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(Français) Congo-Brazzaville : Le nouveau scandale pétrolier COPREMAR de Wilfrid Nguesso

Congo-Brazzaville : Le nouveau scandale pétrolier COPREMAR de Wilfrid Nguesso

Un scandale peut en cacher un autre, ce qui nous incite à la prudence et à la vigilance.

Même en pleine période de pandémie de la COVID-19, les affaires sont florissantes pour la famille régnante au Congo-Brazzaville. The show must go on (les affaires doivent continuer) comme disent nos amis Anglo-Saxons.

Après avoir dilapidé 14 000 milliards de francs CFA (environ 25 milliards de dollars) des soi-disant générations futures, les Sassou et Nguesso insatiables continuent à faire les poches des Congolais qui tirent le diable par la queue avec des arriérés de salaire des fonctionnaires, de pension des retraités et des bourses pour les étudiants qui sont devenus la risée du monde entier car considérés comme des mendiants. Mon cœur saigne, mais il faut que le peuple congolais reste debout fièrement partout.

Après Denis Christel Sassou Nguesso qui aurait chapardé des millions de dollars à la société pétrolière nationale (SNPC), c’est au tour de Wilfrid Nguesso neveu du président Sassou-Nguesso au contrôle de la société étatique (SOCOTRAM) transformée en société mixte en contrôlant 51% du capital et devenant de facto majoritaire en le permettant de gérer à sa guise la société SOCOTRAM (Société Congolaise de Transports Maritimes) créée en 1990. Cette transaction n’a fait l’objet d’aucune décision légale de l’Assemblée ni du Sénat adoptant en texte de loi cette mascarade. Tout s’est réglé en famille comme d’habitude, circulez il n’y a rien à voir. Ainsi, le Sénat et l’Assemblée nationale ne deviennent que des cirques où il fait bon d’applaudir après avoir reçu son chèque. Tous nommés, les parlementaires congolais de la majorité présidentielle et de l’opposition ne sont devenus que des spécialistes du verbiage, cette abondance de paroles, de mots vides de sens et qui disent peu de chose. À cette allure l’air, l’eau et la terre seront privatisés au Congo-Brazzaville par cette famille mafieuse et les Congolais devront payer une taxe pour y vivre si ce n’est pas déjà le cas.

Après la révision de la gestion du terminal pétrolier de Djeno par Total E&P Congo jusqu’au 31 décembre 2020, les scandales pétroliers continuent à pendre au nez et la barbe du peuple congolais qui croupit dans la misère totale. La république du Congo (res publica, la « chose publique ») est devenue une chose privée à la seule satisfaction d’une minorité de Congolais quand d’autres doivent faire la manche pour survivre perdant de fait leur dignité qui fait de nous des femmes et des hommes responsables.

Non content d’appauvrir le peuple congolais, les taxes portuaires perçues par la SOCOTRAM devenue la Congolaise de prestations maritimes (COPREMAR), dirigée majoritairement par Wilfrid Nguesso, impose aux sociétés pétrolières des prestations qui sont 6 à 9 fois plus élevées que celles perçues dans d’autres ports voisins en eau profonde. C’est l’un des deniers montages scabreux de cette famille pour s’enrichir davantage au détriment du peuple congolais. Sa succursale Française est dirigée par une belle nièce du président.

COPREMAR depuis septembre 2020, a repris à son compte les activités de remorquage au terminal de Djeno, jusqu’alors assurées par l’opérateur du terminal, la major compagnie française Total E&P Congo. COPREMAR affirme avoir reçu l’autorisation du Port Autonome de Pointe-Noire pour ses activités, mais n’a produit aucun document permettant de justifier ces allégations.

Depuis le 7 septembre 2020, tous les tankers VLCC (Very Large Crude Carrier), soit en français « très grand pétrolier transporteur de brut » et Suez Max en escale au terminal pétrolier congolais de Djeno seraient facturés d’une nouvelle « prime de veille de sécurité de remorquage » de 69 500 euros par COPREMAR. À cette allure, COPREMAR, propriété de monsieur Wilfrid Nguesso pourrait donc encaisser jusqu’à 5,84 millions d’euros par an grâce à cette nouvelle prime.

« Global Witness a révélé qu’une entreprise liée à la famille présidentielle congolaise tirerait près de 6 millions d’euros annuels grâce à une nouvelle prime imposée aux tankers pétroliers ; il pourrait s’agir du dernier montage illicite de la famille Sassou-Nguesso. »

L’opposition congolaise atone, amorphe, inerte qui ne se réveille que pendant la période d’élection présidentielle, occulte ou fait semblant de laisser la majorité présidentielle traire la vache congolaise à sa guise. Cette mascarade de l’élection présidentielle qui permet à des illustres opposants de recevoir de l’argent pour battre compagne, de parler du fichier électoral, du recensement, de la composition de la commission électorale nationale indépendante (CENI) alors que monsieur Sassou Nguesso est juge et partie. Qu’attendre des magistrats, surtout ceux du Conseil constitutionnel nommés à vie par monsieur Sassou Nguesso pour servir ses intérêts.

Le pays va mal et notre opposition n’a ni leader charismatique ni projet de société à proposer au peuple congolais pour le sortir de ce marasme. Les petites chapelles régionales avec à leur tête des Présidents, sont des éternels abonnés à la danse du ventre devant monsieur Sassou Nguesso pour donner au Congo-Brazzaville une image de pays démocratiques, tandis que certains leaders de l’opposition croupissent en prison. Le Congo-Brazzaville est maculé de sang et seule une réconciliation nationale au travers d’un dialogue national inclusif et la libération des prisonniers politiques apporteront une paix durable pour le pays.

La ballade des gens heureux à Madingou a certes permis à certains présidents de partis de l’opposition de se refaire une santé en touchant des per diem sans avoir obtenu des avancées politiques significatives. Il ne faut pas donner de faux espoirs au peuple congolais car c’est une question d’éthique politique. Cette concertation qui ressemblait à un camp de vacances, était organisée avec des partis politiques choisis par le pouvoir. Les dés sont déjà pipés consacrant la formule qui stipule que « Celui qui organise des élections ne peut les perdre. »

Nous appelons de tous nos vœux un dialogue national inclusif, une libération de prisonniers politiques afin que les Congolaises et les Congolais puissent se parler et gérer le pays pour le bien de tous.

La COPREMAR liée au président congolais pourrait empocher des millions de dollars en imposant de nouveaux frais. Ce nouveau scandale sert à financer le train de vie des Sassou-Nguesso pendant que peuple est privé de ses libertés individuelles. Et comme c’est devenu la coutume depuis quelques années en période de fêtes, le peuple espère que la magie de noël s’opère avec le paiement de quelques mois d’arriérés de salaires. Quelle tristesse !

Pasteur de son état, monsieur Wilfrid Nguesso doit savoir que « Le scandale est souvent pire que le péché » dixit De Marguerite de Navarre.

Va-t-il se confesser et avouer ses péchés, seule sa conscience le guidera.

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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