DIASPORA, Justice, Politique

Congo-Brazzaville : « Le génocide des Laris au Congo », une fiction de mauvais goût.

Par:   Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Oui, je m’insurge contre la machine à diviser. Non à la division, oui à l’unité nationale.

A l’heure où tous les congolais patriotiques s’ingénues à mettre un terme à la dictature qui sévit au Congo-Brazzaville, certains intellectuels se sont retrouvés à Genève en Suisse le 12 octobre 2018 pour déblatérer sur « Le génocide des Laris au Congo », édition l’Harmattan 2016.

« Le génocide est une destruction méthodique d’un groupe humain ». L’extermination des juifs par les nazis est un génocide. Par ailleurs, « Un génocide est un crime qui consiste en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe,… ».

Il serait aberrant de nier que le département du Pool dans son histoire a payé un lourd tribut depuis l’indépendance du fait de l’absurdité de certains politiques congolais qui ne se maintiennent au pouvoir que par la force des armes. Néanmoins cette mascarade a eu lieu aussi grâce à la complicité tacite de certains ressortissants du Pool. Ces derniers ont trouvé dans ce chaos du Pool un ascenseur social au détriment de nombreux morts et des déplacements de populations meurtries.

Depuis 2015, année funeste de changement à marche forcée de la constitution de 2002 , le peuple congolais dans son ensemble a pris la résolution de mettre un terme à cette opposition systématique et stérile entre les Congolais du Sud et ceux du Nord. Il travaille ensemble main dans la main pour retrouver une unité nationale perdue pour des intérêts privés égoïstes, familiaux et claniques.

Oui, je suis Lari, mais Congolais d’abord car le département du Pool fait partie intégrante du Congo-Brazzaville.

Les récents événements ayant frappé le département du Pool nous ont révélé qu’il s’agissait d’un jeu politicien de dupes entre Sassou et le Pasteur Ntumi, les deux frères siamois du gangstérisme politique congolais. Le but ultime étant le partage du pouvoir en terrorisant les paisibles habitants du Pool.

Il est temps de penser au peuple congolais qui souffre. D’autres, telles des hôtesses de l’air s’envolent faire le tour du monde pour des résultats inexistants concernant notre pays. Le Congo-Brazzaville est un pays béni des Dieux. Alors, il est impensable que la redistribution des richesses ne se fasse que sur de bases tribales et courtisanes.

Le peuple congolais veut avancer afin de construire une société équitable dans laquelle chaque citoyen aura sa chance et les opportunités de réaliser ses rêves sans être entravé par la police politique. Il n’y a pas de développement sans état de droit ni de justice sociale.

L’Afrique centrale doit retrouver ses lettres de noblesses. Le départ de certains dictateurs s’amorce et cela ne saura tarder pour le Congo-Brazzaville.

Tribaliser le débat politique au Congo-Brazzaville en le résumant au seul « génocide des Laris au Congo » fait le jeu du dictateur. Les intellectuels congolais ne doivent pas faire le jeu des extrémistes, mais participer à la reconstruction et à l’unité nationale car quoi qu’il en soit, nous Congolais sommes condamnés à vivre ensemble. La maison d’arrêt de Brazzaville n’est pas rempli que des Laris et l’un des illustres d’entre-nous, le Général Jean-Marie Michel Mokoko, enfant du Nord, s’y trouve.

Ceci n’est qu’une source de division et de dispersion de notre combat contre la dictature de Sassou. Même s’il y a eu génocide, il ne doit pas seulement qu’interpeller les ressortissants du Pool car tout être doté d’une conscience s’indigne devant toute barbarie. Organiser ces débats entre-soi a quelque chose de malsain. C’est la guerre des ego dans une situation en manque de leadership. Les temps changent et il faut changer avec son temps.

Certains caciques de la région du Pool ne se sont jamais indignés de cet état de fait. Mieux, d’autres ont préféré aller livrer des sacs de riz et des bidons d’huile alors que leurs électeurs se faisaient massacrer, préférant ainsi aller faire allégeance à l’homme de Mpila pour des subsides. Des prises de positionnement politique à l’heure où les problèmes constitutifs de la crise congolaise se doivent d’être réglés de manière transversale.

Les mots ont un sens. Parfois mal les utiliser peut desservir notre propre cause aussi louable soit-elle. Notre pays souffre de la malgouvernance qui concerne toute la population congolaise sans exclusive. Le bien être des Congolais n’est pas la priorité de ce gouvernement en dehors de son enrichissement illicite.

Le Pool n’a connu que guerre, famine, calomnie qu’aucun leader local n’a su résoudre. Il est temps que la résolution de ce problème soit globale avec la participation de tous les Congolais. Les extrémistes sont de retour et nous n’adhérons pas à cette cause.

La politique de la terre brûlée, de la victimisation a fait du tort à notre pays. Ensemble relevons le débat pour un Congo uni, réconcilié et prospère. Aucun congolais n’est épargné par la situation catastrophique du pays.

C’est Albert Camus qui disait « Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde ». « Le génocide des Laris au Congo » est une fiction de mauvais goût que l’auteur aurait pu nous épargner.

Que vive le Congo, que vive l’unité nationale. Et le dialogue national inclusif est et reste la seule voie de salut pour notre beau pays le Congo.

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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