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Congo-Brazzaville : Le plan d’extermination de la population du Pool en marche 

Congo-Brazzaville : Le plan d’extermination de la population du Pool en marche

 

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

C’est la théorie du grand remplacement dans le département du Pool qui commence, ce qui exige la vigilance de la part de toutes les Congolaises et de tous les Congolais soucieux de la quiétude des populations du Pool.  Ce grand remplacement a une genèse sordide qui donne de la nausée à toutes les intellectuelles et les intellectuels, à tous les démocrates, à tous les républicains et à tous les patriotes congolais que nous sommes.  Faut-il sacrifier tout un département en le mettant à la merci des mercenaires militaires Hutus rwandais réfugiés au Congo-Brazzaville afin d’assouvir les desseins macabres de succession monarchique de monsieur Denis Sassou Nguesso pour son fils Denis Christel Sassou Nguesso ? C’est aberrant.  

Comme avec les 353 disparus du Beach, cette fois-ci c’est Paul Kagame, Président autocrate du Rwanda qui prend les devants. Les assassinats et la disparition des 353 congolais du Beach de Brazzaville découlent du fait que monsieur Denis Sassou Nguesso, nouveau tyran fraichement vainqueur de la guerre civile du 05 juin 1997, ne voulait pas voir une supposée rébellion congolaise armée se développer en face de son pays, notamment dans la ville de Kinshasa, capitale de la RDC (République démocratique du Congo). Ces réfugiés Congolais avaient fui le Congo-Brazzaville après la guerre civile du 05 juin 1997. Ainsi, ces réfugiés Congolais à Kinshasa représentaient une menace pour le pouvoir congolais fraichement installé.   

Dans le raisonnement tortueux de monsieur Denis Sassou Nguesso, organisés, quelques-uns de ces réfugiés Congolais auraient pu tenter des excursions militaires au Congo-Brazzaville depuis la ville de Kinshasa, et semer la désolation dans la population congolaise ce qui fragiliserait un pays encore chancelant et un pouvoir mal acquis. Dans une interview audio, le feu Colonel Marcel Tsourou disait ne pas comprendre cette initiative de rapatriement des réfugiés Congolais, bien qu’en collaboration avec le HCR (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés), lors d’une réunion du Haut commandement militaire sous la direction du général de corps d’armée Denis Sassou Nguesso, la ville de Brazzaville n’étant pas complètement sécurisée.  

Mais, monsieur Denis Sassou Nguesso avait un agenda caché, un plan machiavélique et maléfique qui avait pour seul but l’extermination de ces réfugiés Congolais surtout les hommes, ce qui a abouti aux 353 disparus du Beach. N’oublions jamais que Paul Kagame, Chef militaire, a pris le pouvoir à la tête d’une rébellion armée venue de l’Ouganda pays frontalier du Rwanda au Nord. Ceci explique cela. 

L’affaire des disparus du Beach de Brazzaville commence après un accord signé entre la RDC, le Congo-Brazzaville et le Haut-commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) pour le retour au Congo-Brazzaville des réfugiés Congolais vivant en RDC. C’est une tuerie de masse des Congolais par des Congolais orchestré par des hauts responsables de l’État du Congo-Brazzaville, qui s’est déroulé entre le 5 et le 14 mai 1999 au débarcadère fluvial de Brazzaville dit Beach de Brazzaville en République du Congo-Brazzaville sous la présidence du général de corps d’armée Denis Sassou-Nguesso toujours aux affaires jusqu’à ce jour.

En faisant un peu d’histoire et en remontant dans le temps, nous voyons qu’après le génocide des Tutsis au Rwanda qui se déroule du 7 avril au 17 juillet 1994 avec près d’un million de Rwandais tués en l’espace de 1000 jours et la prise du pouvoir à Kigali par le FPR (Front patriotique Rwandais) de Paul Kagame à la tête d’une rébellion armée qui s’empare de Kigali la capitale du Rwanda en juillet 1994, près de 900 000 Hutus rwandais fuyant la guerre furent déplacés en RDC dans des conditions de vie précaires.     

La guerre du Kivu de 1997 est un conflit armé opposant les forces armées de la république démocratique du Congo au Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda et à de nombreux autres groupes armés dans l’ancienne province du Kivu, notamment dans les provinces actuelles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Là encore de nombreux Hutus rwandais s’installèrent en RDC à la tête des groupes armés. Et c’est là qu’intervient monsieur Denis Sassou Nguesso pour recevoir ces Hutus rwandais aguerris au maniement des armes dans le Nord du Congo-Brazzaville. La plupart de ces Hutus militaires ont combattu Paul Kagame.  

Mais, monsieur Denis Sassou Nguesso n’est pas un philanthrope. Ainsi, il utilisa ces combattants hutus rwandais, qu’il avait accueilli pour servir à ses côtés en tant que force d’appoint lors de la guerre civile fratricide du 05 juin 1997 qui fit 400 000 morts au Congo-Brazzaville, soit près d’un dixième de la population congolaise tué. Ainsi, monsieur Denis Sassou Nguesso reconquit le pouvoir au prix de ce terrible massacre en termes de vie humaine qu’il infligea aux Congolaises et aux Congolais. Dorénavant, il pouvait nous afficher son sourire malicieux en étant le maître absolu du Congo-Brazzaville, en ayant le droit de vie et de mort sur toutes les Congolaises et tous les Congolais. Comme il aime le répéter dans son patois mbochi « Que quand le gibier est pris dans le piège, il ne faut plus le relâcher. » Nos sœurs et frères mbochis de l’axe Ollombo-Oyo-Boundji sont bien partis pour diriger ad vitam aeternam par la force et les armes le Congo-Brazzaville qui est une dictature.  

La dernière nomination des Généraux congolais a mis en place le dernier dispositif militaire et non constitutionnel qui va veiller à la succession monarchique de son fils Denis Christel Sassou Nguesso nommé gardien du temple Sassou-Nguesso. Le général de police de 1ère classe André Fils Obami Itou, directeur général adjoint de la police, va remplacer le vieillissant et retraité général de police de 2ème classe Jean François Ndenguet actuel directeur général de la police. Le général de 1ère classe Elie Atipo, ancien directeur des services intérieurs du Congo-Brazzaville, est l’homme des sales besognes qui ne rend compte qu’au seul Denis Sassou Nguesso. Il a le permis de tuer. Pour rappel, c’est ce sinistre individu qui va procéder en tant que Colonel à l’arrestation du général Jean-Marie Michel Mokoko. C’est la récompense du travail macabre bien accompli. Les Congolaises et les Congolais sont avertis de la dangerosité de ce général de police de 1ère classe Elie Atipo.  

Les Hutus militaires rwandais réfugiés furent envoyés en mars 2016 à Pointe-Noire lors de l’élection présidentielle de mars 2016 lorsque le général Jean-Marie Michel Mokoko gagna la majorité des suffrages. Ils furent positionnés par monsieur Denis Sassou Nguesso afin de mater une éventuelle rébellion de la population de Pointe-Noire.  

Aujourd’hui, nous assistons pantois, abasourdis, à un accord que vient de signer monsieur Denis Sassou Nguesso avec Paul Kagame, le Président autocrate du Rwanda, en cédant au Rwanda 132 000 hectares de terres agricoles dans le département du Pool au Sud-Est du Congo-Brazzaville. Et comme par hasard, les heureux bénéficiaires de cette transaction macabre sont les réfugiés hutus rwandais vivant au Congo-Brazzaville, dont la plupart sont des militaires pour rappel, ce qui enlève une épine du pied de Paul Kagame qui semblerait être soulagé de ce maintien des Hutus rwandais en dehors du Rwanda.  

Cet arrangement est bien plus complexe qu’il n’y parait. Le Président Paul Kagame a un problème. Les populations Hutus rwandais vivant en tant que réfugiées en RDC et au Congo-Brazzaville sont appelées à rentrer tôt ou tard au Rwanda où elles sont déjà majoritaires. Ainsi, Paul Kagame préfère que ces Hutus rwandais restent à l’extérieur du Rwanda pour éviter encore une augmentation significative de la population hutue au Rwanda. Ceci posera un problème politique et surtout démographique menaçant ainsi de fait les semblants équilibres déjà établis par le pouvoir rwandais actuel de Paul Kagame.  

La contrepartie de cette partition, de ce morcellement du département du Pool, c’est la zone économique spéciale (ZES) de Maloukou donnée au Rwanda pour son exploitation. Il ne faut pas oublier que la ZES de Maloukou pour laquelle le gouvernement congolais a dépensé plusieurs milliards de francs CFA devait à l’origine fabriquer des tubes PVC (polychlorure de vinyle) et des tracteurs pour les Congolaises et les Congolais. Mais hélas comme d’habitude ces milliards de francs CFA ont pris une destination inconnue comme les 14 milles milliards de francs CFA soit 28 milliards de dollars US des générations futures évaporés dans la nature.  

En exploitant la ZES de Maloukou, le Rwanda lorgne sur le marché de la ville de Kinshasa avec une population de 10 076 099 habitants en 2021 soit le double de toute la population du Congo-Brazzaville. L’approvisionnement de la population en produits essentiels notamment issus de l’agriculture et le contrôle politique de la ville de Kinshasa depuis la ville de Brazzaville sont les deux objectifs primordiaux de Paul Kagame et de son gouvernement rwandais.    

Alors dans ce contexte pourquoi brader le Pool l’insoumis, le réactionnaire, l’indépendant ? Il faut contrôler à tout prix ce peuple, brider sa volonté d’indépendance en le mettant en face des Hutus militaires rwandais. L’obsession du dictateur Denis Sassou Nguesso est le nettoyage ethnique des habitants du Pool en les remplaçant par les réfugiés hutus rwandais. Un plan lugubre, nauséabond, indigne, mis en œuvre par des personnages peu recommandables tels que monsieur Denis Sassou Nguesso qui n’a qu’un seul but à assouvir au crépuscule de sa vie politique, celui de sa succession par son fils Denis Christel Sassou Nguesso. Nommé à grand renfort de klaxons avec fanfare de trompette ministre de la Coopération Internationale et de la Promotion du Partenariat Public-privé dans le nouveau gouvernement congolais depuis le 15 mai 2021, l’on se rend compte que les résultats tardent à venir tel un tonneau vide faisant beaucoup plus de bruit que d’apporter des solutions pérennes pour la prospérité et le bien-être des populations congolaises du Congo-Brazzaville.   

Les populations du Pool, la petite Ukraine, grenier et locomotive du Congo-Brazzaville, sont capables de faire de l’agriculture mécanisée, durable, raisonnée, intégrée dans l’environnement avec l’aide des pouvoirs publics. Alors pourquoi aller chercher les réfugiés militaires Hutus rwandais ? Nous ne sommes pas xénophobes, mais cet arrangement entre petits copains et coquins n’est pas bien pour les populations paisibles du Pool déjà martyrisées.  

Pour une fois que monsieur pense au département du Pool, il le fait en mal comme d’habitude. Nous aurions préféré avoir la banque centrale comme à Oyo. Pourquoi ne pas avoir choisi Oyo, Ollombo ou Boundji ? Seul monsieur Denis Sassou Nguesso a la réponse.  

Ainsi, le Pool deviendra un Poolstan comme les bantoustans du temps de l’apartheid en Afrique du Sud.   

Toutes les Congolaises et tous les Congolais doivent rester vigilants à ce qui ressemble à un plan odieux bien pensé d’extermination de la population du Pool.  

Le général de corps d’armée Denis Sassou Nguesso veut liquider le Pool pour des raisons politiques de sécurité intérieure du Congo-Brazzaville comme si le Pool était à l’origine de l’insécurité galopante, de la mauvaise gestion des affaires publiques, de la gabegie et de la dictature qui sévissent dans le pays. 

L’heure est grave. 

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 

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