Justice, Politique, Société

DE L’ AMI, DE L’ADVERSAIRE, ET DE L’ENNEMI EN POLITIQUE

DE L’ AMI, DE L’ADVERSAIRE, ET DE L’ENNEMI EN POLITIQUE

Par  Brice NZAMBA

 

Mal nommer les choses, disait Camus, c’est ajoute au malheur du monde. Cette assertion est d’autant plus vraie en politique où il est nécessaire, pour assurer la réussite des manœuvres et de l’objectif poursuivi de savoir avec exactitude la nature des choses. La nature du système politique qui est combattue, la nature de l’organisation politique contre laquelle on se bat, la nature de ceux qui animent cette organisation politique et de celle de ceux qui soutiennent les objectifs que vous poursuivez.

L’erreur dans le jugement de la nature du système politique qui est combattu, dans la nature de l’organisation politique qui l’anime et le nourrit, et dans la nature de la relation à entretenir avec ceux qui animent cette organisation politique se répercute sur le choix des armes à utiliser dans le combat politique, et entraîne nécessairement un échec cuisant de ce combat. Disons le tout de suite, en politique, prendre un ennemi pour un ami, ou pour un simple adversaire est une erreur fatale, qui se paie cash non seulement en vies humaines mais surtout dans la destruction de tout ce qui constituait les points de repères de la société : Institutions, tissu social, économie. Un adversaire politique poursuit le même but d’intérêt général que vous, au service de la République, mais à travers une philosophie politique différente.

Dans l’adversité politique, les visions politiques sont différentes, mais ces deux visions sont en compétition dans le respect du même cadre institutionnel, des règles qui l’organisent, et concourent ensemble à la réalisation de l’intérêt général, à la grande satisfaction de la République. Un ennemi politique défend et promeut un système politique à l’opposé du vôtre, vous êtes un obstacle mortel sur son chemin visant à concrétiser ce système politique. Et pour réaliser ce système politique, il n’a pas de règles à respecter dans son approche avec vous puisque vous ne partagez pas le même paradigme politique. Les organisations terroristes ne sont pas des adversaires pour les démocraties occidentales, ce sont des ennemis car elles poursuivent la réalisation d’un système politique à l’opposé des systèmes politiques en vogue en occident. Entre ces deux camps, les frontières idéologiques et paradigmiques sont irrémédiables, irréconciliables. N’attendez donc pas d’assister à un dialogue entre ces deux camps. Leur lutte, est une lutte à mort. Ne pas le comprendre, serait fatale pour l’un ou l’autre camp. D’ailleurs, lorsqu’un ennemi politique prend son ennemi pour son adversaire, et le traite comme tel, il finit toujours par le regretter gravement et amèrement car celui-ci prend de l’ascendant sur lui pour mieux le détruire. Les démocraties avaient, au tout début du nazisme, crues qu’ils étaient des adversaires politiques avec lesquels il était possible de dialoguer. Le Dialogue de Munich, et ses accords n’ont pas empêché Adolph HITLER de vouloir imposer son totalitarisme. Les alliés ont du le traiter comme il se devait, en ennemi, et par tous les moyens. Traiter son ennemi en adversaire est une erreur gravissime qui se paie en massacres, en déstructuration totale de la société et en servitude.

Au Congo, une entreprise de mort est en cours, et s est installée au coeur de ce qu’il reste encore d’État. Un système politique destructeur et destructurant l’ensemble des repères du pays. Ce système politique tire sa légitimité de la guerre permanente contre la majorité du peuple congolais, se glorifie de massacrer des congolais, faisant de la région du POOL le bouc émissaire idéal, et se fonde sur une bonne partie de l’élite Mbochie. Il a fait main basse sur les richesse du pays et se comporte en conquérant, organisant de temps en temps des élections qu’il maîtrise pour flouer la communauté internationale et ceux qui l’accompagnent dans ces parodies.

Ce qui est étonnant, c’est que en face de ce régime qui nous démontre tous les jours que le.fondement de sa légitimité c est la Force, et qu’il est sans conteste ennemi de toutes les valeurs démocratiques, se trouvent encore des gens qui le croit adversaire. Dans cette erreur de jugement, ils réclament des dialogues, la révision des listes électorales, la bonne gouvernance électorale, la transparence électorale à un régime qui par nature est à l’opposé même de ce qu’ils demandent. Le régime tyrannique de Brazzaville, ennemi de la majorité du peuple congolais n’est pas fou, ou suicidaire. Il n’acceptera jamais d’accorder des gages qui vont le détruire : il a la démocratie en horreur.

Mais alors, que faire?
Comprendre d’abord que la nature de la lutte au Congo est avant tout une lutte sans merci, mortelle, et de libération. Il s’agit de se battre contre un système politique qui divise les congolais, prône le tribalisme, pille les ressources humaines, massacre des innocents et à poser les massacres au Pool comme rituel de réactualisation de son hégémonie. Ensuite, mettre en place une organisation de libération avec tout ce que cela implique avec des amis politiques, ceux qui partagent les mêmes valeurs politiques.
A défaut, les prétendus démocrates congolais qui feignent de ne pas voir la véritable nature politique du régime de Brazzaville seront les éternels cocus de la mafia au pouvoir qui sait organisée des parodies d’élections pour se parer des dehors démocratiques afin de plaire à la communauté internationale.

Brice NZAMBA

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