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Congo-Brazzaville : Que sont devenus les 14 000 milliards de francs CFA des générations futures ?   

Congo-Brazzaville : Que sont devenus les 14 000 milliards de francs CFA des générations futures ?

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Par :  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA  

 

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Tout n’est pas perdu pour tout le monde, et il y a des silences qui en disent long.   

D’après nos sources, les 14 000 milliards de francs CFA (28 milliards de dollars US), pour ce qu’ils en restent, seraient logés principalement à Hong Kong et à Singapour.  Longtemps au-devant de la scène politique congolaise et présentés comme des potentiels dauphins, deux poids lourds des gouvernements de monsieur Denis Sassou Nguesso encore en activité ont dû avaler leur cravate et pour cause.   

En effet très en vue jadis, les sieurs Gilbert Ondongo et Jean-Jacques Bouya se font discrets ces temps derniers. Leur velléité de succéder à monsieur Denis Sassou Nguesso a été mise en berne à la demande de ce dernier. Cela ne s’arrête pas là, car ils se sont vu retirer la signature pour la gestion de ce qui reste des 14 000 milliards de francs CFA au profit de monsieur Denis Christel Sassou Nguesso, l’omnipotent ministre de la Coopération Internationale et de la Promotion du Partenariat Public-privé et kleptocrate de son état dans une kleptocratie (un État kleptocrate), ce qui n’étonne personne.   

Avant la guerre entre la Fédération de Russie et l’Ukraine, cette guerre qui semble redonner du sourire aux autorités congolaises du fait de l’envolée des prix du gaz et du pétrole (Le Cours du pétrole Brent en euros : 105.24 € le 02/05/2022), messieurs Gilbert Ondongo (nommé représentant personnel du président Denis Sassou Nguesso en mai 2021, ministre d’État : titre honorifique) et Jean-Jacques Bouya (actuel ministre de l’Aménagement du territoire des infrastructures et de l’entretien routier) étaient chargés de gérer le Fonds des générations futures pour les besoins de la famille Sassou Nguesso, pour payer les salaires des fonctionnaires afin d’éviter un soulèvement populaire et pour acheter des armes qui servent à tuer les Congolaises et les Congolais afin de maintenir en place par une répression sauvage cette tyrannie qui nous écrase.    

Jadis ministre d’État, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Portefeuille public, monsieur Gilbert Ondongo n’a pas oublié ses nuitées à 5000 euros à Venise en Italie, la saisie de 8 millions d’euros par la police portugaise dans une soi-disant maison de passage mis à sa disposition et la saisie de 22 millions d’euros saisis sur une autoroute de Malaga en Andalousie en Espagne. Tout cet argent n’était que de l’argent de poche pour notre cher ministre Gilbert Ondongo comparé au braquage des 28 milliards US des Fonds des générations futures qu’il gérait pour le compte de monsieur Denis Sassou Nguesso. Maintenant qu’il n’a plus accès à ce magot, ce dernier broie du noir.     

Monsieur Gilbert Ondongo nommé ministre d’État dans le gouvernement du Premier ministre Anatole Collinet Makosso se croyait au-dessus de tous les ministres. Mais sa nomination n’était qu’honorifique sans pouvoir réel, car le véritable Chef du gouvernement n’est autre que monsieur Denis Christel Sassou Nguesso, les yeux et les oreilles de monsieur Denis Sassou Nguesso père.   

Monsieur Denis Sassou Nguesso a choisi son camp, et c’est son fils monsieur Denis Christel Sassou Nguesso qui va lui succéder. Quid de l’avis des autres membres de la famille présidentielle et des membres influents du premier cercle familial ? Rien n’est encore gagné, chacun camp fourbit ses armes et l’implosion du système viendra de l’intérieur. C’est la nuit des longs couteaux.  

« N’exerce le pouvoir que celui qui le détient » est la maxime bien connue du monde politique. Le pouvoir par procuration n’existe pas ; C’est une délégation de pouvoir qui comprend le mot « délai » (pouvoir confié pour un temps précis) et « gaité » (pouvoir donné sans arrières pensées, dans la bonne humeur, en vue de la réalisation d’une mission).   

La fin de la délégation du pouvoir est arrivée. Le très remuant monsieur le ministre Jean-Jacques Bouya, ministre des Grands travaux chancelants se voit prier de se mettre en retrait afin de ne plus faire de l’ombre au Fils qui en train d’être mis sur orbite. La cure d’amaigrissement imposée à Jean-Jacques Bouya n’est pas qu’une mauvaise chose à double titre, dont l’une d’elle est la mauvaise qualité de ses ouvrages avec une corniche qui s’ébranle et des municipalisations accélérées avec des dégradations accélérées. Ce n’est pas le peuple congolais qui va se plaindre de cette diète imposée au ministre Jean-Jacques Bouya.   

Quant à la SNPC (Société Nationale des Pétroles du Congo), ses transactions financières se font maintenant exclusivement à Dubaï. À Hong Kong, nos amis les Chinois exigent que leur dette soit d’abord payée avant de faire des retraits mirobolants. Donc ce sont des retraits de fonds au compte-gouttes que le Congo-Brazzaville effectue à Hong Kong.   

Quant au dauphin imposé monsieur Denis Christel Sassou Nguesso, ses casseroles financières connus du monde entier notamment les 50 millions de dollars US spoliés du trésor public congolais et l’accord financier amiable négocié avec les États-Unis pour clore la procédure concernant les conditions d’acquisition, en 2012, d’un luxueux pied-à-terre acquis à Miami avec l’argent de la SNPC par Denis Christel Sassou Nguesso au nom de son épouse, Nathalie Bumba-Pembe. Selon les termes de l’accord, le clan Sassou Nguesso récupérera 250 000 dollars US sur le montant total de la vente, tandis que les États-Unis conserveront près de 1,9 million de dollars US restants. C’en est trop pour les milieux feutrés de la haute finance qui n’aiment pas que l’argent fasse du bruit. Ce dernier serait devenu infréquentable et peu mise sur le poulain vu son pédigrée.     

Les détracteurs au sein de la famille présidentielle de monsieur Denis Christel Sassou Nguesso se livrent à une bataille de boules puantes frisant le cynisme contre ce dernier montré à la vindicte populaire. Serait-il le seul à avoir volé au Congo-Brazzaville ? Arrêtez d’amuser la galerie et nous n’allons pas nous prêter à ce genre de divertissement car blanc bonnet, bonnet blanc. La guerre de succession a bel et bien commencé au Congo-Brazzaville. 

Le peuple congolais, le délaissé pour compte assiste à ce grand cirque avec beaucoup d’incrédulité. Son quotidien se dégrade au jour le jour bien que le groupe pétrolier italien ENI vient de signer avec le gouvernement congolais un contrat gazier de plusieurs milliards de dollars US pour 2023. Ne dit-on pas que le corrupteur revient toujours sur les lieux de la corruption ? C’est ça le Congo-Brazzaville d’aujourd’hui géré par des femmes et des hommes sans foi ni loi, qui manquent d’empathie vis à vis du peuple congolais qui regarde toujours passer le train sans avoir la possibilité d’y monter.    

Il est de notre devoir d’arrêter ce train fou qui nous mène tous dans le mur.   

Le travail d’investigations sur les circuits financiers des 14 000 milliards de francs CFA et autres fonds spoliés se poursuivent avec nos partenaires. Deux protagonistes et non des moindres viennent d’être formellement identifiés. Le moment venu, ils devraient rendre des comptes car être responsable c’est rendre des comptes.    

Les derniers développements politiques au Congo-Brazzaville n’augurent rien de bon pour l’avenir qui s’assombrit de plus en plus avec des deals faits en dépit de tout bon sens. Même les représentants du peuple nommés, les députés et les sénateurs, ne sont même pas consultés. Ces derniers n’ont la tête tournée que vers leur nomination. Tant il est vrai que l’on ne coupe pas la main qui vous nourrit. C’est ça faire la politique au Congo-Brazzaville.   

La démocratie c’est « Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. » selon la formule célèbre d’Abraham Lincoln, seizième président des États-Unis.    

La monarchisation du Congo-Brazzaville est en marche et il est temps que le peuple congolais se réveille, sorte de sa léthargie imposée déjà depuis plus de 38 ans années cumulées par la dictature qui dirige le Congo-Brazzaville.   

 

« Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » est cette citation de François Mitterrand que toutes et tous devons méditer.   

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA  

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