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Concertation politique au Congo : en finir avec la politique de l’autruche

Concertation politique au Congo : en finir avec la politique de l’autruche

Par

Jean-Claude BERI

Ce n’est pas faute de n’avoir pas interpellé ou fait des propositions pour montrer les dangers d’une collaboration passive avec le système en place qui continue à jouer à l’autruche. Plusieurs alertes ont été lancé ici pour sensibiliser l’opinion sur la légèreté politique de certains nos opposants

L’histoire d’une nation imaginaire pensée par ceux qui devraient faire face à des actions coercitives et idées fausses justifiant le comportement de ses membres et les conséquences amenées continue à consolider la destruction de la société congolaise.  « La concertation de l’autruche »  n’a évidemment pas été choisie par hasard pour représenter  les citoyens et opposition choisie puis qu’elle est au cœur de l’expression “faire la politique de l’autruche”, consistant à faire semblant de ne rien voir des dérives de ce système destructeur.

Notre pays reste arrimer sur des principes de dominations des uns sur les autres. Il est difficile de tirer profit de notre immense richesse intellectuelle, culturelle, sol et sous-sols, et surtout incapable de mesurer l’importance de mettre les talents au service de la nation et de son développement. Une fois de plus, cette classe au pouvoir démontre leur incapacité à participer à l’évolution de notre nation par un consensus crédible.

 Devrions-nous encore porter un regard cynique sur notre société humaine et ses membres qui ne réagissent pas devant les décisions politiques, les injustices?  Les citoyens ont été endormis et ne sont plus capables de se rebeller pour décider de leur propre avenir. “La Politique de l’Autruche” image prise ici est en quelque sorte un appel au soulèvement et à la prise de conscience de l’aveuglement du peuple congolais.

Les conclusions sur la mauvaise gouvernance de SASSOU et son système sont légions, mais aucune action coercitive n’a été entreprise pour solder les contentieux multiples énumérés lors des précédentes concertations toujours programmées à la veille des futures élections.
Puisque nos propositions sont dénuées de sens, vous prenez toujours les Congolais de haut en pensant que la solution viendrait d’une concertation fomentée par vous et le système en place, l’opposition va encore se mordre les doigts puisque refusant de s’accorder.

La majorité des partis qui seront invités à cette concertation (55 au total si l’on tient compte de la dernière publication du ministère de l’Intérieur) sont en majorité d’obédiences ou affilés au pouvoir. Comment voulez-vous qu’il puisse y avoir une concertation crédible dès lors les données sont faussées ? Tout est ficelé d’avance la date, les invités etc , et pire même les conclusions. Ils ne restent que quelques places pour les éternelles girouettes politiques qui vont se bousculer au portillon pour gratter quelques miettes.

Si les 55 partis reconnus officiellement au Congo par le ministère de l’Intérieur acceptent d’aller à cette concertation c’est la preuve que l’ordre du jour est approuvé. Comment se sont faites les tractations au sein des partis ? L’éligibilité à cette concertation s’est faite par cooptation, par affinité au pouvoir ou par décision du parti ? .
On le dira jamais assez:

« On ne combat pas un déchet en le laissant se proliférer. Il n’est plus à démontrer que le clan sassou et son gouvernement sont des déchets politiques qui gangrènent notre société. Les laisser pollués d’avantage notre société par des actes de corruption et de verrouillage au profit d’un clan n’est plus supportable » JCB

Mme MUNARI,  à quoi a servi votre activisme sur la place de Paris ?  Puisque si l’on s’en tient aux décisions du pouvoir, vous ne serez pas à MADINGOU en novembre prochain. Votre parti étant exclu de la liste des partis reconnus. Le FOC n’est pas un parti politique, comment expliqueriez-vous votre éligibilité à cette concertation ?
À TSATY MABIALA  et PARFAIT KOLELAS, n’étant pas dans le sein des saints,  j’ose croire que vous vous opposeriez à ce calendrier édicté par le ministère de l’intérieur vu que les grandes questions ne sont pas retenues. Comment allez-vous peser contre 53 partis ?
Le dialogue qu’attendaient les Congolais s’annonçait serré et houleux, mais en fait, il s’est transformé en concertation biaisée dont le gagnant est déjà connu. A ne pas confondre, je suis farouchement attaché à l’idée d’un rassemblement de l’opposition, donc au dialogue vraie et bénéfique pour le peuple,  mais opposé aux perpétuelles messes politiques des veilles d’ élections.

Sachant lire entre les lignes, le DRIAN arrive à Brazzaville le 27 Octobre et la France depuis des mois exige la tenue d’un dialogue avec tous les partis politique congolais pour régler le contentieux politique. La France sera donc représentée aux 80 ans du Manifeste de Brazzaville par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Un manifeste lancé par le général Charles de Gaulle un 27 octobre 1940 sur le sol congolais. Cette célébration sera une occasion pour se remémorer ces moments historiques qui ont changé le destin de la France. Ainsi, c’est un moment important pour l’image de la France et aidée par certains opposants malléables, elle a fait passer la pilule de la concertation de Novembre pour apaiser et décrisper la situation politique.

On ose croire que ce n’est pas une volonté du pouvoir en place, mais une injonction de la France avant la célébration du MANIFESTE DE BRAZZAVILLE.
On vous offre une concertation extirpée de certains grands  partis d’opposition aussi crédible que les 55 choisis et désignés. Le tout c’est de ne pas fâcher SASSOU et ne pas perturber la venue de LE DRIAN mais surtout pas pour régler les problèmes électoraux à venir.

L’État ne peut tout faire, mais il doit accompagner les initiatives de réconciliations vers un dialogue franc et non les entraver, comme il le fait encore tantôt en jouant au yoyo du dialogue/concertation. Vaincre le virus de l’égoïsme politique est une mission certes humains. Mais minimiser les dégâts d’une concertation non réussie une tâche collective. Personne ne peut être autorisé à jouer contre son propre camp. Notre camp , c’est le Congo.

Jean-Claude BERI

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