Sciences

Congo-Brazzaville : Quand l’état prône l’enfer social sur les populations

La révolte d’une mère de famille congolaise

Par : OUABRAI MARIOTTI 

Congo: De la brutalité de la police sur les commerçantes du marché de Poto Poto.

Elle a fait le tour des réseaux sociaux, cette vidéo d’une maman commerçante du marché de Poto Poto à Brazzaville, se disant mère de sept enfants, désespérée, qui en appelle à la bienveillance du président de la république et de son épouse face à l’indicible rudesse de la police congolaise qui saccage les étals de vente, le long d’une rue et, au mépris de tout bon sens, emporte les marchandises.

Il y a quelques jours, Mr François Bikindou du Journal Le Troubadour exprimait son émotion pour une opération similaire ayant consisté à faire déguerpir le marché de La Plaine, voisin de la Boulangerie Léon, toujours à Brazzaville. J’y ai apporté ma touche de contestation, relevant, par ailleurs, que dans un contexte national de crise économique et financière que connait le Congo, les pouvoirs publics sont en devoir moral et politique d’éviter d’affaiblir une population dont ils ne sont pas à même de créer les conditions d’offrir le minimum pour leur survie.

Autant aux mamans commerçantes du marché de Poto Poto, il n’est pas évident que les pouvoirs publics mettent à leur disposition des espaces de remplacement pour poursuivre les activités, autant les vendeurs de l’ex marché de la Plaine semblent ne s’être pas tous installés sur de nouveaux points de chute pour écouler leurs produits agricoles. Ces brutalités de la police à l’égard des congolais fragiles mises bout à bout, pourquoi les pouvoirs publics, au nom de l’Etat de droit dont ils se prévalent, n’appliquent -ils pas la même logique d’intransigeance sur les nombreux actes délictueux connus de tous posés par les « gros poissons » du pays, habitués à se mouvoir dans une totale impunité.

L’audit de la corruption recommandé par le FMI et voulu de l’ensemble des congolais rentre dans les oubliettes. Personne, ni à l’assemblée nationale, ni au sénat, encore moins au conseil des ministres, n’ose soulever la question, devenue tabou de crainte d’effaroucher certains esprits. La « guerre patriotique » contre les maux qui minent la société congolaise, maintes fois soulevée par le président de la république, reprise en chœur par les partis politiques et la société civile, traîne à être effective.

De plus en plus, le Congo passe pour un pays où, de tout temps, les faibles font les frais de l’incapacité de l’Etat à y assurer des changements profonds dans l’intérêt général. L’Etat congolais devient un enfer pour certains, un paradis pour d’autres. Et l’on n’est pas loin de ce que ces autres, avec arrogance, disent « l’Etat , c’est nous ».

Mr OUABARI MARIOTTI

Ouabari Mariotti

 

Gepostet von Modeste Zoubabela am Sonntag, 3. Februar 2019

Un commentaire

  1. Depuis quelque temps je redoute une chose : la revolte de la population congolaise contre la ‘police nationale’. C’est un phenomene que connaissent depuis fort longtemps nos amis nigerians. En effet, a l’allure ou vont les choses, il ne se passera pas un long temps avant que les congolais ne commencent a passer a tabac les agents de la police. Alors ce sera la fin des haricots pour ces mendiants officiels et pour leurs patrons.

    IL EST TEMPS POUR LA POLICE ET LA GENDARMERIE NATIONALES DE SE RESSAISIR.

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