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Congo-Brazzaville : Monsieur Denis Sassou Nguesso est-il sérieux ?

Congo-Brazzaville : Monsieur Denis Sassou Nguesso est-il sérieux ?

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 
À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire monsieur Sassou Nguesso !
Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

C’est le journal Jeune Afrique qui titre dans son édition du 9 mai 2022 réservée aux abonnés : Congo : Une Assemblée « absolument » Sassou ?

Tout est dit et comment faire autrement dans une dictature ? C’est le subconscient du journaliste de Jeune Afrique qui s’exprime car l’on suppose que le titre ne lui a pas été soufflé. Il ne faut pas beaucoup se creuser les méninges ni être devin pour trouver le titre concernant le Congo-Brazzaville.
Tout observateur politique avisé au Congo-Brazzaville sait que c’est monsieur Sassou Nguesso qui fait la pluie et le beau temps ; Beaucoup plus de pluies diluviennes qui ravagent tout le paysage congolais à leurs passages, à tel point que le Congolais lambda est dépourvu de tout et vit l’enfer sur terre en espérant le paradis dans l’au-delà. C’est le seul rêve, la seule perspective qui est proposée au peuple congolais.
La décennie 2020 est celle des démocratures comme la Chine, la Fédération de la Russie, l’Éthiopie, le Rwanda, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, la Guinée Equatoriale, la Côte d’Ivoire, certains pays de l’Amérique du Sud, etc. Ces pays ont en commun c’est d’avoir pour certains une neutralité malsaine vis-à-vis de la guerre que fait la Fédération de Russie à l’Ukraine, sinon un soutien implicite à la Fédération de Russie.
Le camp des démocrates se réduit comme peau de chagrin, et ce n’est pas reluisant pour l’avenir de cette planète que nous avons en commun.
Sur une photo avec le membre supérieur gauche levé et l’index pointé vers le haut, monsieur Sassou Nguesso se dresse comme un Chef de guerre avec ses troupes en ordre de bataille. Les listes des candidats du PCT (Parti congolais du travail) sont bouclées mêlant les enfants biologiques du Chef suprême ainsi que ceux des compagnons serviles et la famille. Il ne faut pas oublier les enfants achetés (les orphelins) pour faire l’illusion de l’unité nationale, bien que de leur vivant les parents de ces derniers ne partageaient pas les idées du PCT. Après, il ne faudra pas oublier les maitresses et les opportunistes. Grand seigneur, le PCT laissera quelques miettes à l’Opposition à genoux.
Que fera monsieur Pascal Tsaty Mabiala lui qui disait que « l’Opposition n’est pas sa tasse de thé » ? Sera-t-il élu sur les listes cachées du PCT ou plus subtilement avec l’appui du PCT lui qui ne sert à rien politiquement dans ce pays ? Même la guerre du 05 juin 1997, il l’avait perdu. Pauvre feu Président Pascal Lissouba d’avoir eu un tel ministre de la Défense. Son seul fait d’arme c’est d’avoir bien dirigé l’école du parti (du PCT) en inculquant le marxisme-léninisme aux Congolaises et aux Congolais du temps où le parti dirigeait l’État, une absurdité qui se répète aujourd’hui avec des recommandations à des postes de responsabilité de certains membres du PCT par leurs dirigeants. On aura tout vu dans ce pays et ce n’est pas fini. Serons-nous dans une dystopie ?
Pourquoi ne pas revenir au temps du parti unique, le PCT, pour une clarté du débat idéologique, une honnêteté intellectuelle, et pour que tous les députés puissent provenir du Comité central pléthorique du PCT. Et les sénateurs à train de tortue du PCT suivront.
Maintenu au pouvoir par la force des armes, monsieur Denis Sassou Nguesso impose au peuple congolais un simulacre d’élections législatives en juillet 2022 avec à la clé le pillage du trésor public congolais. Tout est prétexte au Congo-Brazzaville pour voler l’argent des Congolaises et des Congolais. Ils n’ont pas honte car c’est dans leur nature.
Le cycle infernal se renouvelle avec des promesses non tenues, la distribution de tee-shirts à l’effigie de monsieur Sassou Nguesso le grand calife du PCT tant l’homme aime se mettre en spectacle, et la corruption des esprits faibles avec quelques billets de banque.
Monsieur Denis Sassou Nguesso Chef d’État par défaut ou plutôt Chef de clan qui devrait être au-dessus des partis s’est toujours comporté comme le Chef suprême du PCT. A-t-il au moins compris ou perçu la quintessence de la mission usurpée du peuple congolais ? Mais ici, nous sommes dans la confusion des rôles entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qui s’entremêlent pour ne plus faire qu’un seul pouvoir. Quant au quatrième pouvoir qui devrait être un contre-pouvoir, il est remplacé par des aboyeurs au service de la nomenklatura, une radio et télévision nationales au service de la propagande du pouvoir autocratique en place.
Le PCT est un parti propagandiste qui a avili au fil du temps toute la classe politique congolaise qui s’est vendue pour un plat de lentilles.
La démocratie ne consiste pas seulement à organiser des élections à heure fixe, mais à assurer aussi le bien-être du peuple qui vous confie le pouvoir par délégation. Mais les dictateurs par rapport aux démocrates ont le temps pour eux. Il faut par ailleurs libérer toutes les prisonnières (même les petites filles qui vous servent d’objet sexuel) et tous les prisonniers politiques auxquels vous faites endurer une existence inhumaine dans vos geôles insalubres.
Le rêve du peuple congolais se vit en regardant les télévisions occidentales ou sur papier glacé tel Jeune Afrique qui entretient l’illusion que le Congo-Brazzaville est une démocratie et que les élections législatives seront libres et transparentes avec une Assemblée nationale « absolument » Sassou. Nous y sommes déjà puisque le Congo-Brazzaville est la propriété personnelle de monsieur Denis Sassou Nguesso comme le Roi des Belges avec le Congo belge lors de la colonisation.
Les acquis de nos Pères fondateurs ont été bradés, sacrifiés pour le profit, notamment la santé gratuite et l’école gratuite que nous avons connues alors que dans le même temps le pays est devenu de plus en plus et immensément riche avec des dirigeants aigrefins.
Les maux qui minent notre pays ne sont pas les projets politiques utopiques, mais l’importante masse d’argent que nous avons. La redistribution équitable de la richesse nationale est l’équation insoluble qui se pose actuellement au Congo-Brazzaville ; 1% de la population congolaise tient en laisse le peuple congolais tel un chien à qui on donne des ordres : couché-assis-debout. C’est lamentable.
Le peuple congolais est amaigri et manque d’énergie. Comment compte-t-il se remobiliser en juillet 2022 comme l’écrit pompeusement Jeune Afrique ? Ici nous avons la conception de la Vieille Afrique. Les temps changent et personne n’est dupe. Monsieur Denis Sassou Nguesso n’a pas besoin des élections législatives pour conserver la majorité à l’Assemblée nationale puisqu’au Congo-Brazzaville tout le monde est nommé et personne n’est élue. En dehors des députés, des sénateurs, même les maires sont nommés pour surveiller de près les habitants. C’est Big Brother à la sauce congolaise.
Donc pour nous rien de nouveau dans cette ladrerie congolaise.
Le peuple congolais affamé, vieilli, dévêtu prendra ce que l’on va lui donner et aura son petit quart d’heure de gloire sur cette terre. Après, on baissera le rideau et le pillage va continuer avec les disciples.
Le porte-parole du PCT sans gêne nous assène : « Nous voulons consolider notre position pour être en mesure de mieux accompagner le président Sassou Nguesso dans la mise en œuvre de son projet de société (encore un de plus sans importance pour les Congolaises et les Congolais), qui est développé dans le Plan national de développement [PND] 2022-2026 ». Ce sont des plans de régression sociale, culturelle et intellectuelle que le PCT nous a toujours présentés.
Tout ceci nous ne réjouit point en pensant aux souffrances endurées par le peuple congolais depuis plus de 38 années cumulées de pouvoir tyrannique avec le PCT aux manettes. Comme disent les autres : « Nous sommes fatigués ». Mais ce n’est pas pour autant que nous allons baisser les bras. La lutte continue jusqu’à la victoire finale.
Un seul fait tangible, la démocratie n’existe pas au Congo-Brazzaville. Tout n’est que mascarade électorale. La réhabilitation des âmes et des corps au Congo-Brazzaville sera un chantier incommensurable à l’image de la destruction de l’Ukraine qu’il faudra reconstruire. Le Congo-Brazzaville est retourné à l’âge « des hommes des cavernes ».
Les dictateurs tels monsieur Denis Sassou Nguesso croit en leur impunité jusqu’à pouvoir flotter sur leur nuage de sang. Plus dure sera la chute.
Après la dictature au Congo-Brazzaville, notre liberté d’expression vient encore d’être entravée en France car vous ne pourrez plus avoir accès pendant 06 mois à nos contributions pour la restauration de la démocratie au Congo-Brazzaville sur le blog JECMAUS de MEDIAPART de notre très cher vaillant compatriote dont je tairais le nom n’ayant pas eu son accord. Cela ne nous étonne pas car la France est un pays dans lequel le RACISME est très prégnant à tous les étages, et n’oublions pas qu’un débat civilisationnel vient d’avoir lieu dans ce pays lors de la dernière élection présidentielle. Ce sont des signaux faibles d’un pays en voie de décomposition. Nous ne sommes que des NOIRES et des NOIRS et en plus des AFRICAINES et des AFRICAINS. Mais nous ne nous résumons pas qu’à cela et ce serait mal nous connaitre. Nous ne menons pas une guerre de civilisation en France, mais utilisons seulement la liberté d’expression dans un pays jadis lumière du monde devenu très liberticide.
Comme un éclair dans un ciel serein, un coup de tonnerre, la foudre, la censure de MEDIAPART vient encore de frapper le peuple congolais à travers la suspension du blog JECMAUS.
La Constitution américaine dans son premier amendement garantit la liberté d’expression. En France sous des prétextes juridiques fallacieux MEDIAPART nous musèle. Nous n’avons tué personne ni n’avons appelé au meurtre. Nous exprimons seulement notre souffrance de voir notre pays être ce qu’il est devenu. Peut-être que cela fait plaisir à MEDIAPART, mais qu’ils sachent que nous autres souffrons au plus profond de nos entrailles. Mais MEDIAPART est libre de sa ligne éditoriale que nous respectons. La seule question que nous posons à MEDIAPART : Devons-nous tous nous exiler aux États-Unis d’Amérique, le pays de la liberté, le leader du monde libre, où tout est possible même pour les NOIRS AFRICAINS que nous sommes ? La liberté d’expression est sous cloche en France.
À l’attention de MEDIAPART : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire ». Voltaire à qui l’on prête cette phrase doit se retourner dans sa tombe en voyant ce qu’est devenue la France en matière de liberté d’expression. Nous allons continuer à écrire jusqu’à la fin des temps afin que notre beau pays le Congo-Brazzaville resplendisse de nouveau. Vous avez le choix entre la guillotine ou nous mettre en prison.
Peuple congolais comme disait Victor Hugo : « Tenter, braver, persister, persévérer, s’être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête ; voilà l’exemple dont les peuples ont besoin, et la lumière qui les électrise. »
À la fin, la victoire ne sera que plus belle.
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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