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Congo-Brazzaville: Silence, la pollution environnementale se poursuit

 

Par  Jean-Claude  BERI

 

Merci à Michel ONDONGO PANDI pour le partage.

Les sujets autour de l’écologie et l ‘environnement ont pour réputation d’avoir peu de succès chez les politiques du SASSOULAND. Pourtant depuis 2000 les effets dévastateurs du non respect de l’environnement sont autant impressionnant qu’alarmant. Nous avions fait de ce théme notre cheval de bataille. Aussi, nous avions dénoncé la prolifération des sacs plastiques. Le gouvernement des incompétents , après avoir longtemps minimiser l’impact de ce projet, a fini par se résoudre devant l’étendu de la menace et du danger réel encouru par les populations. Eric Patrick MAMPOUYA en 2012 écrivait je cite   » Après une campagne de sensibilisation via internet et au Congo Brazzaville, menée par l’Association Développer Autrement le Congo en sigle DAC de Jean- Claude BERI, sur les conséquences sur l’environnement de l’utilisation des sacs plastiques, le Gouvernement congolais avait pris en conseil des ministres, le 1er juin 2011, la décision d’interdire la production, l’importation et la commercialisation des sacs en plastique en République du Congo ». (1)

8 ans après la publication d’un décret présidentiel interdisant l’importation, la commercialisation et l’utilisation des emballages en plastique bouleversait les habitudes de nombreux d’entre nous. cette interdiction souffre de nombreuses lacunes face à une politique faible et des mesures
moins strictes encouragées par une impunité totale des « pseudos opérateurs qui reconquis ce marché dangereux . Résultat, un marché noir s’est développé et géré par certains caciques du clan loin des regards indiscrets avec une nouvelle dénomination « Niaou » (chat en français), qui apparaît comme un code, grâce auquel un client peut s’approvisionner en sachets plastiques quelle qu’en soit la quantité.

En décembre 2012, nous dénoncions la pollution marine exposant les population de Pointe-Noire en particulier le site des pécheurs et les côtes le long du conkouati victime une énorme fuite de pétrole causant une grande pollution marine( 2)

A KELLE , des permis d’exploitation concernent des régions agricoles connues pour être le grenier alimentaire du Congo furent délivrées sans tenir compte des conséquence environnementales. L’exploitation de ces terres inquiète les populations car l’exemple de la zone de Kéllé au Nord du Congo démontre que la Chine fait fi de tout respect environnemental.

« Au-delà de cette dépossession, leur constat est amer car les entreprises minières provoquent une vaste déforestation et n’apportent aucune infrastructure àce district reculé. Les habitants constatent la destruction de leur environnement, la recrudescence de moustiques, la pollution des rivières et des cours d’eaux environnants. Ils vivent mal au quotidien, souffrent du manque d’hôpitaux, d’écoles, de routes, d’eau potable et se demandent « si au Congo il y a des défenseurs de la nature ».

Cette catastrophe écologique est le prélude à une large contamination des eaux, et les nouveaux accords d’exploitation ne sont pas un signe positif pour un régime qui s’est pourtant engagé dans un programme de Fonds bleu pour le Bassin du Congo…(3)

Aujourd’hui on nous signale une possible catastrophe écologique à venir dans le district de MFOUATI dans le département de la Bouenza. En cause la société chinoise SOREMI S.A qui exploite le cuivre dans une localité de ce district en utilisant des méthodes peu orthodoxes d’évacuation des déchets. Cette dernière n’ pas trouvé mieux que de reverser des déchets polluant dans la rivières avoisinantes entrainant une pollution dangereuse L eau , ainsi contaminée prend une coloration rouge cuivre, blanche mélangé au calcaire et parfois trouble impactant l ‘écosystème Il est également dénoncé par les population de cette localité une forte odeur nauséabonde qui est ressentie tout le long du cours de la rivière impactant les villages aux alentours Cette pollution aurait atteint la rivière KOUILOU
Malgré les multiples plaintes des populations, le gouvernement congolais dans son inertie habituelle minimise la portée de la situation. Le risque pollution s’entend à une vitesse telle qu’on ne parlera plus seulement de la région de la BOUENZA mais également du NIARI et du KOUILOU. La situation dépasserait le cadre départemental

Décidément ce gouvernement brille par une insouciance et une incompétence indescriptible. Il y a des situations qui dans d’autres cieux auraient déclenché un tollé de mécontentement appelant à la responsabilité des pouvoirs publics et surtout à la sécurisation et a la protectuion de l’environnement face à de éventuelle catastrophe environnementale. Ce gouvernement ayant pris la fâcheuse habitude de dissimuler les informations s’est de nouveau livré a cet exercice d’irresponsabilité en choisissant ne pas révéler la propagation d’une pollution en cours sur les rivières allant de MFOUATI au KOUILOU
Ce qui est insupportable, c’est de constater avec effroi que ce gouvernement ne communique pas sur cette situation qui aujourd’hui est de notoriété publique. C’est plus ou moins un sabotage des valeurs républicaines auquel nous assistons. En expose les populations aux multiples dangers environnementaux pour choisir la fuite en avant au lieu de prendre les responsabilités qui s’imposent dans des pareilles circonstances. Nous savons que la protection de l’environnement est une priorité de seconde catégorie pour ce gouvernement dont l’avidité mercantile est placée au sommet de l’échelle.

Le peuple congolais désespéré et abandonné par son propre gouvernement assiste avec une certaine forme de résignation à la destruction de son tissu environnemental.

 

Jean-Claude  BERI

(1) http://mampouya.over-blog.com/article-les-sacs-en-plastique-la-purge-debaptiser-nos-rues-97251971.html

(2) https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/161212/congo-brazzaville-pollution-sous-silence-les-populations-victimes-et-exposees

(3) http://www.dac-presse.com/quand-le-congo-brade-son-patrimoine-ecologique-aux-chinois/

 

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