DROIT, Justice, Medias, Politique, Santé, Société, Tribune libre

Congo-Brazzaville : Le cas de l’opposant Paulin Makaya nous interpelle tous !

Congo-Brazzaville : Le cas de l’opposant Paulin Makaya nous interpelle tous !

Par  : Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Pourquoi tant de haine ? 

La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 stipule dans ses deux premiers articles : 

  • Article premier : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. 
  • Article 2 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. » 

Fort est de constater que monsieur Paulin Makaya citoyen Congolais et Anglais, ne jouit d’aucun de ces droits.

Homme politique congolais, le sieur Paulin Makaya vit un calvaire depuis son refus de changement de la constitution de 2002. Humilié, embastillé, incarcéré dans les geôles insalubres du Congo-Brazzaville, ce dernier tel un roseau pli mais ne rompt pas, fidèle à ses idées politiques. Il est droit dans ses bottes, croit en un Congo-Brazzaville uni, débarrassé de tous les parasites nuisibles Mbochis de l’axe Ollombo-Oyo et Boundji qui vivent au crochet de l’État congolais depuis des lustres et règnent en Maitres de céans de notre pays avec les résultats catastrophiques, désastreux que nous connaissons.

Nous savons tous que monsieur Sassou Nguesso est un tyran qui ne doit sa toute-puissance qu’à sa police et à son armée quasiment composées de Mbochis aux postes de commandement. Dorénavant, il convient de parler d’un démagogue politique. Aux grands maux, les grands remèdes. Il est le seul Président dictateur au monde à craindre sa population.

Quand les organisations des droits de l’homme du Congo-Brazzaville parlent d’État de droit cela prête à sourire. Cela participe à la cacophonie ambiante qui règne dans ce pays. Nous ne pouvons ignorer qu’ils risquent leur vie. Mais, il serait plus juste de dire que le Congo-Brazzaville est l’une des dictatures les plus féroces de ce XXIème siècle, dans laquelle le Chef de la junte militaire au pouvoir incarne tous les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et contrôle des médias nationaux qui vantent à longueur de journée les méfaits d’un homme sans foi ni loi, qui a le droit de vie ou de mort sur toutes les Congolaises et tous les Congolais dans une prison à ciel ouvert.

La Grande-Bretagne, la seconde patrie de monsieur Paulin Makaya, est une habituée du double jeu d’où son nom de « Perfide Albion » du fait de ses actes présumés de duplicité et de trahison. Comme la France, la Grande-Bretagne se couche le soir devant le paillasson de notre dictateur en espérant faire des affaires. Le matin venu, elle se drape d’habits blancs de défenseuse des droits de l’homme. Cette duplicité ancestrale de la Grande-Bretagne vis-à-vis de ses ressortissants Noirs détenus arbitrairement à l’étranger nous donne de la nausée.

Ce Général Mbochi avait raison de se poser la question de l’avenir des Mbochis au Congo-Brazzaville, car un territoire de 342 km², Oyo, ne peut pas dicter sa loi à toute une république de 342 000 km².

La république des Mbochis au Congo-Brazzaville choisit ses opposants. C’est ainsi que ces derniers moyennant quelques subsides se taisent devant ce qui est une injustice flagrante faite à monsieur Paulin Makaya du seul fait qu’il est un ressortissant du Pool. Être du département du Pool est un handicap dans la vie au Congo-Brazzaville en dehors de quelques traîtres grassement rétribués. En même temps, certains opposants circulent « librement » sous l’œil vigilant de la milice politique digne des « tontons macoutes » des Duvalier Père et Fils.

Où est le Chef de l’opposition congolaise choisie, monsieur Pascal Tsaty Mabiala, le petit télégraphiste d’Oyo de monsieur Sassou Nguesso ? Idem pour les autres opposants dont ceux de la Fédération de l’opposition congolaise qui ne se focalisent que sur les déclarations des biens des membres du gouvernement illégitime alors que nous sommes dans une dictature. L’essentiel de notre combat est le retour d’un État de droit au Congo-Brazzaville, tué dans l’œuf par la guerre civile du 5 juin 1997 qui fit 400 000 morts soit un dixième de la population congolaise. Le traumatisme est énorme et le peuple congolais n’a toujours pas encore fait son deuil ni sa résilience faute de reconnaissance du drame qu’il a vécu.

Des Congolaises et des Congolais sont morts et ne reviendront jamais à la vie. Alors que certains hommes politiques morts ont été ressuscités. C’est Winston Churchill qui disait : « On ne peut être tué qu’une seule fois au combat, mais plusieurs fois en politique. »

Qui avait dit : « J’insiste pour dire que lorsque la constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l’accepter. Partout ailleurs en Afrique où les dirigeants se sont permis des méprises sur ces questions, ces dirigeants ont plongé leur peuple dans les drames que nous connaissons. J’appelle, je lance un appel à tous les dirigeants de ce pays, au Président de la république pour que la paix et l’unité nationale ne soient pas mises en danger… » Alors que reproche monsieur Sassou Nguesso à monsieur Paulin Makaya ? De Jean de la Fontaine, nous retiendrons que : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. »

Monsieur Sassou Nguesso n’a jamais fait sa mue de dictateur socialiste à démocrate. « Le cafard a beau se rouler dans la cendre, le coq le reconnaît toujours. » dit un proverbe africain. La violence politique y compris les assassinats politiques sont son credo pour se maintenir ad vitam aeternam au pouvoir. C’est le terrorisme politique. Tel un paon, il déploie son plumage devant ses courtisans tous acquis à sa cause et qui espèrent récupérer des miettes pour survivre. L’on se complaît dans ce chaos quand tous les indicateurs socio-économiques sont au rouge et le peuple crie famine.

J’interpelle Claudine Munari, Charles Zacharie Bowao, Marion Madzimba Ehouango, Pierre Ngolo, Clément Mierassa, Jean-Luc Malékat, Mathias Dzon, Théophile Obenga, Henri Lopes, Rodolphe Adada, Claude Alphonse Nsilou, Madame Émilienne Raoul, tous les démocrates et tous les opposants qui ont bénéficié des largesses de ce pouvoir tyrannique de sortir de ce silence imposé ou voulu afin de dénoncer le sort tragique que vit notre compatriote Paulin Makaya qui risque sa vie à tout moment. Si vous devez vous taire ce qui est votre droit, alors taisez-vous à jamais ! Le jugement de l’histoire sera sévère et sans concession pour vous. Monsieur Paulin Makaya est le prisonnier politique personnel de monsieur Sassou Nguesso qui a la dent dure contre les ressortissants du Pool. « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier. » disait Martin Luther King.

La politique au Congo-Brazzaville c’est « Chacun pour soi, Dieu pour tous. » Ceux qui se terrent aujourd’hui se condamnent eux-mêmes pour l’avenir. 

Nous avons le droit d’analyser froidement la situation politique chaotique ensanglantée de notre pays, notre histoire commune. Mes propos ne sont pas teintés d’un quelconque relent tribaliste ni régionaliste, mais reflètent la réalité quotidienne que vit le peuple congolais. Je ne suis que cet artisan modeste des cathédrales, qui apporte obscurément sa pierre à l’édifice auguste que je ne verrai peut-être jamais.

Monsieur Isidore Mvouba, Président de l’Assemblée nationale, et ses députés, des élus du peuple mais en réalité nommés et au service d’une des dictatures les plus cruelles du XXIème siècle sont aux abonnés absents.

Les rodomontades de Jean-Yves Le Drian ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France à monsieur Sassou Nguesso sur la libération des prisonniers politiques tels que le Général Jean-Marie Michel Mokoko et le Ministre André Okombi Salissa ont été un coup d’épée dans l’eau afin d’amuser la galerie. Pour la France, le pétrole congolais vaut que l’on sacrifie les droits de l’homme au Congo-Brazzaville. C’est la Realpolitik (politique réaliste) qui est « la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l’intérêt national. » Autant se le dire que notre salut ne viendra jamais de la France, ancienne puissance coloniale.

Nous avons honte de notre pays pour ce qu’il est devenu. Mais seul Dieu et la patrie nous survivrons. Nous ne demandons pas un geste humanitaire à notre despote, ce serait lui accordé trop d’importance. Nous exigeons ce que les hommes politiques civilisés font en déliant les chaines qui entravent les mains, les pieds et surtout les cerveaux de leurs concitoyens.

Il est temps de renverser la table, car au Congo-Brazzaville le mal perdure depuis la nuit des temps.

C’est Confucius qui disait : « La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le bien du mal. »

……………..

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 

Laisser un commentaire