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Congo-Brazzaville : Le Combat du peuple congolais contre le dictateur, le Général de corps d’armée Sassou Nguesso. 

Congo-Brazzaville : Le Combat du peuple congolais contre le dictateur, le Général de corps d’armée Sassou Nguesso.

Congo-Brazzaville : Le Combat du peuple congolais contre le dictateur, le Général de corps d’armée Sassou Nguesso.

Par  :   Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

La première leçon bien apprise par le Général de corps d’armée Sassou Nguesso est cette phrase du Général Charles de Gaulle qui disait lors de son discours du 30 janvier 1944 à la Conférence de Brazzaville : « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies écartent toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’empire : la constitution éventuelle, même lointaine, de self-government dans les colonies est à écarter. » C’est la phrase fondatrice de la Françafrique, une néocolonisation de l’Afrique noire par la France avec l’appui de ses nègres locaux qui écarte toute autonomie de l’Afrique noire française. Nous y sommes !

Le peuple congolais en a marre du Général de corps d’armée Sassou Nguesso and Co, et souhaite illico presto leur départ du pouvoir.

Les jeunesses africaines conscientes congolaise accompagnée de celle du Gabon sont allées houspiller le sieur Sassou Nguesso, Général de corps d’armée dans la capitale française au Bristol, un hôtel parisien 5 étoiles à Paris, lui qui était venu parler de Paix, une Paix inexistante au Congo-Brazzaville. Cette jeunesse crie son désespoir de voir les Congolaises et les Congolais mourir sous le joug de la dictature, et surtout quand cela la touche de près.

Fuyant les odeurs pestilentielles des ordures qui jonchent les villes du Congo-Brazzaville hormis son village Oyo devenue de facto la capitale politique du Congo-Brazzaville, le Général de corps d’armée aime se réfugier dans des beaux hôtels 5 étoiles ou des palaces du monde en s’enivrant au champagne avec ses sbires quand le peuple congolais n’a même pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de soins  médicaux de qualité, une gestion catastrophique de la pandémie de la Covid-19 qui décime les Congolaises et les Congolais sous l’indifférence nationale et internationale.

La Covid-19 est devenue la nouvelle arme pour la dictature de décimation massive des Congolaises et des Congolais démunis devant une situation sanitaire dégradée. C’est criminel et ce crime ne restera pas impuni. Tôt ou tard, tous ceux qui ont pris part à la gestion de cette pandémie de la Covid-19 devront rendre des comptes devant toute la nation congolaise.

Le Général de corps d’armée Sassou Nguesso se barricade dans son château avec des mesures barrières drastiques et des contrôles exagérés des membres du personnel de la Présidence de la République du Congo. Pendant ce temps la prise en charge des malades congolais de la Covid-19 laisse à désirer. Quand les États Unis d’Amérique (USA) vaccinent 900.000 enfants de 5 à 11 ans en 4 à 5 jours, la vaccination contre la Covid-19 patine au Congo-Brazzaville avec des vaccins dont personne n’a pu tester l’efficacité, dons des pays amis du Congo-Brazzaville.

L’attitude désinvolte de monsieur Emmanuel Macron, Président de la république française, qui invite des dictateurs africains à l’instar d’Ali Bongo Ondimba du Gabon et du Général de corps d’armée Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville pour parler de Paix à Paris est un autre pied de nez fait à tous les intellectuels africains. En se comportant comme le patron des patrons des Présidents africains qui ne sont que ses valets, monsieur Emmanuel Macron est dans la droite ligne de la Françafrique pour laquelle le business passe avant les droits de l’homme. En France dans la même logique vis-à-vis de ceux qui ne sont rien, les Gilets jaune se sont rappelés à lui en lui faisant comprendre que la richesse doit être équitablement partagée entre toutes les citoyennes et tous citoyens d’un pays. Dans ces conditions nous ne devons pas nous étonner de la perte d’influence de la France dans ses anciennes colonies, ce que certains Français appellent le sentiment anti-français. Que nenni !

En plus de 60 ans de relation séculaire avec la France, il y a lieu de constater que le bilan de cette coopération qui est à l’avantage exclusif de la France et nulle pour le continent africain subsaharien. Le pillage à grande échelle dont se livre la France au Congo-Brazzaville avec une exploitation anarchique sans contrôle de notre manne pétrolière est l’exemple patent de l’existence de cette Françafrique mise en place par le Général de Gaulle avec la complicité de leur homme de main, le Général de corps d’armée Sassou Nguesso, qui défend les intérêts de la France au Congo-Brazzaville. Les bras m’en tombent. Comme si monsieur Emmanuel Macron défendait les intérêts des USA (États unis d’Amérique) en France ? C’est une perte complète des réalités qui confine à la schizophrénie.

Pendant ce temps, nos opposants notoires qui ont exercés des fonctions ministérielles et autres se terrent dans leur maison ou appartement en France, des biens mal acquis avec l’argent siphonné du trésor public congolais ou du pétrole congolais dans la plupart des cas, en espérant un jour un retour en grâce vis-à-vis de monsieur le Général de corps d’armée. C’est le silence de cathédrale pour dénoncer les méfaits de la dictature congolaise. Certains opposants n’arrivent pas à prioriser les objectifs en suppliant la dictature de construire des musées alors que le plus urgent est le retour à un État de droit. Qui trop embrasse, mal étreint. Où simplement c’est un manque de vision qui a conduit le Congo-Brazzaville là où il est aujourd’hui. Qu’attendre des opposants parisiens qui font des allers et retours entre la France et le Congo-Brazzaville sans être inquiétés ? C’est un manque de crédibilité connaissant la nature violente et féroce de la dictature congolaise.

Nous sommes cette génération des Congolaises et des Congolais qui a connu une gratuité de l’enseignement public depuis la maternelle à Javouhey en passant par l’enseignement primaire et secondaire jusqu’à nos études supérieures. Nous sommes le fruit de la générosité des travailleurs et des retraités congolais. Nous étions payés pour aller faire nos études universitaires avec des frais de scolarité dérisoire annuels de 1500 francs CFA et une bourse mensuelle de 25.000 francs CFA. Ainsi, il est tout à fait normal que nos travailleurs et nos retraités perçoiv​ent naturellement leur dû. Il est de notre devoir de faire que cela devienne une réalité. Ce n’est pas une aumône qu’ils demandent mais le fruit de leur travail. Rien que pour cela, nous avons une dette envers le peuple congolais.

Force est de constater que depuis que le Congo-Brazzaville a de plus en plus d’argent, les conditions d’études de notre jeunesse se sont considérablement dégradées avec des écoles privées dont les contenus pédagogiques laissent à désirer, certaines détenues par des membres du gouvernement congolais et qui servent à des véritables lessiveuses de l’argent sale.

Cette jeunesse désœuvrée, outrageusement politisée, sans colonne vertébrale, sert de faire valoir à des politiciens véreux qui les incitent à vanter les méfaits d’un dictateur le Général de corps d’armée Sassou Nguesso afin d’avoir accès à de l’argent facile. La dépravation des mœurs et l’appartenance à certaines coteries contribuent également au délabrement de notre tissu social.

Autant dire pour paraphraser l’autre, que devant ce qui ressemble à une prédation de nos richesses communes, « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance congolaise ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

Nous avons vocation à participer à la gestion de notre pays. Le temps venu, nous devrions défendre les intérêts des Congolaises, des Congolais et non ceux de la France comme s’était engagé publiquement monsieur le Général de corps d’armée Sassou Nguesso lors d’une interview sur LCI avec un journaliste français au sortir de la guerre civile sanglante du 5 juin 1997 ; LCI, une chaîne de télévision française d’information en continu du groupe TF1. C’est un drame sinon une haute trahison dont la seule issue est la démission de celui qui profère des pareilles paroles. Le Congo-Brazzaville exsangue financièrement en ce moment-là, cela n’avait pas dissuadé le Général de corps d’armée Sassou Nguesso de prendre ses quartiers dans les hôtels 5 étoiles de la capitale française pour soi-disant garder le prestige du Congo-Brazzaville au niveau de la scène internationale. Cela se répétera plus tard au Waldorf-Astoria est un hôtel 5 étoile situé à New York, aux États-Unis, mondialement connu, où la délégation congolaise emmenée par le dictateur congolais avait pris ses quartiers lors d’une session onusienne avec du champagne hors de prix qui coulait à flot tout juste après l’accession du Congo-Brazzaville à l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté) avec à la clé l’annulation de la grande partie de sa dette extérieure auprès de ses créanciers du club de Paris, du Fonds Monétaire International et de la Banque mondiale. Les créanciers publics membres du Club de Paris, ainsi que le Brésil, avaient décidé le 18 mars 2010 d’annuler la totalité de la dette du Congo-Brazzaville à leur égard, soit 2,4 milliards de dollars, selon un communiqué de cette instance qui réunissait 19 des principaux pays industrialisés.

Nous n’avions pas tous su analyser en ce moment-là ces signaux faibles d’une mauvaise gouvernance. Quelques années plus tard le Congo-Brazzaville retombait dans les mêmes travers, mais cette fois-ci en truquant ses comptes publics pour cacher sa dette abyssale. Le Congo-Brazzaville devenait ainsi un État voyou (rogue state) aux yeux du monde entier, dépourvu de crédibilité sous la houlette du Général de corps d’armée Sassou Nguesso.

Avec une telle déférence envers la France comment ne pas s’étonner que ce pays devienne le paradis, la terre d’accueil des dictateurs africains. Vous pouvez massacrer votre population, mais tant que les intérêts de la France sont garantis dans vos pays, la France vous apportera son soutien inconditionnel. Dans ce contexte la France se place en receleur des richesses découlant des crimes de sang perpétrés en Afrique noire notamment au Congo-Brazzaville.

Il y a lieu de constater que la France est comptable de la mauvaise gouvernance en récompensant toujours ses Préfets mis en place depuis l’époque du Général Charles de Gaulle. Une néocolonisation qui a poussé les pays africains sous le giron français à tous faire faillite. Nous sommes en mesure de nous poser les bonnes questions en remettant en cause nos relations bilatérales avec la France en traitant d’égal à égal dans un deal gagnant gagnant. Le problème de la redevance pétrolière infime perçu par les Congolaises et les Congolais au profit de Total et Eni (société italienne privée d’hydrocarbures) est un sujet tabou toujours pendant. La diversification de l’économie congolaise doit s’accompagner de la diversification de nos partenaires dans l’exploitation de notre pétrole afin de faire des affaires avec les plus offrants et ceci dans l’intérêt du peuple Congolais. Les Américains, les Russes, les Britanniques, les Chinois et autres ont aussi la technologie pour extraire le pétrole. Nous avons le choix d’avoir des majors compagnies pétrolières soucieuses des intérêts de leurs partenaires. Aujourd’hui, il existe cinq majors compagnies pétrolières :

Royal Dutch/Shell est une compagnie anglo-néerlandaise née de la fusion entre Shell et Royal Dutch ;  

Exxon Mobil est une compagnie américaine issue de la fusion entre Exxon et Mobil ;  

BP est une compagnie britannique née de la fusion entre British Petroleum et Amoco ;  

Chevron est une compagnie américaine créée par fusion entre Chevron (ex-Socal) et Texaco ; 

Total est une compagnie française provenant de la fusion entre Total, Fina et Elf. 

Les pays africains des anciens territoires de l’Empire britannique, membres du Commonwealth ou Commonwealth of Nations (littéralement, la « Communauté des Nations ») une organisation intergouvernementale, s’en sortent mieux que ceux de la Françafrique ou de l’OIT (Organisation internationale de la Francophonie) les bras armés de la politique inique française en Afrique noire qui sèment la désolation et les pleurs des peuples africains. Donc nous pouvons faire autrement au niveau de nos alliances. Nous n’allons pas rester toute notre vie à la remorque de la France. Une indépendance totale signifie le choix de nos propres partenaires en fonction de nos besoins et intérêts. Il est temps de mettre fin aux élucubrations du Général Charles de Gaulle lors de son discours à la Conférence de Brazzaville du 30 janvier 1944.

La France, ancienne puissance colonisatrice, sous traite les guerres en Afrique noire alors que nous avons besoin de soins médicaux de qualité, d’une bonne éducation, des maternités, des écoles, des universités, d’une bonne alimentation au lieu des cuisses de poulet impropres à la consommation, des infrastructures de qualité, d’une bonne gestion des deniers publics, de la liberté d’expression et du respect des droits de l’homme dans des États de droit.

Se sentant menacée, la France recourt souvent à ce qu’elle sait faire de mieux, le financement des coups d’Etat par son bras armé Total afin de déstabiliser des régimes démocratiques comme ce fut le cas avec le Président Pascal Lissouba. En soulevant ce problème, nous sommes conscients que nous risquons une mort violente de la part de ceux qui veulent voir perdurer la souffrance du peuple congolais au profit de leur confort matériel garanti par la France. Mais nous ne sommes plus à une mort absurde pour le pétrole, la malédiction de l’or noir au Congo-Brazzaville, cette dictature ayant déjà dans le passé mise à prix nos têtes pour 1 million d’euros. Par ailleurs, nous n’avons rien à vendre donc l’on ne peut pas nous acheter. En tant que Congolaises et Congolais responsables, nous avons besoin d’un compromis entres les faucons et les colombes pour épargner des pertes humaines inutiles, et non d’une compromission.

Les Congolaises et les Congolais meurent comme des chiens dans les prisons de la dictature sans que cela n’émeuve nos intellectuels. Les massacres des Congolaises et congolais continuent et restent impunis dans ce régime totalitaire qui coûte que coûte veut se maintenir au pouvoir nonobstant leur échec manifeste dans la gestion de la chose publique. La société congolaise pervertie par la jungle militaire qui règne au Congo-Brazzaville a fait de chaque Congolaise et de chaque Congolais ses obligés au point que ces derniers sont devenus insensibles à la souffrance des plus pauvres d’entre nous. La fracture sociale est énorme entre les nantis du système PCT (Parti congolais du travail) et les laissés-pour-compte, ceux qui ne sont rien pour le pouvoir. Ce constat peu reluisant doit conduire à un soulèvement des masses populaires pour exprimer leur mécontentement devant une situation qui perdure depuis plus de 40 ans. Le peuple congolais doit prendre son destin en main.

Devant ce désastre, l’échec de l’ancienne classe politique est plus que patent.  Il est temps d’injecter de l’air frais dans le système pour faire autre chose que ce qui se passe maintenant.

Le paradigme de la politique au Congo-Brazzaville doit radicalement changer et cela est une nécessité si nous voulons faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain qui s’imposent à nous. Nous sommes pour un modèle cohérent qui tienne compte des aspirations du peuple congolais. L’on ne peut plus continuer à faire du neuf avec du vieux. « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s’accordera pas avec le vieux… »

De Georges Bataille nous retiendrons : « Ce qui, le plus violemment, nous révolte, est en nous. »

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 

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