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Le combat politique doit s’inscrire dans l’anticipation et non dans la réactivité.

Comment sortir de cette opposition léthargique et aller vers une autre opposition plus entreprenante

Par : Jean- Claude BERI

Aucun combat politique ne se gagne lorsque le calendrier des hostilités est dicté par l’adversaire. C’est aussi cela le drame d’une opposition congolaise qui ne maîtrise pas l’action de ses objectifs à atteindre. Durant toutes ses années de lutte l’opposition congolaise bien installée dans des fauteuils feutrés n’a jamais véritablement entreprise de représailles sérieuses à l’encontre du dictateur SASSOU NGUESSO. Depuis l’ERDDUN Jusqu’à maintenant l’opposition congolaise a toujours une longueur de retard. C’est une vraie faute politique qui désorganise l’action des partis d’opposition.

L’échec de L’UPADS d’être la tête de pont de cette lutte était prévisible et souvent dénoncé même par plusieurs observateurs avertis. Pourtant, on a attendu que celui-ci soit totalement livré entre les mains du dictateur pour s’en prendre compte que le ver était déjà dans le fruit depuis belle lurette. Les divisions du MCCDI étaient tellement patentes que son éclatement et son infiltration par l’adversaire n’était plus qu’une question de temps.

Qu’ont fait ses deux grands partis de la dite opposition ? Ils se sont laissées bernés par des pseudos « dialogues et concertations » toutes organisées et concoctés par les officines du pouvoir qui contrôlaient du bout en bout tous les résultats qui seront dictés sans peine  plus tard à une opposition amorphe. La cupidité et l’inconstance semblent les maux qui caractérisent les forces de l’opposition congolaise. Leur légèreté et leur enfantillage mettent en lumière le degré d’abaissement de la politique dans notre pays.
En s’engageant dans la course présidentielle, même un gamin de l’école maternelle, pouvait se poser la question primaire de se prémunir d’éventuelles représailles en cas du refus du dictateur d’accepter les résultats, ce qui était d’ailleurs prévisible. On a attendu que la plupart des leaders de l’opposition soient incarcérés, privés de parole pour que cette opposition sorte de sa léthargie. Seulement le pouvoir en place déroulait son plan machiavélique.

Nous avons de la peine à comprendre que, tout en donnant l’impression de marquer leur hostilité vis-à-vis des prédateurs de la République, les bourreaux du peuple qui sont le PCT et le clan SASSOU, les partis d’opposition encouragent indirectement, sciemment ou inconsciemment la perpétration de cette prédation au Congo.

Car il est incompréhensible que cette opposition attend tranquillement la fin des « PROCÈS DE LA HONTE » pour pouvoir agir efficacement ne fusse que même par une réaction d’orgueil. Elle attend que le pouvoir déroule encore son plan jusqu’au bout pour réagir par à coup par « une Conférence » qui viendra simplement constater les faits. Pire encore, ce sont les avocats du général J3M qui écrivent au FMI pour demander a surseoir sa décision tant que les questions relatives à la gouvernance démocratique ne sont pas examinées. Que font les partis politiques qui se proclament partout défenseurs des droits et libertés du peuple congolais ?

TSATY MABIALA vient d’être nommé « chef de file d’opposition malléable » Ce qui est bien évidemment qu’une manœuvre bien vicieuse de surenchères politiques pour s’amarrer à la mouvance PCTéïste en marche pour 2021. C’est aussi celui de l’implosion programmée de cette frange de l’opposition dite traditionnelle et radicale. C’est le dernier maillon déclencheur du dynamitage de l’opposition scellant ainsi le débarquement du navire radical pour une opposition « achetée, prostituée, corrompue jusqu’à la lie acceptant sans honte ni gêne leur nouveau statut d’épouvantail de la gouvernance Sassou. »
Le cocu TSATY MABIALA qui rêvait de devenir Premier ministre, qui a avalé des couleuvres par dizaines, croit tenir là sa revanche oubliant cette belle sagesse africaine : « Qu’on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. » Que fait l’opposition pour contrer cette incongruité politique ?

Serait-il faux de dire que l’état de morte clinique de cette frange d’opposition était déjà annoncé depuis la dernière et triste élection. Au risque de disparaître définitivement des écrans radars, ou de se fondre dans l’anonymat, ils ont choisi de se ranger la queue entre les jambes comme un chien réclamant un os. S’éterniser là-dessus, c’est leur donner plus d’importance que du  mépris suscité par leur comportement d’incurables vagabonds politiques. Autrement, éclairez-moi mes amis !!!
Ce qui se trame n’est plus ou moins qu’une tentative de mise en orbite d’une démocratie sans partis d’opposition. C’est l’ambition du PCT et ses partenaires après moult tergiversations, ont fait éclater au grand jour son caractère inédit en ne laissant aucune place à l’opposition. C’est le jeu démocratique qui nous est imposé, un Chef de l’Etat décidant de mettre en avant son désir de rassembler tout le monde dans le même sac.
Nous avons sur la place de Paris, une frange qui se dit de l’opposition politique dont la réaction a été timidement observée lors de l’engagement contre le concert du griot du pouvoir ROGA ROGA . Pour nous, il est clair que Roga Roga et  son Extra Musica de merde  marchent dans une boue sanguinolente, puante puisqu’ils se sont fait des chantres d’une dictature immonde à travers leurs œuvres musicales d’un régime assassin. BRAVO AUX COMBATTANTS.

Seulement, nous verrons dans les prochains jours certains politiciens véreux à défaut d’avoir anticiper une action concertante récupéré cette action à leur guise. Ces femmes et hommes ne sont là que pour  nous empêcher de travailler, d’aider notre pays, d’apporter des projets et de les faire réaliser.  A cet effet, une autre opposition doit s’organiser pour anticiper les coups tordus du clan SASSOU et non être toujours dans la réactivité.

Comme à l’accoutumée certains n y verront que de la critique facile et s’adonneront à cœur joie a des slaves d’invectives.  Mais seulement dire la vérité est aussi un moyen de faire progresser le combat. Qui peut se réjouir par exemple de ce qui se passe au MRLC ….

L’on ne s’y trompe pas, le peuple n’est pas aveugle sur l’Etat du Congo et conscient du naufrage et rien n’arrêtera l’insurrection des oubliés. Le peuple longtemps opprimé refuse d’être considéré comme un déchet, un rebus.
Ne rien faire est  déjà prendre position dans cette société congolaise en perdition. Ne pas s’engager aujourd’hui est, la légitimer telle qu’elle est. On ne peut pas éviter d’agir sur notre destin, même en se donnant la mort. Ce sont les individus qui font l’histoire, en même temps dont ils naissent dans un contexte social-historique qui les constitue.
C’est pourquoi il faut agir. Agir, c’est retirer son consentement à la tyrannie, sortir de cet état de d’hypnose devant la force qu’inspire le tyran. Agir, c’est refuser de servir en brisant les chaînes qui vous enferment. Leur jour viendra, mais bien malin celui qui pourrait prévoir pendant combien de temps ils devront encore subir la domination des tyrans cyniques qui les écrasent depuis des décennies. Après la prise de conscience, les Congolais doivent savoir réagir puis agir. Et surtout tirez les leçons du passé et ne laissez pas les épisodes désastreux de notre histoire se répéter. La tyrannie doit définitivement cesser. La liberté doit régner. Et cela doit commencer aujourd’hui en sortant de cette opposition léthargique et aller vers une autre opposition.

Jean-Claude BERI

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