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Congo-Brazzaville : Quand un gouvernement immoral s’attaque aux fonctionnaires

Par : Jean-Claude BERI

A l’occasion de son dernier conseil des ministres du 06 Octobre dernier, le gouvernement s’est lancé dans une sorte d’opération de conscientisation des fonctionnaires publics. Celle-ci orientée exclusivement sur la chasse des fonctionnaires absentéistes à leur poste pendant les heures du travail. Certes c’est un droit inaliénation la déclaration du gouvernement dans laquelle elle demande exige du professionnalisme et la rigueur au Travail pour un tant soit peu faire face à la crise économique et financière que traverse le pays. Derrière cette déclaration, c’est toute une bonne partie de la société congolaise qui manifeste son ras-le-bol face à l’attitude du Gouvernement qui ne peut pas faire face, selon elle, aux problèmes sociaux de ses citoyens. Trop de promesses non tenues ont fini par lasser. Des actions et non des promesses, voilà ce qu’attendent les travailleurs et retraités. Qui culmine plus de 14 mois sans pensions de retraites. Cette mesure est prise comme un affront devant l’in exemplarité du gouvernement lui-même devenu le générateur des antivaleurs en crée une société ou l’impunité est la règle. On s’empresse de fustiger 56 fonctionnaires pris dans un piège de délation orchestré par un gouvernement qui joue au voyant aveugle ne peut être recevable que si le gouvernement s’attaquait aux vrais maux qui minent la fonction publique et surtout la société congolaise. Or il se trouve nous sommes dans une situation du voleur volé.

Sans pour autant vouloir descendre dans les caniveaux pour épingler ces gouvernements successifs depuis près de20 ans sont responsables de la situation dégradante de la fonction publique. Absence de volonté, excès de zèle, laisser-aller, salaires impayés, Retraités maintenus en poste mais sa signification de mise en retraite, favoritisme des uns et brimades des autres, fonctionnaires fictifs accumulant plusieurs salaires bref…Notre pays, pillé est plongé à plus de 110% de dette curieusement quelques faux politiciens se réveillent et se rejettent la balle oubliant qu’ils ont été à la tête de cette machine infernale à fabriquer les déficits

L’administration congolaise est devenue un gigantesque défouloir de tout. Les usagers sont traités avec la plus inqualifiable des attitudes désinvoltes qui soit, sans que cela n’interpelle les autorités. Les relations entre les Congolais et leur administration sont devenues tellement sombres que seules les personnes les plus initiées aux méthodes de « l’ethnicisme », du régionalisme, du clanisme, du clientélisme, du forcing, et armée d’un soutien puissant pour réussir avec succès le parcours dans les dédales de la fonction publique congolaise.

Comment un gouvernement qui se dit engager pour aider les fonctionnaires congolais à rendre un travail efficience cultive par ailleurs  des opérations de dénigrement de ce même fonctionnaire. Lorsque Sassou préfère des médecins cubains, des agriculteurs brésiliens, des produits alimentaires importés, les artisans chinois même pour construire des toilettes publiques urbain.   Comment voulez-vous rendre attractif le travail des fonctionnaires qui se sentent délaisser dénigrer par leur gouvernement. Lorsqu’un gouvernement se décharge de ses responsabilités régaliennes premières à savoir : l’amélioration des conditions de travail des fonctionnaires dans les lieux de service, le paiement des salaires attractifs et réguliers, le résultat ne peut que être que déficient.  Ce gouvernement s’est employé depuis 20 ans à diviser les congolais sur le lieu de travail par un favoritisme insolent en imposant dans personnes incompétentes au poste à responsabilité.

Il semble que les officines de la politique déshumanisante en vogue depuis belle lurette au pays se mettent déjà en branle pour dessiner les futurs contours de ce que sera demain la nouvelle manière d’avilir, d’appauvrir encore plus le citoyen congolais. Feignant d’être amnésique, le politique congolais oublie aujourd’hui de penser à apporter sa contribution sociale, économique et culturelle aux différents maux de notre société, préférant tourner le regard ailleurs alors que la maison Congo se fissure au jour le jour La question de l’absentéisme  lancée par ce gouvernement  ne cesse de plomber la situation politique et sociale du Congo. Entre les vrais coupables, les faux coupables et surtout les fusibles qui sont rapidement présentés au peuple et incriminées, le compte n’y est pas. On est loin de dire que la situation est détendue. « La politique d’effet d’annonce pour amadouer un auditoire qui ne croit plus en vos promesses jamais honorées est une preuve de plus que l’indécence politique des dirigeants congolais a atteint un paroxysme décadent qui noie le gouvernement congolais dans son propre mensonge.»

Au Congo, chaque mois, nous avons notre lot de désolation et des actes irresponsables commis par nos gouvernants qui sont censés être des modèles d’exemplarité. Et cela ne va qu’en s’empirant parce que la règle d’or consiste « à placer l’homme qu’il ne faut pas à la place qu’il faut ». Ou encore le règne de la médiocratie érigé au sommet de l’état. Le Congo ne doit pas se transformer en « Ripoucratie ».

Alors qu’on attendait ce gouvernement de lutter contre la corruption dans les hautes sphères de l’État, il veut nous convaincre avec la lutte contre l’absentéisme au travail. Cela n’est une pirouette à la sassou.

En tout cas la situation observée actuellement un peu partout dans tout le pays, donne tristement raison aux arguments brandis par certains observateurs qui visitent notre pays et qui remarquent justement que ; « les congolais ne s’aiment pas »; « les congolais aiment faire la fête au détriment de s’investir sur l’avenir » ;  « les congolais sont tous corrompus  »; « ils aiment  le pouvoir pour le pouvoir sans une ambition collective ». La liste est longue de ces remarques qui fleurissent sans cesse sur l’image d’un pays à la dérive. Qui favorise cette dérive ????

Comme je l’ai déjà dénoncé en 2010: « La société congolaise est une société à l’abandon, en perpétuelle usure morale et décrépitude. Le constat est alarmant et très inquiétant. C’est une société congolaise fragmentée en mal d’ambition collective qui se dessine chaque jour en creusant progressivement une atmosphère soupçonneuse et désarmante. Cette situation, connue de tous,  provoque aujourd’hui un sentiment de repli sur soi, une volonté manifeste de se protéger de l’autre avec en toile de fond un sentiment sous-jacent d’injustice.  Désormais, ceux qui respectent la loi sont parfois moins bien  traités que ceux qui la bafouent quotidiennement. L’émergence d’un sentiment de « Racisme social » voit le jour mettant en concurrence les Congolais non pas pour faire éclater l’excellence au travail, mais bien pour encourager la frustration et la médiocrité. » (1)

(1) http://www.dac-presse.com/actualites/a-la-une/politique/826-la-societe-congolaise-en-manque-de-vision-collective-.html

Jean-Claude BERI

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