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Centrafrique : un an après le départ de l’opération Sangaris, le pays peine à se relever

Un an après le départ de Centrafrique des soldats de l’opération Sangaris, les groupes armés règnent sur 80 % du territoire. Le retour des militaires français reste pour beaucoup de Centrafricains une vraie option de sortie de crise.

La mission militaire française Sangaris, déployée en Centrafrique en 2014, s’est retirée il y a tout juste un an. Très vite après ce départ, la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays, déjà mauvaise, s’est encore dégradée. La fin de cette opération laisse ainsi à beaucoup un sentiment de vide et d’inachevé.

Environ 80 % du terrioire est aujourd’hui contrôlé par des groupes armés, dont on estime le nombre à une quinzaine. Plusieurs provinces (nord-ouest, sud-est, centre) ont ces derniers mois été le théâtre de massacres et d’affrontements meurtriers entre ces groupes. Des centaines de civils ont été tués.

Le 31 octobre 2016, Jean Yves Le Drian, alors ministre français de la Défense, assurait pourtant à l’annonce du retrait de Sangaris que l’opération avait rempli ses trois missions, soit « mettre fin au chaos, accompagner la montée en puissance des forces internationales et permettre la tenue d’élections démocratiques ».

« On a dit que Sangaris avait fait le travail, ce n’est pas vrai », estime un diplomate à Bangui.

Vers un renforcement de la Minusca

Certes, une mission de l’ONU (Minusca, 12 500 hommes) a bien été déployée dès 2014, mais son action est fortement critiquée par la population, qui l’accuse de passivité, de complaisance avec certains groupes et d’abus sexuels.

En visite en Centrafrique la semaine dernière, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a admis une « capacité limitée (de la Minusca) face à la dimension énorme du territoire » et demandé un renforcement de 900 soldats à l’occasion du prochain renouvellement de son mandat, mi-novembre.

Aussi, face aux difficultés des forces onusiennes, beaucoup de Centrafricains ont confié à l’AFP qu’un retour militaire de la France en Centrafrique était, pour eux, une vraie option de sortie de crise.

Ne pas « repartir dans un bourbier »

Engagée sur plusieurs fronts, notamment Barkhane au Sahel, la France ne veut pas « repartir dans un bourbier », selon un diplomate français. Autre raison de la réticence quant à un retour, la mise en cause d’éléments de Sangaris dans des scandales d’abus sexuels, qui ont ébranlé l’armée française. Ces accusations ont abouti à un procès en France et, en mars, à une demande de non-lieu du parquet de Paris.

Malgré la fin de Sangaris – baptisée du nom d’un petit papillon rouge local –, au cours de laquelle trois soldats français ont perdu la vie, la France reste présente en Centrafrique avec 50 militaires formateurs de l’EUTM-RCA, une mission de formation de l’armée centrafricaine (Faca) mise en place par l’Union européenne, en mai. Des drones tactiques français ont aussi été détachés en Centrafrique.

De passage à Paris fin septembre, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a exprimé sa « reconnaissance » : sans Sangaris, « la situation aurait pu dégénérer en une tragédie irréparable », a-t-il assuré.

Avec AFP

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