Politique

DENIS SASSOU-NGUESSO DE 2020 EST-IL ENCORE LE DENIS SASSOU-NGUESSO DE CES DERNIÈRES ANNÉES QUI FAISAIT LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS AU CONGO-BRAZZAVILLE ?

 

Par :  Afrique Education

Désormais, c’est un président (affaibli par le FMI) qui doit composer avec beaucoup d’ennemis et adversaires politiques de toutes sortes. Ceux-ci se comptent dans son entourage immédiat, mais aussi, au sein du PCT, de l’administration et du gouvernement. Un véritable nid de crabes. A 76 ans, le chef de l’Etat congolais n’est plus (très) jeune. Rongé par les maladies des personnes de son âge (qu’on ne citera pas), il traîne, aussi, une bedaine qui transparaît dans ses costumes croisés.

C’est dans une atmosphère de fin de règne que s’est tenu, fin décembre, le congrès du PCT dont il est l’indiscutable patron. Ne sachant point de quoi demain sera fait, il souhaitait placer son fils, Denis Christel Sassou-Nguesso, au poste de secrétaire général, pour lui succéder au moment opportun. Car ce qui arrive aujourd’hui à son ami, José Eduardo dos Santos, (qui a vu Ana Paula sa femme le quitter au moment où les biens de ses enfants Isabel et José Filomeno sont confisqués à Luanda) lui donne la chair de poule.

Président du Sénat, du reste deuxième personnage de l’Etat, le secrétaire général sortant du PCT, Pierre Ngolo, avec ses nombreux amis, ne l’entendait pas de cette oreille.

L’idée de Sassou de faire de Denis Christel son successeur n’est pourtant pas récente (sur notre photo Denis Christel et le baiser d’adoubement de Sassou). Mais, elle est fortement combattue au sein du parti. On avait pensé, un instant, qu’en devenant président du sénat, Pierre Ngolo allait accompagner cette promotion du fils du président et favoriser la succession. Que non !

Du coup, le président est obligé (malgré l’âge et la maladie) de se succéder à lui-même en 2021, lors d’une élection présidentielle forcément périlleuse où il compte utiliser les méthodes habituelles de fraude pour passer au premier tour. On rappelle que pendant la présidentielle de 2016, il avait fait proclamer les résultats à 2 heures du matin, après avoir pris le soin de placer des chars et blindés à tous les coins stratégiques de Brazzaville.

Pendant les cinq jours qu’avait duré le décompte des voix, il avait coupé le téléphone, internet et les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national au point d’exaspérer Xhosazana Dlamini Zuma, la présidente de l’Union africaine de l’époque, qui avait dépêché des observateurs lors de cette parodie d’élection. Quatre ans après cette élection présidentielle, Sassou garde, toujours, en prison, Okombi Salissa et Mokoko, qui, logiquement, auraient dû accéder au deuxième tour. Selon nos informations, Sassou était 4e selon les vrais chiffres de l’élection.

Le PCT (faute d’avoir Christel au secrétariat général) va, à nouveau, soutenir son président lors de la présidentielle de février 2021.

Auparavant, le dictateur 5 étoiles ambitionnerait d’organiser un dialogue avec l’opposition, ce qui lui permettrait de libérer, à moindres frais, les deux célèbres prisonniers politiques. Voulant faire de cette libération une manœuvre politicienne, l’opposition ne lui facilite pas la tâche bien qu’il se soit adjoint les services de Lonceny Fall, le représentant du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique centrale. L’opposition congolaise ne veut pas entendre parler de cet homme dans ce dialogue.

Pierre Ngolo n’ayant pas pu rempiler au secrétariat général, le PCT a (finalement) choisi le fidèle des fidèles Pierre Moussa que Sassou a ôté de sa retraite dorée d’ancien président de la Commission de la CEMAC. Mais, le PCT n’étant pas la CEMAC, cet octogénaire risque d’avoir beaucoup de mal à contenir ses troupes dont l’indiscipline est inversement proportionnelle au culte qu’elles vouaient à leur idole, Marien Ngouabi. Atmosphère de fin de règne oblige !

Afrique Education

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