DIASPORA, Justice, Politique, Société

Congo-Brazzaville : crimes de CHACONA, levons l’équivoque.

Par : Alexis R. MIAYOUKOU.

 

Plusieurs publications sur les réseaux sociaux évoquent avec raison le phénomène des BB noirs qui s’est développé à Brazzaville. Ces écrits ont le mérite d’engager le débat sur la folle criminalité qui sévit dans notre pays. Cependant, certaines approches du phénomène des BB noirs, véhiculées ci et là, ne peuvent laisser indifférent tout esprit objectif et avisé.
Au prime abord, il faut lever l’équivoque. Les jeunes assassinés au commissariat de Chacona ne sont nullement des BB noirs. Ce sont de jeunes arbitrairement arrachés à la vie. Je pense que cela s’entend sans peine.
Cela dit, ci-après mes remarques principales.

1- Je laisse de côté toute considération épistémologique sur le concept même de “faits sociaux”.
Malgré que la période d’émergence du phénomène BB noirs (il y a 5 ans) et son expansion , soit géographiquement et historiquement bien cernée, certains de nos compatriotes construisent des raisonnements généralistes en refusant de pointer l’origine réelle de ce mal. C’est regrettable.
Des analyses absurdes foisonnent mais restent simplement hors du contexte congolais. En l’occurence, les facteurs sociologiques qui nourrissent la délinquance juvénile dans toute société en dérive sont bien connus et sont les mêmes pour d’autres pays d’Afrique, d’Europe ou d’ailleurs ( cas par exemple des jeunes des favelas au Brésil).

3- En tout cas, mauvaise analyse, mauvaise solution. On ne peut isoler le problème des BB noirs de son contexte politique.

4- OUI ! Les BB noirs sont au départ une création des réseaux policiers du pouvoir en place qui n’ont pas hésité à mobiliser des jeunes gens ( chefs de bandes) dans les quartiers nord de Brazzaville pour des basses besognes, juste après l’opération “Mbata ya Bakolo”.
5- On a ainsi vu apparaitre dans Brazzaville, des jeunes habillés de tee-shirts noirs sur des B.J de police. Ils ont depuis pris la liberté de commettre des actes répréhensibles en toute impunité.L’ excroissance de ces bandes devenus quelques années autonomes constituent les fameux BB noirs.
Tout a changé, après, quand arrive le temps des vaches maigres pour les finances publiques sous le poids de la fameuse guerre du Pool.
On ne peut l’ignorer. Le pouvoir envisageait par ce moyen de contrer et de mater toute vélléïté de révolte populaire dans les quartiers en préparation du passage en force constitutionnel; Les jeunes proches de l’opposition étant les plus visés.

6- Souvenons-nous, des attaques du domicile de Mierrassa et des autres descentes où on constatera que JF Ndenguet utilisait désormais des jeunes pratiquants des arts martiaux dotés d’armes blanches (couteaux, machettes…). La bande du triste député Eydebert Mouhani…etc.

7- Je n’entend pas renier les conséquences diverses des difficultés sociales et de l’abandon d’une jeunesse désabusée. Je souhaite vivement que tous les compatriotes comprennent que la question des BB noirs est tout autre chose qu’un phénomène social ordinaire.
Ce phénomène a été créé de toute pièce et amplifié par le régime en place. Que leur monstre leur échappe, ils ne peuvent échapper à leurs responsabilités.
Ayons l’honnêteté de l’analyser comme tel.
Merci pour la volonté partagée d’échanges fructueux.

Alexis R. MIAYOUKOU.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*