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DROIT DE RÉPONSE de la COMPOSANTE J3M aux propos du Premier ministre.

DROIT DE RÉPONSE de la COMPOSANTE J3M aux propos du Premier ministre.

COMPOSANTE J3M.
Appaiser-Rassurer-Rassembler.

DROIT DE RÉPONSE

Par:  le collège des membres.

Depuis la commémoration du 61e anniversaire de l’indépendance de notre pays, le Premier Ministre Collinet MAKOSSO ne cesse de multiplier les déclarations concernant le sort des prisonniers politiques, Jean Marie Michel MOKOKO et André OKOMBI SALISSA, arbitrairement emprisonnés à la maison d’arrêt de Brazzaville voici plus de 5 ans, au terme de parodies de procès expéditifs rendus par une justice aux ordres.

Alors que le Président de la République, pourtant constitutionnellement garant de l’unité, la concorde et la réconciliation nationales s’abstient de toute déclaration sur ce sujet très sensible, le Premier Ministre,  » la voix de son Maître », à Brazzaville ( Discours évocateur de l’indépendance ), ensuite à Paris ( à TV5-AFRIQUE et RFI ), multiplie les préalables à la revendication légitime des patriotes et démocrates congolais, soutenue par la communauté internationale, de la libération sans condition des prisonniers politiques.

Tel un Pasteur, Monsieur le Premier Ministre pose comme exigences préalable la contrition, la repentance et la demande de pardon des citoyens victimes de l’intolérance et la violence politiques.

En réponse à ces déclarations à ces déclarations de Monsieur Collinet MAKOSSO, la CJ3M, membre de la Fédération de l’Opposition Congolaise, jouissant de son droit de réponse, fait la mise au point ci-après :

Après cinq décennies de violences et de crimes politiques dont les victimes se comptent par centaines de milliers, comment ceux sont en charge du destin du destin de notre peuple peuvent-ils parler avec autant d’arrogance et de mépris, des problèmes qui, au-delà des personnalités incarcérées, hypothèquent le processus de réconciliation et d’unité nationales ?

Est-il besoin de rappeler à Monsieur le Premier Ministre MAKOSSO que depuis plus de 50 ans de règne sans partage du Parti Congolais du Travail ( PCT ), deux types de crimes majeurs sapent les fondements de l’unité et la reconstruction nationales, à savoir les CRIMES DE SANG et les CRIMES ÉCONOMIQUES ?

Monsieur Collinet MAKOSSO pourrait il dire à l’opinion nationale et internationale lequel de ces deux types de crimes aurait été commis par le Général Jean Marie Michel MOKOKO, injustement et arbitrairement condamné à 20 ans de réclusion par une justice aux ordres ?

Monsieur le Premier Ministre aurait oublié qu’en 61 ans d’indépendance, notre pays a franchi toutes les étapes des horreurs de violences et crimes politiques ? Notamment :
– les assassinats, enlèvements et disparitions ciblés de nos élites et de paisibles citoyens ;
– les 3 guerres civiles en 1993-1997 et 1998 dont le PCT et son Président furent parmis les principaux acteurs ;
– les destructions et massacres de 2016 à 2019, ayant détruit toute vie économique et sociale des dynamiques populations de ce département, contraintes aujourd’hui à la précarité ;
– les détournements des deniers publics, le pillage sans vergogne du trésor public ayant enrichi illicitement plusieurs dirigeants et proches du pouvoir, congolais et étrangers ;
– la spoliation du patrimoine foncier et bâti de l’État, ainsi que le bradage des ressources naturelles aux affairistes étrangers ;
la faillite des systèmes éducatif, socio-sanitaire, des pensions de retraite et des bourses scolaires ;
Etc …etc…

Voilà Monsieur le Premier Ministre, la bref rappel d’un échantillon de crimes qui hypothèquent dans l’impunité totale, la marche en avant de l’indépendance de notre pays et dont la justice aux ordres n’a voulu rechercher aucune responsabilité, ni politique, ni pénale, encore moins aucune réparation des énormes préjudices causés aux milliers de familles des victimes. Celà ne vous intéresse certainement pas, et pour cause ?

Plusieurs responsables connus de ces crimes de ces crimes avérés jouissent en toute impunité d’une existence paisible et mieux, des délices du pouvoir dont vous êtes le défenseur zélé.

Qui donc devrait se repentir et demander pardon au peuplé congolais meurtri si non tous ces criminels dont plusieurs bénéficient de la protection de l’État dont vous êtes le Chef du Gouvernement ?

A RFI, vous avez déclaré avec mépris que le problème des prisonniers politiques n’intéressait plus la communauté internationale. Et vous avez ajouté :  » les grands esprits discutent des idées, les esprits moyens des évènements et les petits esprits des personnes « .

Oui Monsieur le Premier Ministre, en Côte d’Ivoire, Monsieur Alasane Wattara, un grand esprit, libère sans conditions des prisonniers politiques et accueille avec honneur au palais présidentiel son ancien frère ennemi Laurent Gbagbo, au nom de la réconciliation nationale.

Tandis qu’au Congo notre pays les petits esprits au pouvoir utilisent abusivement le pouvoir et les moyens de l’État ( force publique, justice, trésor public etc ) pour mater les opposants ou les contraindre à l’exil à l’étranger.

Oui Monsieur le Premier Ministre, l’État de droit ne s’accommode pas des mesquineries politiciennes, surtout quand il s’agit de la liberté et la dignité des citoyens, des élites ayant servi avec dévouement et abnégation la Nation. L’État impartial est en démocratie, le rempart des citoyens devant l’injustice et les prédateurs. Personne n’a le droit de s’en accaparer pour s’en servir abusivement pour des règlements de comptes personnels.

C’est pourquoi votre appel réitéré à la contrition, la repentance et le pardon des prisonniers politiques,sonne aux yeux des démocrates et patriotes sincères de notre pays, comme un véritable défi à la raison, du pouvoir dont êtes un ardent défenseur, un refus cynique de la réconciliation nationale que notre peuple meurtri et déboussolé, appelle de tous ses vœux.

Au moment où les images de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire forcent l’admiration en Afrique et dans le monde, vous avez tord, Monsieur le Premier Ministre, de donner du Congo l’image d’une Nation condamnée à sa ruine, sans perspective de salut.

La Composante Jean Marie Michel MOKOKO ( CJ3M ), membre de la Fédération de l’Opposition Congolaise, réaffirme que seuls des actes forts de libération sans condition des prisonniers politiques et l’amnistie totale de tous les compatriotes exilés à l’étranger,sont susceptibles de créer les reels conditions d’apaisement du climat politique et de garantir de manière durable l’unité et la concorde nationales, la paix et la reconstruction du pays, et enfin restaurer la confiance entre le peuple et la classé politique.

Fait à Brazzaville le 1er Septembre 2021.

Pour la CJ3M
Le Bureau Coordonnateur National

Jean-Félix DEMBA-NTELO.

 

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