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Congo-Brazzaville : le pire est à craindre.

 

Par  Jean-Claude BERI

 

Souvent critiquée à tort  pour sa passivité et son attitude proche de la soumission  absolue, la jeunesse congolaise est pourtant parmi la  plus instruite de la zone CEMAC. Son potentiel n’est plus à démontrer tant sa capacité à survivre dans les conditions les plus inimaginables surprennent plus d’un expert en la matière. Ce n’est pourtant pas  son point fort, c’est une jeunesse diplômée, ouverte sur  le monde et connectée à internet, mais ne trouve pas satisfaction à ses premières aspirations, malgré sa compétence : L’Emploi. Elle se laisse abuser, manipuler par des promesses fallacieuses qui leur promettent tout mais sans rien voir venir depuis 27ans. Doit-on encourager notre jeunesse à une révolte violente ou a une résistance pacifique par la désobéissance ?   D’aucuns diront que c’est la seule solution pour bousculer  une frange des élus claniques et toute la famille présidentielle  qui s’enrichissent illicitement au détriment de cette jeunesse à l’avenir incertain et surtout abandonnée. De même, il existe d’autres pistes à explorer qui peuvent rassembler tous les congolais autour des réalisations unitaires pour tous et surtout pour le vrai changement.

Il n’est plus à démontrer que la violence ne résolve pas forcément  le  problème. Elle est source de tension et génère des sacrifices humains, cause des dégâts infrastructurels  nécessitant des ressources supplémentaires pour rebâtir ce qui a été  détruit ou rendu inopérant par l’action d’une quelconque révolte. Vous me répondrez qu’on ne fait pas une omelette sans casser les œufs. Certes l’hypothèse a déjà fait ses preuves. C’est pourquoi cette  démarche, ne devrait être que l’ultime recours lorsque toutes les possibilités ont été examinées et conclues à un mutisme insupportable. Il n’est pas non plus une solution  à écarter d’un revers de main  dans la recherche d’une solution satisfaisante pour le peuple. Quoi qu’il en soit, le peuple congolais aspire actuellement à plus de travail et de démocratie en dépit d’une gestion tentaculaire et clanique du pouvoir actuel.

L’intellectuel congolais ne doit pas s’ériger en instigateur de violence pour tenter de résoudre un problème social, politique ou même humanitaire. Il doit poser les faits et proposer par des réflexions pragmatiques les solutions réalisables pour aboutir à un changement positif.  Bien que la jeunesse congolaise souffre, son taux de chômage a atteint les 67% (sources PNUD), hausse des prix, confiscation du pouvoir, pauvreté, règne sans partage depuis près de 30 ans, manque d’eau, d’électricité et l’insalubrité dans toutes les villes et villages du pays. La jeunesse congolaise s’adonne aujourd’hui à des activités de survie parfois peu glorieuses. Je conçois que cela soit une situation inadmissible et intolérable qui pousse certains à imaginer un réveil de la jeunesse congolaise à la tunisienne ou haïtienne dès lors que les ingrédients de la révolution sont présentement présents au Congo : gestion et concentration de toutes les richesses du pays par un clan. Qu’on ne s’y trompe pas de cible.

Cessons avant toute chose de comparer les situations, bien que présentant des similitudes  qui sont parfois loin d’une réalité ancestrale congolaise.  Les crises qui se passent ailleurs, bien que  débouchant  sur un changement positif et probablement salutaire pour un peuple vaillant. Les officines de l’opposition congolaise se mettent en branle pour chercher à exciter la jeunesse congolaise à un sursaut d’orgueil pour « préparer » une révolte qui risque d’être sanglante…  C’est une aberration. Car cette opposition, si on considère l’attitude de certains de ses membres  n’est que la main invisible du pouvoir en place. Une opposition qui a toujours servi le clan SASSOU dont il partage  les dividendes  dans les affaires juteuses et les responsabilités de la misère du peuple.

Les gouvernants actuels doivent cesser avec la politique du « J’y suis, j’y reste ».

Comment peut-on suggérer le réveil d’une jeunesse que vous ne cessez vous–même de martyriser ? Combien de nouveaux militants de moins de 30 à 40 ans  avez-vous dans les directoires de vos partis ?  Vous considérez que l’âge est un critère pour se présenter à une élection ? Pourtant, cela ne doit pas être un frein. Il n’est pas non plus synonyme de bon sens, de réalisme ou de civisme. On peut être très engagé et avoir le souci de l’intérêt de son pays à 18 ans et ne pas l’avoir acquis à 60. Comme c’est le cas avec beaucoup d’entre vous. L’âge ne doit pas être une référence. Dans notre société où le sens du civisme et de la solidarité se dégrade, il faut prendre en compte toutes les bonnes volontés.

Mais il se trouve que 80% des hommes politiques congolais refusent non seulement de prendre leur retraite, ayant largement démontré leurs défaillances, mais s’organisent pour réduire les chances d’accessibilité à l’emploi à des milliers de jeunes sortis des universités et d’autres écoles. Ces faits se matérialisent par leur maintien à des postes où ils s’y sont que peu  régulièrement présents. Certains sont ministres, directeurs, préfets, conseillers… à vie,  D’autres cumulent les postes de professeurs d’université et de conseillers à des ministères. On se cache devant des hypothèses d’un temps révolu comme quoi les jeunes malgré leurs diplômes manquent d’expérience. Quels sont les preuves de votre sagesse et expérience ?

Au Congo, nos élus sont plus vieux que dans le reste de la CEMAC comment l’expliquez-vous ? Certains découvrent des noms comme Henri DJOMBO,  , BOKAMBA YANGOUMA, Florent TSIBA j’en passe , et pleins d’autres qui  sont des cumulards de l’administration publique. Ces hommes pensent-ils vraiment à  une politique de régulation d’emploi ou simplement à leur retraite ? S’il faut envisager un réveil de la jeunesse dites-vous qu’il vous concernera également pas seulement le pouvoir en place. Car le jeune qui a son BAC plus 5 et se retrouve vendeur de fripes au marché Total aimerait bien qu’on lui explique pourquoi vous occupez cinq emplois et lui doit ronger son frein au chômage et à la pauvreté ? Comment blâmer des jeunes comme NZONZA  Henri,   NORBAT de Paris et beaucoup d’autres qui cèdent facilement aux sirènes mercantiles. Ils sont essorés, poussés jusqu’aux derniers retranchements voyant leur ambitions s’envoler,  se laissent aller au suicide politique ou social en acceptant parfois des propositions incompréhensibles. Tels comme les poules d’Hitler qui après avoir toutes été déplumé, ce dernier  pris «  une poignée de grains de blé, et marchant  dans la pièce jetant les grains de blé au sol, tandis que ses collaborateurs voyaient, hantés, comme la poule, effrayée, douloureuse et saignant, courait après Hitler et essayait de saisir quelques miettes. La poule le suivait fidèlement partout »

« Alors Hitler a regardé ses acolytes, qui étaient tout à fait surpris, et leur a dit : Ainsi, facilement, on gouverne les idiots. »

« Vous avez vu comment le poulet m’a suivi, malgré la douleur que je lui ai causée ? » Je lui ai tout pris…, les plumes et la dignité, mais elle me suit quand même en quête de remoulages. »

 » Ainsi sont la plupart des gens, ils suivent leurs gouvernants ou politiciens, malgré la douleur que ceux-ci leur causent et, même en lui ôtant la santé, l’éducation et la dignité, par le simple geste de recevoir un avantage bon marché ou quelque chose à se nourrir pour un ou deux jours, le peuple idiot suit celui qui lui donne les miettes du jour. » Les cas de NZONZA Henri, NORBAT et beaucoup d’autres sont très édifiants.Pourquoi la révolte peut-elle être encouragée ?

A tous les niveaux de la structure étatique, la corruption est érigée en pratique acceptable et je dirais même « conventionnelle ». Elle n’est condamnée que du bout des lèvres mais jamais sanctionnée comme elle devrait l’être dans un pays régi par le droit et la justice. La corruption se développe également dans la vie quotidienne des «  petits congolais » qui se battent corps et âmes pour ne pas sombrer dans la misère la plus humiliante qui soit. Etre taximan à Brazzaville ou à Pointe-Noire relève d’une prouesse exceptionnelle digne de « l’homme invisible » pour échapper à l’organisation maffieuse instaurée par les policiers censés assurer la circulation. Ces derniers rackettent les pauvres citoyens moyennant 3000  à  5000  F.CFA par jour en guise de laisser passer journalier. Plusieurs plaintes ont été déposées mais jusque-là il n’y a aucune suite punitive. L’Etat laisse de tels actes perdurer et s’accroître de jours en jours condamnant chaque jour un peu plus ces pauvres citoyens à demeurer dans la précarité. Devant la colère et la frustration le soulèvement n’est pas loin. Comment peut-on admettre que tous les leviers de l’économie du pays soient contrôlés par une frange de courtisans et membres de la famille présidentielle

De même qu’on peut citer la prolifération des entreprises d’état et le domaine foncier de l’état spoliés par ces hommes qui appartiennent tous au clan. « Désormais, ceux qui respectent la loi sont parfois moins bien  traités que ceux qui la bafouent quotidiennement. L’émergence d’un sentiment de « Racisme social » voit le jour mettant en concurrence les Congolais non pas pour faire éclater l’excellence au travail, mais bien pour encourager la frustration et la médiocrité » (1).

Un clan qui met la main sur toutes les filières économiques du pays. Cela ne peut être acceptable. Cette situation intolérable traduit un verrouillage et une fermeture. Un clan qui fonctionne en vase clos s’érige le privilège de distiller des postes à ceux qui auront approuvé leurs méthodes dictatoriales. Ces pratiques annihilent la vision étendue de voir le Congo  comme un bien commun qu’il faut gérer avec solidarité et volonté de développement vers un changement positif pour tous. Comment peut-on accepter un dialogue avec autant de verrous partout. Le dialogue, c’est la confrontation d’idées, la discussion fraternelle, l’envie d’aboutir a un consensus. Or là le consensus est imposé d’avance.

« Le salaire minimum congolais est de 85 996 F Cfa environ par mois et le chômage touche 43% de la population active. Se loger, se nourrir, se vêtir et se soigner sont devenus des rêves cauchemardesques pour toute cette frange de la population. Et la situation ne va pas en s’améliorant. Selon la banque mondiale 43% des 900.000 chômeurs environ vivent aujourd’hui dans un foyer dont un seul membre travaille et touche le SMIC. Beaucoup de ses défavorisés sociales retournent chez leurs parents pour combler le déficit et espérer joindre les deux bouts du mois »(2).

Avec ça on apprend qu’on distribue 3000 fr CFA pour des marches de la honte à Pointe-Noire et à MADINGOU. On vous affame pour mieux vous exploiter telle est la logique de Denis SASSOU  et sa clique

Je Crains que les divisions dans notre pays soient si profondes et envahissantes qu’il faudrait une génération entière pour réconcilier ces différences et ces inégalités sociales. Comment peut-on accepter de rééchelonner une dette dont,  on sait,  elle impactera les générations futures ? C’est-à-dire nos enfants et petits enfants auront demain à supporter une charge dont ils sont de loin responsables. C’est cela que je ne comprends pas dans le comportement des frères du Nord qui continuent à soutenir un pouvoir qui les laissera aussi démunis que pauvres demain. Car les NGUESSO et compagnies se sont bien préparés pour couler des jours paisibles après le pouvoir. Ils seront à l’abri du tous besoins existentiels. Ils vous envoient tuer, enfermer, brutaliser, embastiller les autres à visage découvert souvent pour un pouvoir qui vous méprise, vous ridiculise, vous infantilise et enfin vous affame sous prétexte de défendre un pouvoir du nord. Quelle aberration !!!!

Qui ignore que le Nord est aussi complexe et varié comme l’es la majorité des états d’Afrique noire ? En 40 ans presque du pouvoir clanique de SASSOU combien de réalisation durable et permettant un élan économique conséquent du Nord ont été effectué ?

Devant ces situations difficiles et inhumaines imposées par un régime clanique corrompu, la jeunesse congolaise doit avant tout devoir compter sur elle-même.  Surtout pas à cette Françafrique qui s’indigne devant le cas du Delta de la cuvette  mais applaudit les privations de liberté, par le  Clan au pouvoir au Congo-Brazzaville.

Le Congo, aujourd’hui est riche et capable de relever les défis de l’emploi et du développement  par une bonne répartition des richesses, de l’investissement soutenu dans les secteurs porteurs comme, l’environnement, la santé, l’éducation…. Il faut instaurer une politique d’exemplarité au sommet de l’Etat par une politique de redistribution des richesses au peuple congolais et d’incitation à entrepreneuriat privé.

Si tel n’est pas le cas, ni votre appartenance au loge maçonnique, ni votre soumission à la françafrique, ni encore moins vos milliards cachés à travers le monde ne vous sera d’un grand secours.

Le monde démocratique vous fermera ses portes et ses aéroports car vous n’aurez été que des pantins à leur service. Aidez votre peuple tant qu’il est  temps, lui seul s’en souviendra. A ceux qui pensent que plus de 37 ans de règne sans partage, ce n’est pas assez voire trop ; ceux qui veulent aller aux élections de 2021 tout en méprisant la volonté du peuple congolais doivent méditer.  C’est au peuple de prendre ses responsabilités. Le pire est à craindre si nous ne gardons pas en mémoire que c’est le peuple C’est le peuple qui est notre boussole, et l’avenir doit nous orienter vers une volonté manifeste de rassemblement.

Jean-Claude BERI

Activiste et lanceur d’alerte

DAC-E-NEWS – L’information sans tabou.

(1) -http://berijc.over-blog.com/article-la-societe-congolaise-en-manque-de-vision-collective-46082835.html
(2) -http://www.dac-presse.com/actualites/a-la-une/politique/150-congo-brazzaville-un-bilan-en-trompe-il-2-quelle-politique-de-redistribution-sociale-des-richesses-.html

2 commentaires

  1. Personnellement, je suis touché lorsque tu dis, je cite :<>
    Je ne sais si nos compatriotes qui soutiennent Mr Sassou ont déjà pris conscience de cela. Cette génération va passer. Oui, nous le croyons! Mais que dirons les futures générations lorsqu’elles ne retrouveront devant une dette montagneuse? Elles ne manqueront certes pas à dire que nous étions tous complices si elles ne lisent pas tous ces cris d’alerte que font les démocrates aujourd’hui.

  2. Personnellement, je suis touché lorsque tu dis, je cite : »Comment peut-on accepter de rééchelonner une dette dont, on sait, elle impactera les générations futures ? C’est-à-dire nos enfants et petits enfants auront demain à supporter une charge dont ils sont de loin responsables. C’est cela que je ne comprends pas dans le comportement des frères du Nord qui continuent à soutenir un pouvoir qui les laissera aussi démunis que pauvres demain. »
    Je ne sais si nos compatriotes qui soutiennent Mr Sassou ont déjà pris conscience de cela. Cette génération va passer. Oui, nous le croyons! Mais que dirons les futures générations lorsqu’elles ne retrouveront devant une dette montagneuse? Elles ne manqueront certes pas à dire que nous étions tous complices si elles ne lisent pas tous ces cris d’alerte que font les démocrates aujourd’hui.

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