Politique

Le Congo-Brazzaville a besoin d’un New Deal

Le Congo-Brazzaville a besoin d’un New Deal

Par :  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

L’on connaissait l’homme retors, mais ici la perfidie a pris le dessus.

Sassou dans ses basses manœuvres prépare sa succession par un remaniement ministériel qui consacrera cerise sur le gâteau l’arrivée de son fils Denis Christel Sassou Nguesso au poste de ministre délégué à la défense.

C’est un coup de billard à trois bandes qui consiste à exfiltrer de la SNPC (société nationale des pétroles du Congo) le milliardaire, celui qui a causé des crimes économiques incommensurables au point de faire vaciller la république, de répondre aux injonctions du FMI sur la malgouvernance et de préparer ce dernier à sa succession. Comme au Gabon du temps du père, il est temps que le fiston s’octroie les bonnes grâces des militaires à la botte des Sassou et Nguesso en leur offrant des privilèges dans un pays où le pouvoir est au bout du fusil. Qui d’autre mieux que son fils pour assurer au dictateur une retraite paisible au bord de l’Alima. La succession monarchique est en marche.

Après les pseudo- accords de paix avec le Pasteur Ntumi, ce marché de dupes, la venue hypothétique du FMI, la nomination par le pouvoir d’un chef de l’opposition docile congolaise, les Congolais tirent toujours le diable par la queue tant les temps sont durs. Les villes de Brazzaville, Pointe-Noire et d’autres tournent au ralenti ; Sauf à Oyo où en ce mois de mars comme cela est inscrit dans la nouvelle constitution congolaise, la famille régnante se doit d’honorer les siens en festoyant. Ainsi, l’on impose un rituel macabre du mois de mars à tous les officiels congolais d’aller à Oyo se prosterner devant des individus inconnus de la république congolaise.

Non content d’avoir fait passer de la vie à trépas un certain nombre de Congolais, de ses collaborateurs, voilà maintenant que ce dernier s’attelle tel un vautour à dépecer les restes de ce qui est essentiel pour un État, l’eau et l’électricité. La privatisation de la SNE (société nationale d’électricité) et de la SNDE (société nationale de distribution d’eau) se fait au profit de sa famille et des fidèles compagnons de la Françafrique.

Régnant sans partage depuis sur un pays d’à peine 4 millions d’âmes et riche en pétrole, le tyran d’Oyo en dehors de sa dictature aveugle vient encore imposer au peuple congolais des souffrances inutiles dans un pays qui n’a pas d’eau potable pour la majorité de la population et dans lequel l’électricité est distribuée à compte goutte comme un produit de luxe.
L’état désastreux et délabré dans lequel se trouve notre pays aujourd’hui est l’œuvre d’une seule et même personne le prince d’Edou associé à sa famille et sa bande de courtisans qui aveuglés par les lambris dorés des palais de la république ramassent les miettes qui leurs sont données.
Après 57 ans d’indépendance, malgré les nombreuses richesses pétrolières accumulées, le Congo-Brazzaville ne cesse de s’enfoncer dans les ténèbres au vu et au su de tout le monde. Certains  de nos intellectuels, de nos élites ont vendu leur âme au diable pour quelques largesses et le passage dans des coteries. Ceux qui osent parler sont tout de suite embastillés par la police politique, les tontons macoutes de la DGST (Direction générale de la surveillance du territoire), qui nous rappellent des temps révolus de la famille Duvalier en Haïti.

La privatisation de la SNE et de la SNDE est encore un pied de nez que ce despote nous fait. Comment peut-on, dans un pays économiquement exsangue dont la seule prouesse gouvernementale est de payer les salaires des fonctionnaires, privatiser la SNE et la SNDE pour continuer à mettre du beurre dans les épinards déjà bien garnis de sa famille et de la Françafrique à travers ses réseaux mafieux ?
Après plus de 40 ans de vie politique ce monsieur n’a jamais perçu la quintessence de la fonction d’un Chef d’État et de par là le gouvernement qu’il dirige, c’est un comble ! L’État est là pour protéger les faibles afin de ne pas créer une société à deux vitesses dans laquelle effectivement croupissent misérablement les Congolais en ce moment.

Après la privatisation de l’enseignement qui a considérablement fait baisser le niveau scolaire de nos enfants, voilà que sur recommandations de ceux qui le maintiennent au pouvoir, Sassou dépèce le Congo en coupe réglée pour faire de la place à Veolia et consorts. Son avenir à lui est ailleurs dans les villas et châteaux achetés avec notre argent en Europe ou en Amérique.
L’eau c’est la vie. En privatisant l’eau, alors que sous d’autres cieux l’eau est gratuite notamment à Montréal, ils veulent nous assoiffer afin que dépourvus de force nous puissions ramper devant eux. Mais comme le disait La Pasionaria connue sous le nom de Dolores Ibárruri Gómez, dans son fameux slogan : « ¡No pasarán! » (« Ils ne passeront pas ») et une de ces citations : « Mieux vaut mourir debout, que de vivre à genoux ».
Peuple congolais, tu es le dernier rempart contre cette barbarie. Toi qui de part ta générosité a tant lutté avec tes moyens à travers la propagande pour la libération des peuples opprimés et colonisés d’Afrique, tu ne peux te résoudre à vivre comme un mendiant. Mon cœur saigne de part la misère que nous inflige le tyran d’Oyo. Mais, il ne tient qu’à toi pour te sortir de cette mauvaise passe car personne ne viendra à ton secours.

Le bilan de ces dirigeants que vous acclamez à longueur de journée en chantant et dansant est si ténu que nul ne doit s’attarder dessus. Ils sont là pour se servir et non vous servir. Ils vous ont promis la lune mais ce sont eux qui se retrouvent dans des paradis fiscaux avec des millions de dollars. Cette énième privatisation marque pour vous la fin d’une vie décente si tant est que vous l’ayez déjà eu un jour.

Ni vous ni moi ne sommes responsables de cette chienlit car « mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde « . Le seul responsable c’est Sassou et en pareilles circonstances, il est temps de lui signifier la fin de son bail. Il n’y a que la patrie et Dieu qui sont immortels. Alors tous ensembles prenons nos responsabilités pour dire NON à cette dictature qui se croit tout permis par la force des armes. Les échecs sont pour le leader et le succès pour les collaborateurs. Mais l’homme n’assumera jamais son échec patent que même un aveugle perçoit au loin. Pareille incompétence doit figurer dans le livre du Guinness des records car il sera difficile à battre.
Pendant que les autres parlent d’économie, d’écologie, du numérique, de construire un avenir commun dans un monde fracturé, ils vous parlent de paix. Cette paix des cimetières ne nous apportera rien que sinon des larmes de sang. La vraie paix c’est celle qui consiste à respecter les autres dans leurs différences.

La situation sociale du Congo-Brazzaville périclite pendant que ce gouvernement de fait loue des tentes à 500 000 000 (500 millions) de francs CFA pour la journée du 08 mars 2018. Ces tentes fournies par une des princesses de la monarchie congolaise étaient auparavant louées à 2 milliards de francs CFA. Même à ces prix réduits la facture est toujours salée pour le peuple congolais.

Peuple congolais lève-toi car ton pays va mal. La ligne rouge du délabrement a été franchie depuis des lustres et toi tu sembles t’en accommoder. Dans tous les pays du monde ce sont les peuples qui font l’histoire. Il ne pourrait en être autrement pour toi. Payer les salaires des fonctionnaires, quelque fois les pensions des retraités et la bourse des étudiants n’est pas en soi un projet de société viable. Ne vous contentez pas du minimum quand vous pouvez avoir plus. Certains d’entre-eux et non des moindres ont des millions de dollars dans les paradis fiscaux alors que vous crevez de faim.

L’horizon du peuple congolais s’assombrit au jour le jour. Nos concitoyens meurent tous les jours de maladies, de faim, de chagrin et surtout d’exactions. Bras ballants nous assistons collégialement à ce spectacle sordide. Cette douloureuse réalité doit nous interpeller car le Rubicon a été franchi. Nous sommes à un point de non retour.

Il leur a fallu 34 ans de dictature pour découvrir qu’ils ont dégradé la valeur travail, les mœurs, et tout ce qui faisait la fierté du peuple congolais. Ils reprendront les mêmes et recommenceront tant ils ont ancré en eux le gène de la médiocrité. Ainsi le désastre continuera.

Les récentes nominations familiales teintées de tribalisme et de copinage dans une république bananière notamment à la SNPC n’augurent rien de bon pour la suite. La révocation de certains magistrats qui payent leur indépendance vis à vis du pouvoir tyrannique en place est un énième coup de poignard infligé à une institution judiciaire déjà tant décriée. L’histoire leur rendra justice. Le seul enjeu politique de toute cette mascarade c’est de mettre en place des magistrats à la botte du régime en vue des procès politiques à venir. Ils ne veulent pas renouveler l’expérience du procès Ntsourou car « chat échaudé craint l’eau froide ».

Tous ces états de fait ridiculisent notre pays. Ainsi, il nous revient non pas seulement de les dénoncer mais aussi d’y mettre fin à travers la lutte de libération du Congo-Brazzaville que nous menons.

Comme disent les Américains « The game is over » (le jeu est terminé). Maintenant vous savez ce qu’il vous reste à faire. Dans pareil cas, le leadership sera contextuel car je ne doute pas de la capacité de mes compatriotes de l’intérieur à canaliser une révolution salutaire pour tous. Chaque Congolais a une voix qui porte et compte. Par ailleurs, il n’y a pas d’homme providentiel.

Sans repère ni vision, le Titanic congolais tangue au gré des marées. La récente sortie médiatique sur les réseaux sociaux du Caporal chef Ferdinand Masson montre l’étendue de la fracture entre le peuple congolais tout entier uni et ces usurpateurs du pouvoir rentrés à la magistrature suprême par effraction et par la force des armes. Cela a permis « de terroriser les terroristes » comme disait l’autre. Désormais le tyran est un homme seul et ses heures ne sont plus que comptées.

Les mesures d’assainissement d’une économie délabrée ne peuvent se résumer qu’à remplir la maison d’arrêt de Brazzaville comme jamais auparavant pour des atteintes à la sûreté de l’état et des crimes économiques des sbires alors que les gros bonnets traînent et trônent encore au gouvernement ou la tête des grandes administrations. C’est à ne plus rien comprendre et ceci traduit bien un terrorisme d’État.
Nous n’avons pas les moyens d’organiser légalement une conférence internationale sur le Congo-Brazzaville si la France, notre éternel parrain mafieux, ne donne pas son onction. Les règles de la finance ont fait place nette aux droits de l’Homme. Rêver c’est bien, mais se lever pour réaliser ses propres rêves c’est mieux.
Comme disait Roland Barthes : « Le refus, c’est un don. » Notre don à la cause de la patrie pour sauver le peuple congolais du naufrage collectif. Notre détermination à vaincre cette dictature est plus qu’intacte et personne n’y pourra rien car notre victoire est proche. Cette situation n’est plus tenable car les Congolais se muent en spectateurs de leur propre destruction. Mais, c’est à l’aune des situations graves pour notre pays que nous devons retrousser les manches.
Le Congo a plus que jamais besoin d’une Nouvelle offre.

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

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