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Congo-Brazzaville : Le « roi » SASSOU  d’OYO est nu !

Congo-Brazzaville : Le  « roi »  SASSOU  d’OYO est nu !

 

Par :  Jean-Claude BERI

 

«… au-delà de la légitime indignation populaire et de l’inertie de certains compatriotes, il faut noter que  SASSOU est mis à nu par son propre système qui ne renferme que des délinquants économiques et des barbouzes assoiffés de sang. »    JCB

Personne ne peut se réjouir de la situation chaotique actuelle du Congo-Brazzaville du fait d’un dictateur nécrosé obsessionnel qui s’acharne à mourir au pouvoir et qui refuse de voir le désastre que sa politique tribale et clanique a plongé le pays dans une voie sans issue.

Le congolais doit absolument rester vigilant face aux discours politiques lénifiants et séduisants. Ils peuvent masquer des manœuvres mégalomaniaques. Une fois le pouvoir obtenu, l’élu peut y compris en démocratie, placer à tout moment les bases d’un concept destructeur de libertés.

Un peuple fort, uni, lucide et affirmé dynamise et enracine la démocratie. Il ne se laissera pas asservir. En revanche, un peuple en crise, divisé, humilié est plus facile à piéger. Il servira de proie idéale au(x) prédateur(s). Les peuples dirigés par des tyrans sont souvent sur le qui-vive, inquiets et épuisés psychologiquement et économiquement. C’est ce système qui a été planifié et mis en branle au Congo-Brazzaville. Doit-on le laisser perdurer ?

L’affaire de tentatives d’assassinats des opposants congolais en France est un classique des méthodes que le monstre d’Alima affectionne. Des barbouzes s’activent toujours dans les arrière-cours de son système prédateur. Sassou n’a jamais gouverné autrement que par la confiscation du pouvoir pour imposer ses propres objectifs sans que le peuple ait droit au chapitre.

Le problème de SASSOU est qu’il est un champion de lutte tribale. La gestion clanique du pouvoir est la seule technique que son logiciel mental contient. En plus, il gouverne dans le mensonge en bradant tout sur son passage pour conquérir les cœurs des derniers carrés de la Francafrique. Prétextant rompre ainsi avec les vieilles méthodes, ce système a généralisé le pire que le Congo n’ait jamais connu en une cinquantaine d’années d’indépendance.

Le Congo de Sassou est un pays à terre. Les différentes informations journalistiques qui nous parviennent démontrent que la situation va de pire en pire. Tous les chantiers dans l’ensemble du pays sont en arrêt à l’exception de ceux financés par Eximbank de Chine. Des routes avec des crevasses énormes, ponts fissurés et des érosions non traitées, l’insalubrité et le tsunami social font partie du décor quotidien des Congolais. Aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon. Une rentrée scolaire difficile plongée dans le dénuement infrastructurel, une crise alimentaire qui fait plomber les prix des denrées alimentaires, l’escalade du prix du pain, l’incertitude des fins du mois pour les fonctionnaires. Une situation politique des plus scabreuses marquée par les intimidations, les arrestations, les empoissonnements et les autres tentatives d’assassinats. Comme si cela ne suffisait pas le pouvoir de Brazzaville exporte la violence sur ces concitoyens hors de son territoire. L’incarnation des belles promesses qui est la marque de fabrique de son système s’effrite. On ne peut pas proclamer la confiance et faire régner la peur.

L’inaptitude de SASSOU NGUESSO a dirigé le Congo-Brazzaville n’est plus à démontrer. C’est même devenu un cas d’école dans certaines formations en sciences politiques africaines. Comment transformer un pays riche en un pays gravement endetté en moins mois de 17 ans ?  

Du haut de son estrade, le Roi fou d’OYO peine aujourd’hui à  sortir du tourbillon économique qui s’achemine à petit feu vers un chamboulement social. Tourbillon qu’il a créé lui-même simplement en adoptant une attitude de repli clanique obstruant la vue à toute autre logique ni autre proposition.

En réalité le système sassou qui croyait trouver dans les relations corrompues avec certains maffieux français le moyen le plus sûr pour garantir son pouvoir découvre que la France est prête de déshabiller Pierre pour habiller Paul.   Le voyant essoufflé, déshumanisé, usé et sucé jusqu’à la moelle, le roi est en train d’être déshabillé par ceux-là même qui l’ont habillé. Aujourd’hui c’est un Roi nu.  C’est dire  qu’il n’était qu’un pion, une sorte de kleenex serviable à merci il est temps de le jeter.

Indéniablement, 30 ans à tester des mesures impopulaires et incohérentes, cela relève de l’incompétence et d’un amateurisme flagrant. De tous les périls, celui des inégalités sociales insupportables méritent, et même exigent, notre implication totale. Tout ce qui concourt à fissurer, cloisonner, hiérarchiser et diviser la société, tout ce qui à la fois surprotège le monde clanique des oligarchies et divise le peuple, doit être combattu.

Le fait est que SASSOU et son entourage, malgré l’échec prévisible de leur politique continue d’appliquer leur plan suicidaire. Ce système mis à nu  n’ayant confiance en personne, ne pouvant s’appuyer sur aucune légitimité et cultivant l’art de diviser pour régner, il est dans l’obligation de soumettre à ses vues les agents qui garantissent sa sécurité et l’application de sa volonté par des méthodes « barbouziennes » pour se donner une existence.

Le Roi nu joue sa dernière carte qui consiste à maintenir une surveillance et un flicage accru sur  des opposants comme on l’a vu récemment sur la place de Paris. Mais également, il multiplie les  interventions dans la rue pour briser toutes les résistances. Le pouvoir s’emploie à gérer directement toute chose si minime soit-elle et surtout à préparer un choc encore plus violent, seulement ce programme ne peut conduire qu’à la désintégration des structures de la nation.

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère où tous les coups seront permis, y compris l’acharnement contre une victime à terre…

Mais au-delà de la légitime indignation populaire et de l’inertie de certains compatriotes, il faut noter que  SASSOU est mis à nu par son propre système qui ne renferme que des délinquants économiques et des barbouzes assoiffés de sang.

Ne nous leurrons pas ce système est mourant et doit être désarticulé,  s’il veut échapper au péril.

Notre action doit d’abord s’enraciner dans le vécu et les attentes des populations, s’appuyer sur des espaces de parole et de réflexion adaptés d’où germera une « alternance » cohérente et concertée. C’est un vrai défi. Saurons-nous le relever ? Seul l’avenir l’indiquera.

Le monde occidental en particulier français, premier soutien de la dictature congolaise voit filer tous les jours un peu plus les acquis nationaux et démocratiques sur lesquels il a prospéré et qu’il a gagnés autrefois au prix du sang et de la lutte. Pourtant les citoyens français, directement concernées, sont tétanisés par la peur de perdre les dernières miettes des acquis politiques et sociaux. Ils se croient toujours dans une zone de confort bien que fortement réduite.

A l’instar de toute dictature, de tout pouvoir clanique, le système Sassou s’effrite car il comporte dans son sein les germes de sa propre destruction. Ainsi, les congolais doivent s’imprégner de la réalité que rien n’est éternel et se préparer aux défis de demain. C’est aux congolais d’en décider de ce que sera fait demain.  Vous avez le destin de votre avenir dans vos mains maintenant. Qu’on ne s’y trompe pas l’échec actuel de notre démocratie, la faiblesse grave de notre économie n’est pas imputable aux congolais, c’est l’échec, d’un parti, d’un clan, d’un gouvernement, d’une politique hasardeuse et semée d’antivaleurs symbolisé par le PCT depuis plus d’une quarantaine d’année..

Jean-Claude BERI

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