DIASPORA, Politique

De Brazzaville à Paris, le chemin parcouru par l’UDH-YUKI

    Par  :  Oleg Fabrice KIESSILA – L’UDH-YUKI-

Pour ce jeune parti, tout n’a pas été si facile. Disons le. Il aurait fallu surmonter des défis. Passer par des émotions incroyables. Croiser les doigts tout en espérant que le ciel s’éclaircisse car nous étions suspendus comme tout parti en création aux caprices  des impondérables de la loi. Rien n’était certain. Il faut dire que dès le début de l’aventure, le chemin était  semé d’embûches qu’il fallait à tout prix surmonter afin de survivre.

Tout commence à cette période cruciale du destin de notre pays le Congo Brazzaville où il se spéculait dans toutes les couches de la société congolaise une éventuelle candidature contre nature du président de la république sortant. Alors que le peuple, tel que le prévoyait la constitution du 20 janvier 2002 notamment dans ses articles 57 ( deux mandats présidentiels), et 58(  âge maximal 70 ans et minimum 40 ans ), 64 ( sur la transparence et la régularité de l’élection présidentielle), 88( statut pénal du président de la république) et 185 ( intangibilité des articles 57, titre I et II); se préparait à l’alternance politique, tout s’assombrit brutalement comme dans une tornade imprévisible.

Le président sortant dès 2014 voire 2013 montre des velléités à se succéder à lui-même.

Le peuple s’emparait alors du débat. Fallait-il que le président qui arrive à la fin de son mandat, son deuxième et dernier, puisse candidater pour briguer de nouveau la fonction de président de la république? La question bien entendue ne trouva pas de dénuement. Bien que conscient du fait que juridiquement cette démarche était illégale et infondée et socialement explosive, au plus haut niveau de l’Etat’ tout est mis en marche afin d’entretenir le flou.

À chaque fois que lui est posé la question sur son éventuelle candidature ou pas, le président sortant préfère botter en touche. L’ambarras qui lisait dans son regard traduisait son manque de clarté. Jusqu’au dernier moment, on lui accordait le bénéfice du doute sur les intentions qu’on pouvait lui prêter ici et là. Tout le monde pouvait encore croire en sa bonne volonté, plus encore en ses qualités d’hommes d’Etat capable de se sacrifier au profit de son peuple.

Hélas, il n’en fut pas question.

Dès 2014, ce qui apparaissait comme une véritable utopie se transformait en réalité lorsque le président sortant lance les consultations citoyennes sur le changement de constitution. Personne n’est dupe même si l’on a très vite abreuvé le peuple des arguments allant dans le sens de faire évoluer nos informations. Le but était celui de permettre au président sortant que les dispositions des articles 57 et 58, empêchaient de briguer de nouveau un mandat à la tête de la nation.

C’est justement à cette période difficile de l’histoire de notre pays que les patriotes se levèrent pour barrer la route à ce qui était qualifié comme un véritable affront contre le peuple congolais. Un coup porté au cœur du pacte républicain.

Guy Brice Parfait Kolelas, ce républicain zélé ne pouvait pas rester dans sa zone de confort en laissant se déchirer le tissu social et se détricoter l’ossature institutionnelle. Ce qui est la base du vivre ensemble. Alors qu’il est membre du gouvernement, régulièrement à la tête du ministère de la fonction publique, chargé de la réforme de l’Etat, et membre influent de la majorité présidentielle, décide de monter au créneau pour défendre la forme républicaine de l’Etat. Avec d’autres amis de la majorité présidentielle qui se dressent contre cette forfaiture qui se dessine sous la barbe de la communauté nationale, Guy Brice Parfait Kolelas crée l’Initiative pour la Démocratie congolaise (IDC). L’objectif est de lutter efficacement contre le processus du changement de constitution enclenché par la majorité présidentielle.

Par cet acte, ces anciens cadres de la majorité présidentielle venaient de mettre fin à toute participation à l’intolérance en refusant de donner caution au gouvernement en place de changer la constitution du 20 janvier 2002 pour des infondées et injustifiées. Pour démontrer leur bonne foi devant le peuple qui soutient leur démarche, ils rompront toute participation au gouvernement auquel ils appartenaient et rejoindront la grande famille de l’opposition congolaise qui était organisée autour de la plateforme du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (FROCAD). Plus de doute, le chemin était tout tracé pour Guy Brice Parfait Kolelas, lutter à tout prix contre tout changement de constitution dont la motivation principale n’est pas pour l’interêt du pays mais plutôt pour satisfaire les caprices d’un homme. Ce qui est inadmissible.

Durant cette période de lutte, le pays sera soumis à une véritable psychose. Une série de violences. De la répression du peuple à embastillement des leaders politiques. Des graves violations des droits de l’homme.

Pour s’en convaincre, lors du meeting de l’opposition républicaine, tenu au stade tata louboko, à Tie-Tie, Pointe-Noire, les populations essuyèrent des tirs de sommation à balles réelles. Il eut plusieurs blessés graves et au moins deux morts. De même, lors de la manifestation contre le référendum, il eut également plusieurs blessés, arrestations et morts. Plusieurs leaders de l’opposition seront interpellés, d’autres, à l’exemple de Guy Brice Parfait Kolelas seront embastillés.

Pendant plus d’une semaine, la résidence de Guy Brice Parfait Kolelas sera encerclée par les forces de l’ordre. Pas d’entrees, pas de sorties. Cette stratégie de privation des libertés les plus fondamentales était destinée à faire changer d’avis les récalcitrants au changement de constitution. Ceux-là sont traités comme des renegats qui défient l’autorite du président de la république.

Ce qui ne sera pas le cas. Dans cette tempête de terreur, Guy Brice Parfait Kolelas se montrera plus que jamais déterminé à défendre les institutions de la république. La forme républicaine de l’Etat. La constitution du 20 janvier 2002 ne méritait pas au stade où nous étions de la changer, c’est-a-dire, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Malheureusement, contre le gré du peuple congolais, le référendum est organisé le 25 octobre 2015. Elle consacre alors la mort définitive de la constitution du 20 janvier 2002. À partir de là, le doute était levé quant aux ambitions du président de la république sortant d’annoncer sa candidature à la prochaine élection présidentielle qui lui permettait de se succéder à lui même.

Dès lors, fallait-il participer à cette élection présidentielle qui semblait déjà jouée d’avance pour la nouvelle majorité républicaine? Cette question fit la préoccupation de tous les congolais avides du changement. Pour certains, point n’était besoin d’accompagner le président sortant dans sa forfaiture. C’est le cas d’une partie de l’opposition congolaise. Pour d’autres, il s’agissait de la majorité des membres de l’opposition, ceux constituant les deux principales plateformes IDC/FROCAD, il faut prendre part à cette élection présidentielle pour deux raisons principales:

  • De contrer la stratégie utilisée par le régime en place depuis des décennies à réussir à fâcher l’opposition qui boycottait régulièrement les différentes élections organisées dans notre pays. Ce qui était un gage pour le pouvoir en place devant la communauté internationale en la présentant l’opposition congolais comme non crédible. Tout le monde conviendra que cette stratégie régulièrement mise en avant par l’opposition congolaise se révélait improductive. Elle n’a pas réussi à faire avancer la cause.
  • De démontrer devant la communauté nationale mais surtout internationale la volonté pour l’opposition d’aller vers l’apaisement en faveur de la stabilité politique et économique. Mais l’objectif était aussi de prouver aux yeux du monde les contours d’une élection aux enjeux colossaux organisée par le gouvernement sans implication de l’opposition.

Après cette décision aux conséquences lourdes, se posait la question d’une candidature unique de toute l’opposition congolaise pour faire face efficacement au président sortant candidat à sa propre succession. Mais cette volonté émise par le peuple ne sera pas retenue par les dirigeants politiques qui optèrent après plusieurs tractations et réflexions à plusieurs candidatures. La raison évoquée est celle d’encercler le président sortant candidat à sa propres succession. Cette stratégie choisie par la nouvelle majorité républicaine partait du constat que le vote au Congo était sociologique, donc ethnique. Il fallait donc que chaque candidat se présenta à l’élection présidentielle en siphonnant le maximum des voix dans sa zone d’influence afin de dépouiller le président sortant candidat.

Le principe était acquis. Il fut plébiscité par le peuple.

Venu donc le temps de formuler les candidatures devant la cour constitutionnelle. Curieusement, par une décision de justice, Guy Brice Parfait Kolelas sera interdit de se présenter au nom de son ancien parti. De même, notification lui sera faite de ne pas utiliser les emblèmes du parti, les locaux ainsi que les militants. Clairement, par cette décision, la volonté était celle de l’empêcher de concourir à la présidence de la république.

Conscient des enjeux colossaux pour l’avenir du pays, Guy Brice Parfait Kolelas, n’abdiquera jamais. Bien au contraire, il multipliera les efforts lui permettant de se présenter à l’élection présidentielle dans l’objectif de peser fortement en faveur de l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes. Il y avait besoin. Alors, il se décida de se présenter sous la bannière de la Convention des Démocrates et Humanistes Africains ( CODEHA). Bien entendu, il eut raison de cette décision car elle fut reçu avec beaucoup de ferveur et d’enthousiasme dans l’opinion nationale.

Aidé par un programme de société bien outillé au parfum du libéralisme teinté d’humanisme, il suscitera la curiosité et l’admiration de ses compatriotes. Guy Brice Parfait Kolelas plaçait le Congo le chemin d’un nouveau Congo. Celui du progrès en prenant en ligne compte les implications du moment. Il fallait profondément réformer le Congo ne cessait il pas à répéter. C’était une conviction. Le PPRC, le plan Parfait pour le redressement du Congo avait pour cela l’objectif dans l’absolu de garantir la stabilité politique, économique, sociale par la décentralisation intégrale. L’astuce était celle de redonner au peuple les clés de son destin. Participer à toutes les décisions par la fabuleuse de la démocratie participative. C’était un devoir pour lui.

Malheureusement, tout le monde connaît l’issue de cette élection présidentielle. Comme on pouvait le craindre, le président sortant était proclamé vainqueur dans la nuit noire. Mais ce qui est essentiel à retenir, c’est que les quartiers sud seront traumatisés dans un scénario du déjà-vu par des tirs nourris dans la nuit du 04 au 05 avril 2016. Ce qui contraignit les populations vivant dans ces zones de se déplacer afin de trouver refuge dans les zones nords de la ville capitale Brazzaville.

Cette zizanie créée à un moment crucial de notre pays en vue de détourner l’attention, se deportera malheureusement dans le département du Pool. Cette partie de notre pays sera soumise à des intenses bombardements pendant plusieurs mois causant au passage plusieurs dégâts. Les morts seront comptés à des milliers de centaines. Des villages entiers disparaîtront de la carte du Congo. Des populations seront contraintes à la misère la plus inhumaine. À la paupérisation. Beaucoup d’entre eux seront contraints à se déplacer pour trouver refuge dans des conditions les plus exécrables dans les forêts. D’autres n’ayant pas le choix se déplaceront vers le Congo voisin.

Guy Brice Parfait Kolelas, dès le départ privilégia l’apaisement. Il demandera la mise en place d’une commission d’enquête devant établir la vérité sur cette affaire ubuesque afin d’établir les responsabilités de chaque acteur impliqué dans ce conflit. Mais il ne sera pas entendu. Au contraire, on s’empressa de le soupçonner comme celui qui était le commanditaire de ces malheureux événements.

Devant un tel fait accompli, Guy Brice Parfait Kolelas ne faiblira pas à demander justice au nom de la loi. Poussé par un humanisme débordant, il  n’hésitera à apporter assistance morale et matérielle aux populations qui se trouvaient en grande détresse. Pendant ce temps, sur les bancs du parlement, il n’arrêtera pas d’interpeller le gouvernement de la république sur les conséquences à court comme à long terme de cette situation inédite que subissaient les populations du Pool. Il ne cessera pas non plus de faire des propositions pour faire arrêter les massacres dit du Pool.

Cette voix pleine de bon sens et de sagesse ne sera pas malheureusement écoutée ou mieux entendue. Pour autant, il fallait doubler les efforts. Ne pas économiser ses énergies, ses efforts pour continuer et à œuvrer en faveur de la paix et de la cohésion nationale. Pour bien mener ce combat, il s’imposait le besoin d’une structure bien outillée et organisée. C’est dans cet esprit d’humanisme que l’UDH-YUKI verra le jour, très précisément, lors du congrès tenu au palais du parlement à Brazzaville, le 19 mars 2017.

Pour tenir les engagements pris devant le peuple, l’UDH-YUKI qui venait de rejoindre l’escarcelle des partis politiques devrait se structurer tant sur le plan national que sur le plan international.

Après donc avoir installé les structures du parti sur le plan national, Guy Brice Parfait Kolelas, se devait de le faire sur les territoires d’outre Atlantique. Ainsi, le 06 janvier 2018 était mise en place la fédération UDH-YUKI, France. Sa mission principale était celle de rassembler les congolaise et les congolais de la diaspora afin de mieux coordonner les efforts conduisant à l’alternance politique au Congo Brazzaville.

En effet, dès sa prise de fonction, le bureau exécutif a fortement travaillé dans ce sens.

Pour un an d’existence, l’UDH-YUKI France, promet d’être davantage sur le devant de la scène afin de jouer pleine son rôle de parti majeur de la diaspora congolaise. Cette force de rassemblement qui fait tant défaut aux congolais.

Oleg Fabrice KIESSILA,

coordonnateur du pôle des affaires culturelles, éducatives, diplomatiques et NTIC, Porte-parole.

 

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