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Congo-Brazzaville : L’opposition ne doit pas renoncer au combat

 Par :   Jean-Claude BERI

Ce combat se gagnera par  la persévérance,  l’attachement aux convictions et le rejet de la corruption.

Depuis son coup d’état sanglant, Mr 8%  se heurte au mur du dégoût, un rejet national qui ne cessent de s’ériger en face de lui. L’ambition clanique  qu’il a pour le Congo se fracasse sur la colère collective du peuple, devenue la seule devise nationale.

Le supposé Président  de la République congolaise est traînée dans la boue depuis son  retour sanglant à la magistrature suprême  et à longueur de colonnes, et surtout dans les réseaux sociaux son pire ennemi médiatique. Malgré les milliards déversés sur la place de Paris, Lyon et autres villes de France, il n’arrive pas à contenir la fureur des  Congolais de France. Il croit gouverner et être aimé des congolais de l’intérieur. La vérité est que c’est l’inverse qui est vrai. Les congolais n’écoutent pas SASSOU NGUESSO. Ses discours sur le Congo et ses explications sur sa politique passent à dix coudées au-dessus des oreilles de ses concitoyens. Ils ne l’écoutent pas parce que ce n’est pas ce qu’ils veulent entendre.  Ils ne veulent que d’une chose son départ et tout son système corrompu.

Un président individualiste et sectaire

Depuis 20 ans, le gouvernement de Sassou et tout son système brille par  l’égoïsme  qui est une menace de désagrégation de la société congolaise. La poursuite des  antivaleurs qui peine à être placée comme priorité des priorités dans la poursuite du redressement de l’économie s’est transformée en une addition des privilèges à protéger pour une oligarchie réunie en une mafia. Cette faiblesse du pouvoir ouvre la voie à une à une aggravation de l’impunité qui se transforme progressivement en une somme des colères.

L’unité du pays est mis à mal par la posture d’un président qui accorde son attention à la résolution des questions subsidiaires  allant de la satisfaction des intérêts du PCT à ceux de la petite famille aujourd’hui barricadée dans une tour de suspicion dans l’attente du chavirement du bateau plus que prévisible. Son attention est plus accaparée dans les opérations de camouflage des fonds pillés  dans les différents paradis fiscaux. Pour cela, il ne se soucie point de la situation économique très critique du Congo.

Au contraire, il s’active fortement à alimenter le compte de la société de l’ancien patron du FMI DSK. En effet, Selon Challenges, l’ancien président du FMI assisterait le président du Congo Denis Sassou-Nguesso dans ses négociations très compliquées avec son ancien employeur. Une mission pour laquelle il aurait passé du temps avec le dirigeant à Brazzaville en octobre dernier. Un client pour qui il se serait récemment entretenu avec la Chine.

Dominique Strauss Khan serait rémunéré par des fonds obscurs qui ne sont pas répertoriés par le trésor public. Comme quoi, il y’a l’argent pour son maintien et peut-être sa survie après le pouvoir mais il n’y a rien pour l’université Marien NGOUABI, le laboratoire national, les étudiants  et les retraités congolais. C’est là la définition de l’homme d’Etat au service de la nation que se donne Mr SASSOU NGUESSO qui croit ainsi gouverner le Congo. En réalité, il ne gouverne qu’une caste d’opportunistes et lécheurs de bottes qui le condamneront aux premiers signes de sa déchéance.

La renommée du pays est au plus bas dans tous les secteurs.  Sur le plan sportif le congolais lambda a été plus que surpris de constater malgré le décaissement de plusieurs millions  de F CFA, les travaux de réhabilitation du réseau d’évacuation d’eau du stade MASSAMBA DEBAT n’ont jamais été effectués.  Le congolais a été contraint de subir l’humiliation mondiale de voir quelques « Stadiers » s’atteler à évacuer l’eau du stade avec des seaux de fortune.  Alors qu’un stade pimpant neuf situé à 20 km de la ville aurait pu éviter cette image désolante et dégradante. Simplement parce que les politiques incohérente et mal réfléchie sont à l’origine des choix  inconséquents pénalisant la vie sportive de toute une nation.

On peut longtemps en débattre, il ne pourra jamais être supportable même en puissant les arguments les plus convaincants qui soient  que l’université Marien NGOUABI aille vers sa deuxième année  consécutive dans un fonctionnement anormalement régulière. Comment peut-on se prévaloir un chef d’Etat  si la première ressource du pays, à savoir la formation et l’éducation de nos enfants  vous laisse tant indifférents ?

On peut discuter du destin des congolais. On peut s’en moquer de cette situation de peuple mendiant qui leur a été imposée par un clan. Seulement cette surdité face à la souffrance du peuple  finira par se transformer en une vaste colère populaire. Cela couve déjà dans les chaumières où montent les cris de désolation et de haine.

Hissons le niveau de l’Opposition

L’attentisme qui gangrène les congolais les pousse parfois à des choix incompréhensibles. Les congolais agissent comme cette image de la poule déplumée par HITLER et qui finit par suivre les grains de blé jeter au sol par ce dernier. On ne peut pas être opposant ou résistant et trouver les actes de ses bourreaux excusables. L’opposition doit affirmer sa fermeté dans ses choix et surtout dans sa démarche républicaine de justice. Il est inconcevable de lutter pendant 22 ans et s’apercevoir en fin de compte qu’on s’est trompé de combat.

Peut-on être fidèle au peuple congolais et aller manger à la table des bourreaux du peuple ?

Non, on ne se trompe pas de combat seulement on perd sa conviction. Lorsqu’on poursuit un objectif il faut s’armer de patience et de courage pour préserver et non se contenter de l’à peu près en cours de route. C’est indigne et c’est un discours mensonger qui n’honore ni les carriéristes politiques futures, ni une opposition qui accepterait de telles faiblesses dans nos rangs.

L’ethnique voudrait qu’on accepte celui qui se trompe et qui reconnaît sa maladresse idiote et s’engage à modifier le tir. Mais celui qui persiste dans son erreur ne commet pas une faute mais vous prouve qu’il est dans une logique de pensée qui n’est plus la vôtre. A ce moment-là pas besoin d’engager une quelconque discussion, accepter son changement de logiciel mental et avançons en construisant un autre paradigme politique. Comme par exemple celui de ne pas demeurer hermétiquement sourd au discours appelant au dialogue. Le paradigme de l’opposition doit être celui de la constance dans les objectifs. Si Dialogue va y avoir les préalables soient connus avant toute ouverture de discussions.

Certains opposants  essoufflés par la longue période de combat, d’exil et surtout de disette changent de fusil d’épaule en tentant de distiller un venin mortel dans le rang des fidèles militants encore actifs pour combattre la dictature. La voie est libre. Que ceux qui veulent aller au dialogue selon leur maître saint SASSOU, personne ne les retient en tout cas pas nous au DAC. Les Congolais  sont devenus si pessimistes qu’ils n’ont plus d’ambition que de préserver ce qu’ils ont. En agissant ainsi, nous créditons la politique du repli sur soi.

Par contre, nous réaffirmons notre attachement aux vraies valeurs de la république qui sont ne jamais trahir le Congo,  se battre pour le Congo,   le Congo passe avant nos intérêts, redonner le sourire et la paix au peuple.

Résister à la corruption

La corruption est le point faible de l’opposition congolaise tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le pouvoir se sert des relations inter-familiales pour piéger bons nombres d’opposants à se renier. La prise en charge d’un mariage, d’un décès, des frais de santé, etc… deviennent  des portes grandement ouvertes à la corruption par le pouvoir de Sassou. Les congolais sont devenus si pessimistes et malléables, sur leur travail, sur leur mode de vie, sur le futur de leurs enfants, qu’ils n’ont plus d’ambition que de préserver ce qu’ils ont avec, désormais, acharnement, voire avec violence. La méfiance couplée d’une corruption sauvage  est devenue la seule devise nationale pour se hisser au-dessus de la mêlée.

Tout cela n’est que de l’enfumage. Aussitôt dans la gibecière, tu es saucissonné pour être livré au loup quand il le voudra.  Les ADOUA, TSOUROU, MORLENDE, sont là pour témoigner que ce pouvoir se sert de  vous et prend tout ce qui vous reste  de dignité.

Congolais « résister, résister, résister ! »  C’était le mot d’ordre pour recouvrer notre liberté et pour libérer  la justice en proie aux mains des magistrats véreux. D’autres peuples ont résisté dans une situation plus difficile que celle que nous vivons  et  ont fini par remporter de beaux combats.  C’est dans la persévérance et l’affirmation de notre conviction que demain nous pourrons nous aussi condamner  ceux qui ont plongé le pays dans cet abîme comme cela a été fait au Brésil, au Pérou et bien d’autres états.

Jean-Claude BERI

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