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Des coupables idéals, Jean Jacques BOUYA et Gilbert ONDONGO ne sont pas seuls responsables.

Jean Jacques BOUYA et Gilbert ONDONGO

Par : Patrick Eric MAMPOUYA

Une alerte de la Lettre du Continent (LC) postée sur Facebook le 18 septembre 2018 est tout de suite devenue virale sur les réseaux sociaux. Cette alerte dit clairement que nos deux compatriotes, « Jean Jacques Bouya et Gilbert Ondongo sont dans la ligne de mire du gouvernement Chinois pour avoir causé le naufrage de l’économie du Congo ».

Si le sérieux de la Lettre du Continent n’est plus à démontrer, il y a lieu de s’interroger sur la pertinence des telles allégations ou affirmations. Est-ce un fake news ou une manœuvre pour envoyer au buché des coupables idéals afin de protéger les véritables responsables du naufrage Congolais ?

Je n’ai aucune sympathie particulière pour nos deux compatriotes mais, il y a quand lieu de s’interroger sur les manœuvres de la Lettre du Continent. Si nos deux lascars ne sont pas totalement innocents des déboires de notre pays, il est quand même curieux de les faire passer pour les seuls responsables.

Pourquoi la Lettre du Continent (LC) se lance dans des articles ou alertes qui tendent à faire croire que monsieur Denis Sassou Nguesso est celui qui lutte contre la corruption au Congo-Brazzaville.

La LC veut en réalité nettoyer l’image de monsieur Denis Sassou Nguesso en insinuant que les corrompus ne sont que ses ministres Jean Jacques Bouya et Gilbert Ondongo. Elle fait ce travail pour permettre à monsieur Denis Sassou Nguesso de rebondir avec un simple changement de gouvernement.

Eclairage sur les manipulations des entreprises Chinoises

La Lettre du Continent s’amuse à minimiser la dette du Congo-Brazzaville auprès de la Chine et à distiller des informations que ni le gouvernement Congolais ni les autorités Chinoises n’ont rendu publique.

Les entreprises Chinoises appartenant aux Congolais sont principalement la propriété de monsieur Sassou Nguesso. Jean Jacques Bouya est derrière lui. Il ne peut rien faire parce qu’il serait lui-même l’arroseur arrosé.

Les comptes  bancaires domiciliés à Shanghaï et à Hong Kong appartenant aux Congolais, c’est principalement lui et son fils Denis Christel Sassou Nguesso dit kiki. D’ailleurs au cours de la réception faite à la délégation Congolaise conduite par monsieur Sassou Nguesso Denis, le maire de Shangai avait remercié publiquement le Gouvernement Congolais pour les investissements massifs réalisés par les Congolais à Shangai.

Le Maire de Shangai a dit que ce sont les investissements Congolaises à Shangai qui ont sauvé la vie économique de Shangai. Voilà donc une destination possible des 14 000 milliards pour les générations futures. Une partie de l’argent des générations futures aurait été investi à Shangai.

Le FMI a pourtant été clair, il demande aux autorités de renégocier la dette du Congo-Brazzaville avec la Chine afin de rendre celle-ci soutenable. La Chine a annoncé clairement l’annulation de la dette pour certains pays africains comme la Namibie ou Djibouti. Cela n’a pas été un secret, mais pourquoi l’annulation de la dette du Congo-Brazzaville est annoncée par la Lettre du Continent (LC), un mois après le sommet Chine-Afrique ? Et elle parle d’engagement.

Comment un média comme la Lettre du Continent peut être aussi léger dans le traitement d’une information de cette envergure ?

Arrogant et suffisant comme jamais, un sourire narquois au coin de la bouche, le ministre d’État Alphonse Claude Silou annonçait le 22 Aout 2018 au cours d’une conférence de presse conduite par Pierre Ngolo le président du Sénat que le Congo-Brazzaville allait signer avec le FMI bientôt. Un mois après, la signature n’a toujours pas eu lieu, de qui se moque t-on ?

Le Congo-Brazzaville est géré et même géré de manière autocratique. La haute corruption est pensée et organisée par des personnes bien identifiées. Les Panama’s paper et les paradise’s paper ont listé des Congolais, les responsables des biens mal acquis au Congo-Brazzaville et ailleurs sont connus dans le monde, les journaux internationaux se font régulièrement l’échos des scandales financiers dans notre pays, d’où vient-il que la Chine pointe du doigt seulement deux compatriotes, est ce une manipulation pour soustraire le clan et la famille. Suivez mon regard.

La dette chinoise sur le Congo est l’arbre qui cache la forêt. On en parle au point où l’on pourrait croire que les malheurs actuels des Congolais sont du fait de la Chine. Tentons de faire un éclairage pour que les esprits soient fixés.

À combien s’élève la dette Chinoise et quelle est sa structuration?

La dette extérieure Congolaise s’élève aujourd’hui à environ 9,8 Milliards de dollars. 70% de cette dette est détenue par les entreprises chinoises. C’est l’équivalent de 6,8 Milliards de dollars. Mais attention, derrière cette dénomination « d’entreprises chinoises » se cache en réalité un écran de fumée. C’est  l’arbre qui cache la forêt.
Par entreprises Chinoises ici il faut simplement comprendre qu’il s’agit des sociétés de droit Chinois mais cela ne suppose pas qu’elles sont toutes détenues par l’État Chinois ou des sujets Chinois.

Sur les 70% donc 6,8 Milliards de dollars de dette que détiennent les entreprises de droit Chinois sur le Congo-Brazzaville, il y a bizarrement 15% soit environ 1 Milliards de dollars qui sont comptabilisés par la Caisse Congolaise d’Amortissement (CCA) comme étant une dette Chinoise. Mais ces entreprises de droit Congolais détenues officiellement par des sujets Chinois installés au Congo-Brazzaville sont des propriétés de messieurs Denis Sassou Nguesso et Jean Jacques Bouya. Les Chinois qui les détiennent ne sont que des prêtes noms.

Avant la dernière mission du Fonds Monétaire Internationale (FMI) au Congo-Brazzaville, c’est sans aucune honte que Jean Jacques Bouya avait sommé au nom du président de la République le Directeur général de la CCA d’intégrer dans la dette extérieure 200 Milliards de frs CFA soit 435 Millions de dollars au titre de la dette de ces fausses entreprises Chinoises de droit Congolais.

D’ailleurs pourquoi une entreprise de droit Congolais même détenue par un étranger serait elle considérée étrangère, sur quel critère se fonde la CCA pour cette classification?

C’est aussi 30% de cette dette Chinoise soit environ 2 Milliards de dollars qui est détenue par des entreprises de droit Chinois appartenant au clan Sassou. D’ailleurs le maire de Shanghaï n’a pas manqué de révéler lors du dernier voyage en Chine de monsieur Denis Sassou Nguesso tout le bien que les investissements non pas du Congo mais des membres du clan et de la famille ont fait à sa ville.

Alors non seulement ils ont dilapidé 14000 Milliards de frs CFA de revenus pétroliers excédentaires, mais ils ont aussi créer des entreprises de travaux publics en Chine avec les lesquelles ils ont accordé des marchés d’État au Congo-Brazzaville en prenant soin de les surfacturer. Ils ont tout simplement décidé de condamner le Congo-Brazzaville à la double peine.

Mais ce qu’ils n’imaginaient pas c’est que les Chinois qui ont laissé faire parce que ces entreprises de droit Chinois sont fiscalisées en Chine, connaissent parfaitement les actionnaires desdites entreprises.

L’ironie du sort c’est que le droit des affaires Chinois interdit le rééchelonnement ou l’annulation de dette entre une entreprise de droit Chinois et une structure dont les actionnaires principaux de l’entreprise Chinoise considérée ont des intérêts. Histoire de lutter contre le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et des capitaux au détriment de l’économie Chinoise.

Ces entreprises ne peuvent donc pas rééchelonner ou annuler la dette du Congo-Brazzaville tant que les Bouya, Ondongo et principalement Sassou Nguesso lui même représenteront les intérêts du Congo-Brazzaville. Et la Chine qui sait qu’elle ne détient en réalité que 25% de cette dette soit 1,5 Milliards de dollars et est par ailleurs parfaitement informée de ces pratiques des autorités Congolaises pour dépouiller leur propre pays, refuse d’effacer son ardoise pour arranger un pouvoir voyou.

Ainsi sont pris ceux qui croyaient avoir mis le pays dans leurs poches.

La dette du Congo-Brazzaville envers la Chine n’est donc en réalité que celle du Congo-Brazzaville envers le clan et de la famille qui se trouvent eux-mêmes pris au piège par le droit Chinois, en effet la Chine n’est certainement pas une démocratie mais la Chine est un État de droit où les corrompus sont exécutés à mort. Ces entreprises congolaises de droit Chinois ne pouvant pas faire des virements vers le Congo-Brazzaville sans une contrepartie commerciale entre elles et le Congo-Brazzaville. La CCA ne pouvant non plus payer vers l’extérieur les entreprises de droit Congolais. Le piège s’est fermé sur eux mêmes.

Partick Eric MAMPOUYA

Patrick Eric Mampouya

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