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ECAIR MWANA MBOKA: Une faillite prévisible

 

Par   Verlin Richard  BEKA BEKA

Tout d’abord il y a le statut juridique de cette compagnie dont la cour de cassation en France lors de l’audience publique du 7 décembre 2016 nous informe dans sa décision que ECAIR n’est pas une compagnie d’émanation étatique, que c’est donc une entreprise privée comme toute société anonyme.

Cette audience de la cour de cassation faisait suite au pourvoi en cassation de trois entreprises qui avaient procédé à la saisie d’un avion Ecair à Roissy le 11 avril 2015 à cause d’une créance de 73 546 717, 84 euros. Ces trois entreprises avaient considéré ECAIR comme une compagnie publique donc Étatique.

Mais, la cour de cassation leur avait donné tort en rejetant ce pourvoi aux motifs que la compagnie Ecair n’était pas une émanation de l’Etat et qu’elle était une société anonyme classique.

Et, ce malgré la répartition du capital suivante :

1- 70 % ÉTAT
2-  15% Port de pointe noire
3-  15% HELI AVIA

L’État congolais a donc dépensé de l’argent public pour le capital de cette entreprise, acheter les avions et fait un emprunt bancaire auprès d’une banque locale pour une entreprise qui juridiquement n’était pas l’émanation étatique, de ce fait l’État n’avait aucun contrôle sur cette entreprise dont la gestion était pilotée par un conseil d’administration avec pour PCA, le conseiller du Président de la république.

Personne ici ne pourrait contester l’intérêt que revêtait ce projet pour le pays mais tout montre que tant sur le plan statutaire que sur l’organe de gestion, le projet allait se fracasser.

Et, le fracas arriva après 5 ans d’activités. Si seulement, ce projet avait été créé par des fonds privés majoritairement, elle aurait été sans doute bien gérée car un chef d’entreprise qui engage ses propres fonds ne se risqueraient pas dans des partenariats déséquilibrés et travaillerait pour rentabiliser son activité.

Et, un des axes pour rentabiliser une activité c’est la maîtrise des dépenses.

Mais, voilà, Ecair SA bénéficiant des fonds publics avec des dirigeants qui ne pouvaient rien craindre de la justice, ont géré la société de façon sans tenir compte des règles de l’équilibre financier indispensable dans la gestion d’une entreprise.
Cette mauvaise gestion est due principalement par le choix des partenaires étrangers.
Le PCA, le Ministre Bouya jusqu’en 2013, signe en 2012 le contrat à l’assistance technique avec une société luganaise( COEM) et le Directeur de cette société est en même temps Directeur de projet. Bizarre bizarre..
Et le DGA d’écair était aussi Directeur chez COEM ça sent le conflit d’intérêts…
Cette entreprise COEM facture 1500 eur la journée de travail pour placer ces consultants payés en moyenne 8 000 EUR par mois.
En 2015 cela représentait 480 000 EUR pour 15 employés à temps plein mis à disposition chez ECAIR par COEM.
Et de 2013 à 2016 cette compagnie a facturé près de 22 millions d’euros à ECAIR.
Mais, il y a aussi la société privatair, son contrat avec ECAIR est un contrat du siècle sans contrepartie réelle.
Cet arrêt de la cour de cassation est très édifiant, faut le lire. Le Droit quand il est dit et rendu ainsi c’est une matière fort instructive.
En fait, au regard des statuts, la cour de cassation nous dit que les statuts de ECAIR ne révèlent pas de mainmise de l’État et que la compagnie avait toute son indépendance fonctionnelle. Voilà tout est dit !

Alors la question qui reste à comprendre est la suivante :
Pourquoi l’État a-t-il financé une société anonyme dont il n’avait aucune mainmise sur le contrôle fonctionnel ?

Cette compagnie doit renaitre et voler à nouveau car c’est une fierté nationale, Mwana Mboka et pour cela, elle doit être gérée en conformité des pratiques observées dans la gestion des sociétés anonymes.

Cette compagnie doit renaitre et voler à nouveau car c’est une fierté nationale, Mwana Mboka et pour cela, elle doit être gérée en conformité des pratiques observées dans la gestion des sociétés anonymes. L’Etat s’il veut rester majoritaire doit impérativement choisir des administrateurs  » apolitiques » n’ayant aucun cumul de fonctions. Mais l’Etat peut tout aussi vendre ses actions au privé afin que cette compagnie fonctionne dans le respect des standards internationaux et comme les entreprises du secteur.

Verlin Richard  BEKA BEKA


https://www.rts.ch/info/suisse/8474630-des-millions-d-argent-public-congolais-siphonnes-via-des-societes-suisses.html?fbclid=IwAR0tj14HMv1sfU6UMr3dhbhPtRRj6ICkpxvbawDGoVUThvRL-KJZCR2ArOo

 

 

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