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Denis Christel SASSOU NGUESSO, le pouvoir à tout prix (2)

Denis Christel SASSOU NGUESSO, le pouvoir à tout prix (2)

 

Par Jean-Claude BERI

 » Le pouvoir est affaibli par le déficit démocratique, l’éclatement des clans du pouvoir, l’effet de sape d’attaques convergentes des adversaires de la dictature, le poison des affaires, la corruption, l’échec économique, social et culturel. Le Congo est une ruche où les abeilles sont dirigées par des guêpes, une rivière qui ne suit plus son cours. La fin de SASSOU NGUESSO s’annonce dans la confusion. »  JCB

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Denis Christel SASSOU NGUESSO : De la démocratie sans le peuple à la démocratie par les armes

A vrai dire, il n’y aucune méthode, ni stratégie politique dans la démarche de Denis Christel SASSOU NGUESSO. A part suivre à la lettre le chemin tortueux et sanglant tracé par son père.  Quel sens peuvent bien avoir les histoires de transparence des urnes, de révision de fichier électoral, de taux de participation, lorsque les dés d’une élection sont pipés d’avance par un dictateur candidat à sa propre succession ou à une transmission de pouvoir de père en fils ? Ce qui se prépare là n’est qu’une succession de dictature.

Je ne combats pas la personne de Denis Christel SASSOU NGUESSO mais sa politique et la manière avec laquelle il a exercé sa fonction dans toutes les administrations publiques ou il a été amené à assumer des prérogatives régaliennes. Je ne lui fais pas de procès d’intention, je le juge sur ses actes.

Denis Christel SASSOU NGUESSO a disposé, par complaisance , indulgence filiale , de moyens financiers considérables avec la montée du prix du pétrole à 90 et 100 dollars le baril en moyenne, mais il n’a pas fait du Congo un pays émergent comme le souhaitait son père, encore moins un pays développé, ce à quoi aspire les congolais. Il n’a pas su faire entrer le Congo dans le concert des pays qui sont montés dans le train du développement. Au contraire sa seule obsession  était  se doter de l’image de l’homme providentiel, de l’homme de légende, charismatique, idolâtré. En fin de compte c est un homme qui n’accepte pas que ses décisions puissent être discutées, critiquées, contestées. A l’image de son père il s’est doté d’une milice parallèle à l’armée pour assouvir son ambition. Une milice dont beaucoup ont été intégré dans les FAC pour museler celle-ci et le soumettre plus tard à sa volonté. Comme son père  , DCSN veut une armée a lui et ses généraux qui lui doivent fidélités et obéissances. C’est pas gagné.

L’Etat que nous projette DCSN  est une  appropriation d’une caste bureaucratique ethnique parasitaire, totalitaire et oligarchique qui se maintiendrait  au-delà de son utilité, en dépit de son insuffisance, de ses fautes et de ses erreurs. La longévité de ce clan des sataniques au pouvoir n’est pas un facteur de stabilité, elle fabrique de la fragilité économique et de l’exaspération sociale. La technique de la conquête, de la pratique et de la conservation du pouvoir sert une minorité qui croit gouverner en se hissant au-dessus du peuple et  qui veut garder le pouvoir à vie, malgré leur voracité budgétaire maladive et surtout destructrice.

Denis Christel SASSOU, fabriqué de toute pièce par les officines du PCT à la demande du père est  devenu un homme du sérail par défaut et imposition   du même parti, dont il porte en lui les  tars de l’immobilisme idéologique et thuriféraire du pouvoir.  Il ne cesse, depuis le retour sanglant au pouvoir de son père, de répéter qu’il ferait de la presse Congolaise une presse libre. Il a oublié, à dessein, de préciser que le pouvoir clanique, qui s’est érigé en système gouvernemental s’est donné la maîtrise et le contrôle direct des grands médias de communication, et les radios, et qu’ils utilisent tous les moyens de pression pour que la communication, n’échappe pas aux girons clanique du pouvoir.  Qui ignore au Congo qu’un journaliste libre est un journaliste mort  ? Qui peut d’ailleurs nier aujourd’hui que les médias Congolais ont mis sous orbite l’association « PERSPECTIVES  D’AVENIR » uniquement pour la promotion de Christel alors même que les congolais savaient que c’est une coquille vide. ? Qui peut nier que, les médias congolais ont alimenté le mensonge et le divertissent d’état plus qu’ils n’informaient, lorsqu’ils annonçaient l’octroi des bourses aux étudiants congolais ? Ces mêmes étudiants se retrouvaient deux mois après abandonné à leur triste sort à l’étranger et à  la charge des familles démunies. Qui peut nier que les nouvelles concernant le clan SASSOU sont fréquemment présentées avec un fort embellissement pour plaire alors qu’elles sont, en réalité, en pièces détachées sans la mise en contexte qui permet de comprendre le sens véritable des événements ?

Je ne procède pas ici à un règlement de comptes. Je fais simplement miens les constats courageux de quelques journalistes émérites ( Bruno OSSEBI, Ghys Foutuné DOMBE , Augustin KALLA KALLA, Rocil OTOUNA ….) qui depuis un bon moment déjà appellent leurs collègues à un sursaut de conscience morale et dénonçaient déjà  ce que je qualifierai de la « culture de vautour » dans laquelle baignent les médias et leurs artisans sous la coupe de Denis Christel SASSOU NGUESSO.

Après les multiples manifestations de l’opposition et du peuple, une nouvelle et implacable épreuve de force s’annonce entre Denis SASSOU NGUESSO et Christel SASSOU NGUESSO d’un côté   et l’état-major de l’armée et quelques membres influent du PCT de l’autre. Il y a une rivalité et divergence de stratégie au sommet de l’État qui paralyse le Congo et certains signes marquent une rupture entre les SASSOU NGUESSO et l’’état-major de l’armée. SASSOU NGUESSO a allumé le feu dans de nombreux domaines et l’armée ne veut plus jouer le pompier pour éteindre l’incendie. Il a semé le vent, il récoltera la tempête.

Denis Christel SASSOU NGUESSO ne se soucie ni des lois du pays, ni de la Constitution qu’il bafoue à sa guise, ni des conventions et pactes internationaux que le père a fait ratifier par le Parlement, et ne s’en débarrasse guère de placer en tête du palmarès des atteintes aux droits de l’homme  en transférant unilatéralement Jean Marie Michel MOKOKO  de l »hôpital militaire à   la maison d’arrêt sous un motif fallacieux de tentative imaginaire d’évasion. Denis Christel SASSOU NGUESSO suit les traces de son père. Il élimine tout autre pouvoir que le sien. Il a appliqué l’esprit et la lettre de la formule de Machiavel : « Diviser pour régner.» Il semble vouloir être après avoir été. Il faut porter un regard d’une grande lucidité sur ses collaborateurs qui lui demandent de passer à la vitesse supérieure, allant jusqu’à vouloir pactiser avec le groupe WAGNER.

Inoculer dès maintenant, sachant avoir la bénédiction de son père, le poison de la présidentielle est mortifère. Un pouvoir qui s’avère incapable de résoudre les problèmes auxquels il est confronté par son propre incompétence et l’avidité du pouvoir pour pouvoir  est suicidaire  pour ce systéme. Denis Christel SASSOU NGUESSO n’est pas SASSOU NGUESSO, Il ne tardera pas bientôt à faire les frais de la division des clans du pouvoir, d’une partie de l’armée, de l’opposition, et même du PCT. L’État a été accaparé par des clans, l’esprit de tribu et de famille a été confondu avec le service de l’État.

Le pouvoir est affaibli par le déficit démocratique, l’éclatement des clans du pouvoir, l’effet de sape d’attaques convergentes des adversaires de la dictature, le poison des affaires, la corruption, l’échec économique, social et culturel. Le Congo est une ruche où les abeilles sont dirigées par des guêpes, une rivière qui ne suit plus son cours. La fin de SASSOU NGUESSO s’annonce dans la confusion. Si l’on peut tenter de  conclure, sur la méthode de Christel, nous le résumerons en une seule phrase Denis Christel SASSOU NGUESSO, c’est de la démocratie sans le peuple à la démocratie par les armes

On  peut donc affirmer que les changements souhaités au Congo-Brazzaville seront facilités quand émergeront et entreront en scène de véritables leaders animés d’une nouvelle éthique fondée sur une conscience de l’importance d’agir, de penser et de ressentir différemment en regard de la vie politique. À coup sûr, ce sont les mentalités qui doivent être changées. Comme le disait déjà en 1951 le célèbre psychosociologue américain Kurt Lewin, « tout changement social est en définitive un changement dans la culture ». Jean-Pierre Charbonneau

 

Jean-Claude BERI

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