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Dette chinoise : Tsaty Mabiala et les siens confirment ce que nous savions déjà

PAR LAURENT DZABA

 

La plateforme politique que dirige Pascal Tsaty Mabiala et qui entretient une conception floue et restrictive de la politique n’est plus digne d’être appelée opposition politique républicaine. Cette plateforme politique dont les membres veulent s’épargner la souffrance qu’exige la lutte politique en prenant le prétexte de ne pas troubler la paix chèrement acquise, est clairement arrimée à la majorité présidentielle.

Lorsque dans un même texte, une organisation adepte du zigzag politique dénonce dans un premier temps les injustices criantes et la gestion opaque des ressources et dans un second temps demande à tous ses députés de voter pour des décisions qu’elle qualifie elle-même d’ignobles, ce n’est plus de la gymnastique politique mais du gangstérisme politique.

On ne peut pas, comme M. Pascal Tsaty Mabiala affirmer : « en ratifiant cet Accord complémentaire nous donnons le droit à la République Populaire de Chine d’avoir un regard sur nos comptes publics », qu’ « avec cet Accord le Gouvernement congolais engage la souveraineté du Congo, ce qui est une violation de l’article 5 de la Constitution », ensuite « l’Opposition Politique Congolaise rend le Gouvernement entièrement responsable de la débâcle économique actuelle et ne lui reconnaît plus ni la capacité ni la légitimité de conduire les destinées nationales. Le Président de la République devrait immédiatement en tirer toutes les conséquences » et conclure « l’Opposition républicaine a décidé de voter le présent projet de loi autorisant la ratification de l’Accord de rééchelonnement de la dette envers la République Populaire de Chine. »

Cette manœuvre politicienne qui consiste à aller dans le sens du pouvoir pour soi-disant ne pas pénaliser le peuple, est absurde et irresponsable. Soit on accepte de faire les sacrifices aujourd’hui dans le but de faire écrouler ce pouvoir qui nous martyrise, soit on apporte de l’eau à son moulin comme le font Tsaty Mabiala et ses amis, ce qui prolonge la souffrance du peuple, jusqu’à l’an 2034 minimum.

Cette sotte décision dont l’objectif caché est de donner aux institutions financières internationales, l’illusion d’un consensus au sein de la classe politique congolaise autour des décisions prises par le pouvoir de M. Sassou Nguesso Denis, sur les questions économiques notamment celle de la dette, efface de façon très maline l’exigence du FMI d’organiser un dialogue national inclusif, préalable à l’octroi d’une aide au Congo-Brazzaville.

Avec ce vote surréaliste rejeté par l’immense majorité des Congolais de l’intérieur et de la diaspora, Tsaty Mabiala et ses amis viennent de consacrer un enterrement de luxe à l’idée du dialogue national inclusif qu’ils défendent depuis longtemps. Voter NON, n’aurait d’ailleurs pas empêché les partisans de M. Sassou Nguesso Denis de faire adopter ce texte.

Quand on sait que la décision de voter en faveur de ce texte n’a pas été discutée entre les différentes composantes de cette plateforme, il est à craindre que ceux qui ne sont pas concernés par le deal avec le pouvoir quittent ce navire ivre dont les principaux capitaines pensent voir l’avenir avec sérénité alors qu’ils seront surpris par la chimère des nuits sombres, une fois le navire ballotté dans un fleuve démonté, se serait échoué sur un écueil au port de Mpila.

Cette représentation politique, composée de députés irresponsables qui laissent leur conscience aux vestiaires pour voter un texte néfaste pour le pays simplement parce qu’ils auraient reçu 5 millions de F CFA chacun, est totalement décrédibilisée.

A quoi sert l’idéologie pour un parti politique quand on voit les partis dits Humanistes qui logiquement devaient mettre l’homme au cœur de leurs actions, tourner le dos aux plus pauvres et foncer droit, les yeux fermés, vers des leurres ?

Pourquoi cette plateforme qui se dit d’opposition républicaine continue-t-elle à faire diversion et à donner l’illusion d’une opposition politique alors qu’au bout de trois ans d’existence elle a été incapable de faire mieux que les étudiants, qui en une semaine ont fait plier le pouvoir.

La réalité est que cette servitude volontaire et assumée, est le fruit d’un deal signé entre cette plateforme politique et le pouvoir. Ce contrat consiste pour les uns, à accepter la prolongation du mandat de M. Sassou Nguesso et pour les autres à valider la création d’un poste de Vice-Président et à participer à un gouvernement d’union nationale.

En politique, il faut avoir le courage d’assumer les choix et les alliances que l’on scelle. Aucun congolais ne peut croire une seule seconde que M. Pascal Tsaty Mabiala qui passe ses journées dans des hôtels cinq (5) étoiles et les vols en première classe en compagnie de M. Pierre Ngolo, Président du Sénat et Secrétaire Général du PCT (parti au pouvoir) comme cela a été le cas ces deux derniers mois (Corée du Sud, Afrique du Sud et Afrique de l’ouest), peut avoir les coudées franches pour installer un rapport de force avec le pouvoir.

Comme pour les bébés noirs adeptes du gain facile, le peuple congolais doit renvoyer ces politiciens qui se surestiment et qui manquent d’ambitions à leur famille afin qu’ils apprennent les rudiments du patriotisme.

Un vent de fronde souffle au Congo contre les pseudos élites corrompus de l’opposition « républicaine ». Tous ceux qui profitent de la souffrance du peuple seront rattrapés tôt ou tard car la mémoire de notre vaillant peuple n’est pas un crible.

Un seul mot TRANSITION, une seule exigence TRAVAIL COLLECTIF.

Ensemble, pour un Congo uni, libre et prospère. Plus jamais sans nous. Que Dieu bénisse le Congo.

 

Laurent DZABA

Laurent DZABA

Président du Mouvement Panafricain et Citoyen « Bougeons-Nous »

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