DIASPORA, Editorial, Justice, Politique, Société

Contre la corruption,  le temps de l’action

Par  Jean-Claude BERI

 

« Ce qui constitue la vraie démocratie, ce n’est pas de reconnaitre des égaux mais d’en faire »  GAMBETTA

Tant de Congolais aspirent effectivement à un avenir meilleur, un avenir où leur quotidien ne serait plus un parcours de combattant semé d’obstacles presque  infranchissables pour beaucoup. Sauf à détenir les clés de la survie au Congo-Brazzaville. Car le pays est devenu une vraie jungle où les plus forts « bouffent » les plus faibles sans état d’âme. L’important, c’est d’être au-dessus de la mêlée quel que soit le moyen utilisé. Le mal important qui ne cesse de crucifié le pays demeure la corruption et le détournement des fonds publics sous les fallacieuses opérations de coopération ou d’aide au développement. Un projet décidé seul par le gouvernement et sa bande de ministres et députés tous mouillés dans les opérations de corruption fomentent un accord complètement scandaleux.

Ce début de saison sèche pour les congolais de Brazzaville  et l’été pour ceux de France   ne s’annonce pas sous de bons auspices pour le pays  Toute personne qui sait lire entre les lignes  la réalité qui se présente devant nos yeux sous couvert de Dialogue par ici et tractations maffieuses par là. On se retrouve devant une scène déjà jouée qui, en définitive, on le sait d’avance,  se termine toujours par un grand rassemblement de tous ceux qui s’agitent aujourd’hui sous couvert d’une opposition enfin réveillée,  recouvrant leur esprit  et  un système clanique  jouant la partition de l’unité tronquée. Les deux ne sont que les pions d’un même échiquier poussé par un même homme. On est tout simplement rentré là dans une énième  phase vitale de déstructuration de notre socle politique national pour créer les nouveaux mécanismes de corruption, d’avilissement de l’homme politique congolais et surtout de prédation contre tout sursaut national qui se manifesterait en dehors de ce complot nauséabond et  injuste pour  tout le peuple congolais.

Les idées de transformations et de changement qui sont  les nôtres aujourd’hui ont un pouvoir sociopolitique national qui montrent tout simplement  le temps du vrai changement est en marche. Ces idées de changement qui foisonnent ci et là sont les vrais espoirs nationaux permettant de renverser un ordre social donné, seules les mobilisations populaires d’ampleur qui les accompagneront offriront  à l’histoire les soubresauts imprévus capables de changer la donne.

Alors autant le dire, le Congo qui se construira demain ne sera nullement celui qui se  résout  à la domination d’un groupe clanique même puissamment armé. Faut-il le rappeler que la violence n’est que l’arme du faible ? Le moyen usé généralement par l’incompétent pour saupoudrer la réalité d’un habillage de peur, de corruption, de division pour continuer la longue marche de déstructuration ne perdurera longtemps

Ces effets d’annonces qui nous ont été servi durant la manifestation de l’étendue du désastre économique et financier saupoudrée d’une conférence économique   ne sont, sans l’ombre d’un doute,  qu’une grande  mascarade.Qu’est ce  qui a changé dans le quotidien des congolais ? Quelles promesses ce gouvernement va-t-il tenir pour lui délivrer un quitus ?  La rentrée prochaine des élèves et étudiants qui se profilent à l’horizon dans le secteur public  se passeront  de la même manière que les  années précédentes. C’est-à-dire dans le dénuement quasi-total des élèves obligés de se rabattre auprès des ONG, associations caritatives etc. pour espérer récupérer quelques fournitures scolaires. L’éternel problème de fourniture d’eau et d’électricité est tout simplement galvaudé, aucune décision sérieuse et nationale n’a été prise à cet effet. L’annonce d’un accord entre le Congo et le FMI peut-il pallier à la résolution du véritable problème qui est celui de la réhabilitation de tout le réseau d’énergie national datant de la colonisation, du paiement des retards de pensions des retraites, Le congolais recouvrera-t-il le plaisir de manger au moins deux repas par jour ?

 La corruption est devenue un acte banal, ordinaire, voir même la norme dans les structures étatique du pays. C’est une véritable gangrène pour l’économie. Nul besoin de rappeler ici que pour balayer les escaliers on commence de haut vers le bas, il faut attaquer d’abord nos palais de justice qui  refusent d’appliquer les sanctions voir  contraindre ceux qui ont été cités dans beaucoup de rapports compromettants comme les plus corrompus, de payer ce qu’ils ont pris injustement a la société. La corruption est un mal qui met le Congo  à genoux, car elle permet le détournement des fonds propres prévus pour la mise en place des projets de développements au profit de tierces personnes. La corruption telle qu’elle se développe au Congo nuit gravement à la prise de décision. Elle affaiblit nos institutions financières, réduit le niveau des ressources publiques et détériore l’efficacité et l’équité de la dépense publique. Elle entraîne un maximum de conséquences négatives sur le fonctionnement des administrations financières et le budget de l’État (réduction des ressources publiques, augmentation des dépenses publiques et accroissement de la dette publique).Tout ça parce que le laxisme et l’impunité ont pris le pouvoir.

Au Congo-Brazzaville, pratiquer la politique du ventre est devenue la règle générale pour tous.

Connaissez-vous les propriétaires de tous ces hôtels et autres commerces qui jaillissent comme des champignons dans nos villes et villages ? Aller voir comment s’effectue le dédouanement des marchandises dans les bureaux des Douanes. Cardiaques s’abstenir… Les règlements de la fonction publique et le code militaire ont-ils encore un sens dans ce pays ? Les fonctionnaires Civils et Militaires en cause ont-ils le sens de l’orthodoxie de leur fonction ? Existe-t-il une autorité pouvant réprimander de tels méfaits ?

La qualité de commerçant est incompatible avec l’exercice de certaines professions. Ces incompatibilités sont généralement justifiées par l’idée que l’exercice de ces professions doit être totalement indépendant et que cette indépendance se trouverait menacée par l’exercice d’une activité commerciale. Le non-respect de ces incompatibilités expose la personne à des sanctions professionnelles (révocation, destitution, radiation…).Un fonctionnaire Civil ou Militaire ne peut exercer à titre professionnel une activité commerciale. La jurisprudence a précisé les conséquences de cette incompatibilité. Toutefois, cette incompatibilité ne peut être invoquée par le fonctionnaire pour se soustraire à ses obligations (Com, 30 janvier 1996, Bull. Civ. IV n° 30). La pratique de compromission de 20 ou 30 % n’émeut aucune autorité dans le gouvernement. Aller voir à La CCA (Caisse Congolaise d’Amortissement), au Trésor Public, à la CREF, les Douanes,  dans tous les Ministères comment les citoyens véreux obtiennent les marchés publics. Comment ne pas se révolter au regard de toutes pratiques rustres ?

Dans le pays, grands nombres  de Fonctionnaires et d’Officiers Généraux et Supérieurs sont devenus commerçants, au vu et au su de tous les congolais. Contrairement au Code de déontologie de la Fonction Publique qui interdit à tout fonctionnaire l’exercice du commerce. Pis encore, les commerces qui appartiennent à ces fonctionnaires ou leurs épouses ne versent aucun impôt ou taxe au Trésor Public. C’est le cas des taxis et bus ; j’en passe…

Pour couronner le tout, on assiste aux mascarades de réconciliation d’un pseudo grand parti devenu l’ombre de lui-même. Une réconciliation ne doit pas exclure  une frange de ses militants, une réconciliation se ne décrète pas dans un salon feutré sous l’œil bienveillant et très affectif d’un pouvoir gouvernemental aux abois. Une réconciliation est avant tout un dialogue franc et juste. La vraie réconciliation est celle qu’on  doit au peuple congolais. Les congolais   que vous avez divisés inutilement à cause de vos ego démesurés. A ce sujet, ce parti demeure amnésique. Quelle différence entre le PCT et les  UPADS, MCDDI etc. pouvons-nous faire actuellement?

A part le fait que  les uns gouvernent en dilapidant les richesses du pays et les autres sont gracieusement payés par les premiers en feignant de jouer le rôle d’opposition de façade ou d’accompagnement. Tout çà laisse un goût amer et d’inachevé et réconforte notre combat de ne plus accorder un seul crédit aux hommes qui ont fait leur temps et qui continuent de patauger dans le mensonge et  à la poursuite du gain facile.

La présence de BOWAO en France et dans les milieux bien choisis de la diaspora  a fini par faire exploser une frange de l’opposition. Le résultat est là, on pousse précipitamment un jeune à se positionner en 2021 à la présidence. Malgré le talent, malgré son implication, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, dans ce combat, cela est une décision  suicidaire. Le froid du TIBET a certainement entamé une partie de ses  neurones. J’ai beaucoup d’estime pour ce garçon que je trouve assez pertinent et réfléchi J’étais loin de m’imaginer qu’il serait capable de tomber dans le premier piégé tendu au point de se renier. Cela reste son choix nous le respectons. Mais ne le calomnions pas , nous avons en face une des pires dictatures africaines qui utilisent  les pires stratégies inimaginables.

A nous congolais, de l’intérieur, comme ceux de la diaspora, le temps de la peur doit être derrière nous. Le temps des grandes mobilisations s’imposent partout dans le pays pour refuser l’ambition  gouvernemental de démanteler notre avenir en mille morceaux. N’ayons pas peur des mots, notre avenir commun est en cause. Un choix sociétal  impose que notre action soit juste, visible et proche du peuple. Surtout pas dans la frénésie de la course au fauteuil présidentiel. Il y a un temps pour chaque chose.

Toutes les personnes de conscience le savent désormais. Le gouvernement congolais  et ses affidés : pseudos opposition, association d’opposition de façade etc.  Qui contrôlent un appareil d’État (clanique), qui ont enfoncé au pas de charge toutes les frontières de l’ensauvagement congolais,  installant l’un des pires néo conservatismes que le pays n’ai jamais connu, n’hésitant pas à puiser sa semence idéologique dans les pires caniveaux  de la corruption, de l’ethnisation des postes stratégiques, tout en voulant déchirer, cela va de soi, les dernières pages de notre lien social national.

 Comme le disait si bien le philosophe   Jacques Derrida  «Plus que jamais, retenons une leçon immuable : pour agir politiquement, il faut penser historiquement.»

L’histoire nous la connaissons pour avoir été des victimes de ces hommes, de leur politique gangrenée d’antivaleurs. Nous ne retomberons plus jamais dans le passé. L’histoire est là justement pour nous  le rappeler.

Plus que jamais, mobilisons-nous pour montrer qu’une  autre voie est possible. Pas,  certainement celle qui nous ai imposé. La solution n’est pas dans la course au fauteuil présidentiel. Mais plutôt dans la conscientisation de la population pour une autre politique et un autre système. Cela ne peut se faire ni  dans la précipitation, ni dans le cafouillage ‘semi ethnique’ d’un choix propulsé par certains et imposé aux autres. On a adhère à une idée brillamment explicite, convaincante, pragmatique, réalisable  et non à un groupe ethnique.

Il est temps que nous, congolais de la diaspora, entamons la marche vers le retour dans notre pays pour apporter ce message de changement dans le respect de nos principes de paix et de développement. Nos idées rassemblées, notre projet consolidé, le temps de l’action nous tend aujourd’hui les bras. C’est là tout le sens profond de notre action.

Le gouvernement congolais  ne pourra plus nier que le climat a changé et que les tentatives de manipulation de l’opinion n’auront pas suffi à faire triompher sa guerre sociale. Les jeux ne sont donc pas faits. L’Histoire l’exige : personne ne doit faire défaut. Il est temps d’avancer vers le choix qui est le nôtre, celui de l’action et du changement. Il est temps de montrer que nous sommes capables de taire nos différences pour ne privilégier que le Congo. Il est temps de fédérer toutes les forces vives de la démocratie pour la reconstruction.  En un mot,  voici venu le temps de l’action.

Jean-Claude BERI

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