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Congo-Brazzaville : La libération du peuple congolais.

Congo-Brazzaville : La libération du peuple congolais.

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

C’est une ode à la révolte avant que le peuple congolais ne disparaisse. L’heure de la délivrance a sonné.

Tout le Congo-Brazzaville est malade et cette maladie s’appelle la dictature. Un drame épouvantable est en train de se jouer en ce moment : vivre ou mourir.

L’existence du peuple congolais est devenue fantasmatique et onirique à défaut de vivre dans le réel. Les Congolaises et les Congolais passent leur temps à rêver de liberté et le soulèvement général n’est plus qu’une question de temps pour exprimer un ras le bol généralisé. Nous voilà partis en dissidence.

Les départs par le peuple souverain des Présidents despotes d’Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, d’Alpha Condé de la Guinée Conakry et la mort d’Idriss Déby Itno du Tchad, ont submergé notre subconscient pour nous faire comprendre que tout est possible. Nous devons exiger le départ des tyrans qui gouvernent le Congo-Brazzaville et nous devons le faire. La coopération de la Centrafrique avec la Russie apporte un peu de fraicheur au niveau de l’Afrique centrale. Les ennemis des Occidentaux ne sont pas forcément les nôtres Et nos Chefs d’États ne doivent agir qu’en tenant compte des préoccupations de leur peuple.

Allons-nous utiliser la violence comme seul mode de libération ? Si tel est le cas, personne ne sera épargnée, les enfants, les filles, les garçons, les vieux, les vieilles, les femmes ainsi que les hommes : c’est affreux. Mais nous devons extirper la bête immonde. « Ce que la violence t’a fait gagner, une violence encore plus grande te le fera perdre. » disait Gandhi.

La violence est notre dernière ressource vitale, la seule arme vitale qui nous reste quand nous sommes menacés de disparition. C’est de l’auto-défense pour se faire une place dans ce monde. C’est l’oppresseur qui détermine l’arme de l’opprimé. Le dictateur nous montre le chemin à suivre pour notre libération, celui de combattre la violence par la violence. En paraphrasant Gandhi, je dirai : « Peuple congolais vous devez le changement que vous voulez voir dans ce monde. » L’on ne peut pas changer les gens. Ce qu’il faut changer c’est l’importance, la considération qu’on accorde à son peuple et qu’il ne mérite plus de vivre dans une telle misère.

Aucun intellectuel engagé digne de ce nom ne pourrait proposer au XXIème une pareille alternative. Mais que faire devant une dictature, la privation de liberté pour atteinte à la sureté de l’État, le manque de nourriture, d’eau, d’électricité, des soins de qualité, d’éducation pour notre jeunesse née dans cette catastrophe, d’infrastructures de base permettant le bien-être du peuple congolais. Il en va de soi que nous en discuterons en bonne intelligence.

La haine des dirigeants congolais Mbochis envers le peuple congolais qu’il déshumanise quotidiennement à longueur de journée est inacceptable. Ils ont fait des Laris du Pool des Juifs congolais, des citoyens de seconde zone comme au cours de la seconde guerre mondiale avec Adolf Hitler, par des assassinats de masse, des déportations, des massacres des populations, des privations de liberté et de circulation dans le Pool. L’affaire des 353 disparus est toujours pendante et un jour le peuple congolais sera édifié sur les circonstances tragiques de cet événement qui en font un crime contre l’humanité passible de la Cour pénale internationale (CPI). L’apothéose macabre c’est l’assassinat du Cardinal Émile Biayenda et du Président Alfonse Massamba-Débat qui n’a même pas jusqu’à ce jour de sépulture digne de son rang ; Ils ont créé un fâcheux précédent en établissant la hiérarchie des tribus. « Se taire est pire encore ; toutes les vérités tues deviennent vénéneuses.” Friedrich Nietzsche.

À défaut de mieux, le spectre d’une deuxième guerre civile plane sur le Congo-Brazzaville. La première guerre civile du 05 juin 1997 qui avait fait 400 000 morts a laissé des séquelles incommensurables au point d’engendrer des troubles psychiques chez certains d’entre nous. Cette souffrance psychique palpable est rattachée à notre histoire. La résilience, la reconstruction après un traumatisme ne se fera qu’après la reconnaissance des victimes. Nul ne peut se construire dans l’indifférence générale qui est un mal encore plus grand. Notre devoir est de faire renaitre la dignité des femmes et des hommes humiliés qui sont asséchés du dehors comme en dedans.

Si le Congo-Brazzaville doit être libre, nous devons aller chercher notre propre liberté, nous n’avons rien à quémander. Certains d’entre nous sans foi ni loi, corrompus par les puissances coloniales insatisfaites, impatientes, notamment dans l’armée congolaise sont prêts à faire des coups d’État pour le maintien du peuple sous la domination néocoloniale.

Notre combat sera long et impitoyable. Comme le disait Goethe : « A partir du moment où l’on s’est engagé définitivement, la providence entre alors en scène. Toutes sortes de choses se produisent qui, autrement, ne se seraient jamais produites. De la décision jaillit un flot d’événements qui déterminent en votre faveur quantité d’incidents, de rencontres et d’appuis matériels imprévus qu’aucun homme n’aurait pu imaginer. Ce que vous pouvez faire ou rêver de faire, commencez à le faire. L’audace est porteuse de génie, de puissance ou de magie. Commencez dès maintenant. » Il y va de notre capacité à réagir devant tout ce que nous condamnons.

Debout les damnés de la terre, debout les forçats de la paix, vous ferez l’histoire car vous êtes déjà dans l’histoire. À la libération ce sera l’euphorie. Nous refusons d’être ce que l’on attend de nous, Vilis, Bakongos, Laris, Téké, Mbochis… Nous ne sommes que des Congolaises et des Congolais qui aspirent de vivre dans une harmonie, la concorde nationale et dans une paix qui résulte de la bonne entente de l’union des bonnes volontés.

À partir de ce jour, la dictature du Congo-Brazzaville ne dormira plus d’un sommeil profond jusqu’à notre libération. La nuit tous les chats sont gris. Nous n’allons pas déserter et abandonner le peuple congolais en rase campagne. Nous n’allons pas renoncer à ce combat car c’est un devoir patriotique. Nous ne trahirons jamais notre idéal hérité de nos ancêtres, celui d’un Congo uni et libre. Que cela soit répété partout où nécessaire et compris.

Nous ne voulons pas être les appelés de la dernière heure, les experts après coup ou les médecins après la mort.

La promesse de la libération a été faite et elle va se réaliser.

Le projet de société de gouvernement de la nouvelle société congolaise est prêt.

Nous invitons chaque Congolaise et chaque Congolais de faire son introspection afin de savoir si les conditions actuelles dans lesquelles ils vivent sont tenables, dignes d’un État de droit et conformes à une démocratie vivante.

Frantz Fanon disait : « Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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