus que personne ne savait si ce Caporal-chef était parmi les familles des victimes des incidents meurtriers du 4 mars ou victime des érosions de Ngamakosso pour lesquels, il demandait aux populations de sortir dans la rue.
En tout cas, aucune réponse n’a été donnée à ces questions et le soulèvement des populations des quartiers Nord de Brazzaville a produit un grand doute. Car, depuis la nuit des temps, ces populations ne se soulèvent jamais pour manifester un mécontentement.
La preuve a été donnée en 2015 lors du référendum . Pendant que les populations des quartiers sud ont manifesté en public contre ce référendum, les populations des quartiers nord sont restées dans les bars et ont vaqué librement à leurs occupations.
Pour cet appel, les populations des quartiers sud ont également attendu si ce soulèvement allait produire des effets. Elles ont donc attendu le jour « J » pour vivre en Live cet événement puisque ce mot d’ordre était donné par un Caporal, donc militaire.
Les historiens notifient que les militaires ressortissants du nord sont habitués de coups d’Etat au Congo même si le mode opératoire n’est pas le même.
Du président Marien Ngouabi au président Denis Sassou Nguesso en passant par le président Jacques Joachim Yhombi Opango, ces trois militaires ressortissants du nord ont accédé au pouvoir soit par coup d’Etat militaire ou par coup d’Etat politique. Certes chacun a eu son mode opératoire mais la réalité est qu’ils sont tous militaires ressortissants du même pôle géographique et que le « quitte-toi que je m’y mette » reste le même, c’est-à-dire une accession au pouvoir hors normes démocratiques.
Le soulèvement exigé par le Caporal Ferdinand MASSON a interpelé quand même la conscience de certaines personnes. D’abord l’invite a été faite par un Caporal et des caporaux comme Dadis Camara ont également inscrit leurs noms sur les annales des coups d’Etat en Afrique. Ensuite, le nom de Ferdinand MASSON peut être un nom d’emprunt comme celui du Général GIAP emprunté par un pilier de la guerre du 5 juin au Congo.
Au regard donc de ces références, des gens ont quand même décidé de vivre cet évènement en Live.
Cependant, d’autres ont parié pour un acte éphémère, pour un échec au regard du mode opératoire de cette manifestation.
D’abord, les artisans de coups d’Etat ne dévoilent pas au préalable leurs procédées quand on sait que le « coup d’Etat » baigne dans le secret le plus absolu. Cependant, Ferdinand MASSON a mis tout son plan sur la toile.
Ensuite, le Caporal Ferdinand MASSON a invité ces populations à se mettre dans la rue. Or, de coutume, les populations de ces quartiers ne se soulèvent jamais.
Pire, le Caporal a demandé à ces populations de se mettre debout devant leurs maisons. Or, se mettre debout devant sa maison ne peut obliger un pouvoir à se plier. Donc, ce mode de soulèvement n’était pas loin d’un coup d’épée dans l’eau.
Plus grave encore dans un message audio, il a demandé aux populations de faire résonner les armes partout alors qu’un coup d’Etat exige la prise des lieux stratégiques comme la radio, la télévision, l’aéroport, le port, le parlement ou la présidence de la République.
Pire encore, la police département a été déjà au courant de son plan, elle qui, en principe, devait être surprise de cet évènement.
En somme, toutes ces explications montrent que l’action du Caporal Ferdinand MASSON n’était qu’une plaisanterie, un divertissement qui a fait trémousser les membres du PCT dans les quartiers nord.
Car, jamais un commando ne dévoile ses intentions avant de rentrer en action. Et la rumeur sur le Caporal Ferdinand MASSON ressemble à celle de la présence du mercenaire Bob Denard à l’Ile Mbamou qui prétendait lancer en 90 un assaut militaire sur la ville de Brazzaville. La rumeur avait fait grand bruit à Brazzaville, mais au finish, celle-ci n’était qu’un conte de fée. Le Mercenaire Bob Denard n’avait jamais existé (du moins officiellement) sur l’Ile Mbamou et l’assaut sur Brazzaville n’avait jamais eu lieu.
En tout cas sur la plaisenterie du Caporal « fantôme », les réactions ne se sont pas faites attendre sur les réseaux sociaux.
Euloge Landry Malonga Samba écrit : «Une insurrection se prépare toujours en catimini ! Seuls les membres du commando sont au courant. Tous les autres résidents sont simplement surpris le jour J. Sinon, il s’agit simplement d’une fausse alerte, tout le monde le sait. »
Mal Nianda Charles « Qu’il est beau et charmant ce fameux caporal…donc pour lui DSN n’a pas des bons informateurs pour comprendre que c’est un jeu pour le divertir ? »
Juldas Malanda. «Nous savons que le pouvoir du PCT a toujours créé des informations du genre coup d’Etat, terroriste, scèns de vandialisme, attaque des intérêts des étrangers. C’est un verset politique bien connu»
Oliena Marien écrit en langue vernaculaire «Vous avez échoué ».
Tout ceci pour dire qu’l ya eu des gens qui n’ont pas cru à ce message et d’autres qui l’on zappé.

Robert Gaillard

Source : La griffeinfos Journal 

Un commentaire

  1. alerte generale

    LE SECRET ENDOGÈNE SUR LA MORT DE MARIEN NGOUABI EST BIEN CONNU DE YOMBY OPANGO, SASSOU NGUESSO FLORENT TSIBA, RAYMOND DAMASE NGOLO, LOUIS SYLVAIN NGOMA, CE DERNIER AU MOINS COMME PREMIER MINISTRE. IL N’A RIEN AVOIR AVEC LA MORT DE MARIEN NGOUABI. LES MOBILES NORDISTES SUSCITÉS : PROTÉGER LE POUVOIR AU NORD (PLATEAUX, CUVETTE, SANGHA ET LIKOUALA) ET EN PARTICULIER DANS LA CUVETTE CENTRALE ENTRE AUX MAINS DES TRIBUS: MAKOUA –KOUYOU-MBOCHIS -ETC

    Le grand problème du Président Marien Ngouabi, c’était l’OBUMITRI (l’officine bureautique politico-militaire tribale à caractère nordiste et en particulier de la cuvette : Makoua, Owando, Boundji, Mossaka, etc).

    Il ne savait même pas où venait le danger de son pouvoir pour qu’il puisse agir. Impossible, car son frère du Nord et de sa Région dont il fut originaire « Sassou », Monsieur le ministre de la défense et de la sécurité ne lui adressait plus de fiches d’informations.

    Perplexe et convaincu qu’il était victime d’une grande machination dans son entourage, Marien avait recours aux services du sous-lieutenant Mboro qui semblait lui être resté très fidèle et lui demandait de surveiller discrètement ses proches parents et collaborateurs.

    L’après-midi du 9 Mars 1997, Marien Ngouabi avait fait un cauchemar au cours de sa sieste : un commando attente à sa vie et l’échauffourée s’achèverait par 5 morts. Affolé, il appellait son chef d’état major général et lui ordonnait le renforcement de sécurité du Quartier Général édicté depuis le début de l’année à la suite de l’attaque du personnel du réalignement du CFCO par le FLEC.
    Le même jour, tard dans la soirée, il appelle le président Massamba-Débat et lui exposait tout ses problèmes notamment ceux d’ordre spirituels. Après l’avoir écouté tranquillement, Débat lui recommandait de se confier à Dieu et promet de l’aider efficacement dans la prière.
    Le 11 mars à 19 heures, Yhombi qui était informé de la conversation téléphonique de Ngouabi et de Débat, convoquait d’urgence un « conseil de famille » à son domicile. Y participait tous les grands du nord du pays en dehors des hommes des plateaux dont la position géographique prête souvent à équivoque.
    Ces derniers issus du royaume Téké et ayant souvent donné des indices de modération, occupent le centre du pays et ont toujours entretenus des rapports pacifique avec les « Bakongo » du Sud du pays.
    N’assistait donc à la réunion que : Assemekang, Mouassiposso, Anga, Sassou Nguesso, Okoko jacques, Ibara Denis, Ebaka Jean-michel et Engobo Bonaventure …. Pas questions bien entendu d’associer ceux qui sont très proches de Ngouabi : Issambo, Eyabo, Ongouya, Ewolo…etc, de peur qu’il n’y est une fuite. https://www.youtube.com/watch?v=5vkAvmZ7Els

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