DIASPORA, Politique

Congo : Paulin Makaya, l’homme solitaire

Paulin MAKAYA

Par :  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Quoi qu’il en soit, Sassou est le problème du Congo. En cela, il ne peut pas faire partie de la solution. Il est temps après avoir échoué qu’il tire sa révérence et qu’on l’oublie dans les profondeurs de l’histoire car le mal qu’il nous aura causé est incommensurable…

Il y a une constance dans l’homme, ancien proche collaborateur de feu Bernard Kolélas, sa vision solitaire du pouvoir alors qu’en l’état actuel des choses dans notre pays toute l’opposition concoure au départ du tyran à bout de souffle qui humilie à longueur de journée les congolais qui n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Nul besoin de revenir sur les épisodes postérieurs de son équipée solitaire qui avait conduit à son injuste incarcération. Le loup Sassou voyant une brebis égarée hors du troupeau, une proie facile, n’a pas hésité à s’en emparer pour montrer ses muscles et terroriser l’opposition républicaine.

La rhétorique actuelle du Président de l’UPC (Unis pour le Congo), Paulin Makaya « sur la promotion des compétitions des talents » est une lubie dans le contexte actuel. Un talent est une combinaison rare de compétences rares, d’où sa rareté. Le Congo a besoin de liberté et d’une union de compétences qui sortira notre pays du marasme dans lequel il se trouve. Il en sortira forcément un leader que le peuple aura choisi démocratiquement. Comme dans tout projet, il n’y a qu’un seul responsable et beaucoup d’acteurs. Et chacun de nous en fonction de son expertise y trouvera sa place. Actuellement l’opposition congolaise a besoin de rassemblement, d’union, et de projet de société alternatif qui tarde à sortir car nous sommes une opposition pour gouverner.

Les humiliations infligées à Paulin Makaya et à un nombre d’entre nous qui les subissent encore sont intolérables dans une démocratie. Mais le Congo est une dictature. Combien de Congolais ont passé, parfois de très proches, des années de détention arbitraire dans les geôles de cette même dictature sans en faire un label de respectabilité politique. Au Congo nous sommes dans l’irrationnel du fait d’un pouvoir aveugle qui frappe sans discernement dans le seul but d’humilier ses adversaires politiques.

Après l’épisode malheureux du Pasteur Ntumi flatté par des rencontres avec les sbires de la dictature et son passage de terroriste à homme de la paix, Paulin Makaya doit se recentrer sur l’essentiel de notre combat qui est celui de la restauration de la démocratie au Congo avec le départ sans condition de Sassou qui est incapable de respecter ses propres serments. L’homme ne change pas au fil des années, nourri avec sa clique au lait et au miel à la sueur des travailleurs congolais. La valeur travail ne fait pas partie de son vocabulaire.

Quoi qu’il en soit, Sassou est le problème du Congo. En cela, il ne peut pas faire partie de la solution. Il est temps après avoir échoué qu’il tire sa révérence et qu’on l’oublie dans les profondeurs de l’histoire car le mal qu’il nous aura causé est incommensurable.

Le moment du pardon et de la réconciliation arrivera car aucun congolais ne veut marcher sur les cadavres de ses concitoyens pour accéder à la magistrature suprême. Le temps de la compétition arrivera, mais il ne faut jamais mettre la charrue avant les bœufs. Notre peuple souffre depuis plus de 40 ans alors que nous avons des hommes compétents pour le sortir de cette mauvaise passe.

La lutte continue et ne sera totale que lorsqu’il n’y aura plus de prisonniers politiques au Congo, à l’instar des plus emblématiques d’entre-eux que nous n’oublions jamais tels que Mokoko, Okombi Salissa et bien d’autres aussi talentueux.

Il est bien qu’après avoir été privé de liberté de faire la tournée des popotes, mais la cohérence de la pensée et de l’action est un élément essentiel du discours politique.

Le massacre du Pool s’est soldé par un accord paraphé sur le coin de la table avec comme revendication un statut politique, la reconstruction d’une maison et des moyens financiers pour le ramassage des armes. Tout ceci est pitoyable au regard du nombre des congolais morts pour le caprice du Prince et des déplacés du Pool qui ont tout perdu. Il est temps de changer la façon de faire la politique au service du peuple et non pour se faire applaudir par des illuminés. Nul n’est essentiel sans les autres et l’union fait la force.

Pour rappel, sans la conscience de Bowao, d’Okombi Salissa, de Mokoko et bien d’autres congolais épris de démocratie de la partie Nord du pays, le dictateur aura eu beau jeu d’ethniciser le débat et d’incriminer les Sudistes comme il aime les appeler d’en vouloir à son pouvoir qu’il croit détenir de Dieu. Le Congo est un et indivisible. Nul ne peut plus tolérer la dérive totalitaire d’un homme d’où qu’il vienne. Trop c’est trop. Le patriotisme des Congolais de tout bord a montré l’incapacité de ce système à bout de souffle de régler les problèmes basiques des Congolais. La corruption et la concussion sont érigées en normes sociales acceptables au vu et au su de tout le monde. Il est temps de nettoyer les écuries d’Augias.

A Paulin Makaya, l’union fait la force. La visite de courtoisie conduite à votre domicile par madame Claudine Munari, Présidente de la fédération de l’opposition congolaise, est une main tendue pleine d’humilité. Vous faites partie des nôtres et nous ne l’oublions pas car nous partageons les mêmes idéaux. Le moment venu, le peuple choisira en fonction de la capacité des uns et des autres à diriger et non en fonction des cicatrices corporelles ou mentales subies.

Nous avons tous soufferts de votre privation de liberté que nous n’avons cessé de dénoncer à notre humble niveau. Votre attitude sans concession avec la machine à broyer en place fait de vous un acteur politique de notre pays. Vous avez cru en quelque chose même si cela pour vous a signifié perdre votre liberté et enduré des souffrances inutiles.

C’est Zig Ziglar qui disait : « C’est votre attitude, plus que votre aptitude qui détermine votre altitude. » Toute cette expérience ne doit pas être un coup d’épée dans l’eau sinon votre combat aura été vain. Et comme toujours nous devrons apprendre de nos erreurs.

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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