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Le désobéissant Okombi Salissa victime d’un procès stalinien sous les ordres de son mentor Sassou décidé à le faire passer de vie à trépas par Me Massengo-Tiassé et Me Amédée Nganga

Par Me Massengo-Tiassé et Me Amédée Nganga

Le désobéissant Okombi Salissa victime d’un procès stalinien sous les ordres de son mentor Sassou décidé à le faire passer de vie à trépas par Me Massengo-Tiassé et Me Amédée Nganga

Le mépris du droit et des droits sont une caractéristique du régime Sassou depuis qu’il a assassiné Marien Ngouabi. On a atteint l’apogée avec l’accusation contre le colonel Marcel Ntsourou dans les explosions des casernes commanditées par lui-même. Nous l’avons déjà écrit en 2013, après les arrestations arbitraires dans l’affaire des explosions de Mpila du 4 mars 2012.

Dans un article de Me Massengo Tiassé intitulé « Une justice injuste ou aveugle » il était déjà écrit : « Avec les violations des acquis de la conférence nationale souveraine de 1991, nous assistons au retour des chevaux retors de la république, ceux qui ne veulent pas respecter et appliquer les droits de l’homme et instaurer une véritable démocratie pluraliste capable de favoriser une alternance politique, instrumentalisent la justice. Bientôt nous assisterons aux arrestations abusives et arbitraires pour tentative de coups d’état, de conspiration et soutien matériel aux putschistes, de sabotage économique ou bien d’autres mobiles dont ils ont le secret à la police politique  ».

Et Me Amédée NGANGA dynamiteur du système judiciaire Sassou s’étant passé pour un OPJ du Conseil National de sécurité a diligenté l’unique plainte contre Sassou au Congo.

Au cours d’une Conférence de presse, Maître Amédée Nganga a mis en cause certains magistrats. Cela restera inédit dans l’histoire du Congo, mais déjà les avocats d’André Okombi salissa prédisent aussi que Sassou sera jugé.
Sous les ordres du grand guide du Conseil National de Sécurité le Président à vie et Empereur de l’Oyocratie, la police politique est à la manœuvre.
Poursuivant sa mission macabre depuis que son rôle d’officier de police judiciaire (OPJ) a été exhumé par la loi de 1983 enterrée à la Conférence Nationale Souveraine, Sassou et ses autres esprits impurs reviennent en force pour saccager le pays, diviser les congolais, imposer la terreur, semer l’extrême pauvreté et distribuer la mort.
La sécurité d’Etat, de triste mémoire, dissoute et le décret abrogé, est revenue sous la forme de la DGST constituant l’industrie du crime de SASSOU. La DGST étant une direction générale dépendant du ministère de l’intérieur, ses agents ne peuvent pas être considérés comme des OPJ.

Fantasmagorie des chefs d’accusation

Ceux qui n’acceptent pas la pensée unique, le vol, le pillage, la corruption et la confiscation du pouvoir sont accusés d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, de détention illégale d’armes et munitions de guerre, complicité d’assassinat, complicité de destruction de biens mobiliers publics et privés. C’est le cas de Me Massengo-Tiassé et Me Amédée Nganga qui n’ont rien fait, cependant sont poursuivis pour avoir l’un refusé d’accompagner Sassou dans son holdup électoral et l’autre pour avoir diligenté une plainte contre Sassou Nguesso et certaines personnalités même de la magistrature.

Me Massengo-Tiassé a échappé miraculeusement à trois tentatives d’enlèvement et d’assassinat. D’ailleurs pendant l’opération de Mayanga dans la nuit du 28 mars 2016 les assaillants avaient sorti de leurs véhicules deux caisses d’armes et munitions qu’ils allaient attribuer au Vice-Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, soutien du général Mokoko pendant les élections. Aujourd’hui pour soutenir les poursuites contre l’avocat, la police politique qui a été élevée au rang de police judiciaire aurait fait depuis fin 2018 une découverte d’armes et munitions dans le terrain de Mayanga afin de le condamner par contumace.

Quant à Me Amédée Nganga celui-ci a quitté précipitamment le Congo après avoir échappé à deux tentatives d’enlèvement de nuit.

Tables d’écoutes

Le Procureur général Michel Oniangué représentant le ministère public a parlé des « intercepts » (conversations interceptées). Quid ces intrusions par les services de renseignements dans les communications téléphoniques ? Parlons-en dans les bons termes du droit international des droits de l’homme et conformément aux textes ratifiés par le Congo. Ces «  intercepts » ainsi qu’il l’avoue seraient elles des écoutes administratives ou des écoutes judiciaires ?

Si ce sont des écoutes judiciaires, le procureur général qui les a ordonnées, peut-il présenter à la Cour la réquisition du parquet ayant sa cause dans la réalisation d’une infraction dont Okombi serait auteur ou complice ? Par ailleurs y a-t-il eu une commission rogatoire d’un juge d’instruction ? En effet, cette décision qui devrait être écrite comporterait-elle tous les éléments d’identification de la liaison à intercepter, l’infraction motivant le recours à l’interception ainsi que la durée de celle-ci ? Il n’y a pas eu une décision de recourir aux interceptions de communication.
Si ce sont des écoutes administratives, celles-ci ne peuvent être faites qu’en violation de la règle de droit, à la demande de Sassou Nguesso qui est en même temps Président du Conseil National de Sécurité dont la direction générale de la surveillance du territoire est l’un des services.

Ces « écoutes téléphoniques  » qui se seraient déroulées jusqu’en mai 2016, violent ainsi le principe de l’immunité et les droits du député Okombi Salissa, même si l’affaire de ce dernier serait liée à la sécurité intérieure de l’Etat.

Pourquoi le parquet n’a-t-il pas informé André Okombi Salissa et ses avocats de la transcription des écoutes téléphoniques ? Cette opération d’interception et d’enregistrement de communication a-t-elle fait l’objet d’un procès-verbal ? 
Pourquoi les transcriptions des écoutes téléphoniques n’avaient-elles pas été versées plus tôt au dossier ? Le Procureur général s’empresse de violer le principe de la présomption d’innocence de l’ancien Ministre Okombi Salissa. 
Si ce n’est pas une énième manœuvre pour « faire clouer » Okombi, selon le vœu de Monsieur Michel Oniangué procureur général, en tout cas, ça y ressemble comme deux gouttes d’eau.

Condamner d’avance

Le Procureur général représentant le ministère public est de mauvaise foi lorsqu’il présente des preuves tardives et injustifiées. Ceci viole le fonctionnement régulier d’une Cour digne de ce nom. Il ignore le principe, que l’arrêt de renvoi purge toutes exceptions et fixe définitivement le périmètre du procès criminel. Aucune charge nouvelle n’est possible et ce au nom du principe de la sécurité juridique. 
Curieusement, cette entorse à la procédure persiste au moment où nous écrivons ce jour samedi 23 février 2019 à deux jours de la reprise des débats, Okombi Salissa a été invité dans la matinée de 9h à 11 h, au parquet pour une audition qui ressemble bien à une réouverture de l’instruction. Pendant près de deux heures, l’ancien Ministre, ancien député et ancien candidat des présidentielles est resté silencieux refusant de répondre à la moindre question.

Cette confusion et ce flou juridique n’ont qu’un seul objectif : la condamnation d’André Okombi Salissa qui est décidé d’avance par Denis Sassou Nguesso et Jean Dominique Okemba.

La règle d’or dans une dictature, comme chez les voleurs et les gens malhonnêtes c’est de procéder par l’effet de surprise et la dissimulation.
Le Congo a t- il précisé le cadre règlementaire ou juridique relatif aux écoutes téléphoniques ? Non. Dans ce pays incroyable où la méritocratie n’a plus de place, il n’y a aucun équilibre entre la protection de l’ordre public et le respect des droits et libertés fondamentaux. Ces écoutes téléphoniques, si cela est avéré, ce sont des montages pour associer d’autres leaders ou personnalités dans ce qui est qualifié d’atteinte à la sécurité intérieure, ainsi donc Charles Zacharie Bowao et Guy Romain Kinfounsia et tous ceux qui sont cités dans ces « intercepts » communications téléphoniques seront « cloués » roués et troués pour laisser Sassou exécuter son cahier de charge qui lui permettra d’aller aux élections de 2021 et nous imposer son fils.

Nous espérons que les Congolais entendront les fameux enregistrements à l’audience.
La suspension du procès était donc une nécessité et une obligation édictée par l’application du principe fondamental en procédure de « légalité des armes » c’est-à-dire pour obtenir toutes les informations qui viennent à la connaissance du Président de la Cour et les jurés, avant de chercher à « CLOUER » l’innocent ancien Ministre. Cependant cette suspension du procès, pour ne pas violer les principes de droit, aurait pu être seulement une suspension de séance et donc faire suite à une reprise des débats le lendemain afin de présenter à la Cour les « prétendus nouveaux éléments » des enregistrements sonores et présenter des transcriptions des écoutes téléphoniques.

Montages post mortem

Nous savons que ces montages policiers attribués au Colonel Bakala Mayinda Thomas, aujourd’hui disparu, ne sont pas des pièces susceptibles de faire clouer l’ancien Ministre Okombi Salissa.

Craignant que l’affaire des écoutes ne soit balayée par la défense, après l’échec des pistes gabonaises, américaines, il est prévu un autre acte de la pièce de théâtre qui se joue au Palais de justice, pour tenter de « clouer  » André Okombi Salissa, un autre figurant a été engagé par Jean Dominique Okemba et les faucons du régime. Il s’agit de Purhence Etoula alias Tivo sorti de leur gibecière. Qui est en effet ce personnage attendu à la barre, dès la reprise des audiences lundi, pour témoigner ? Il est chef d’un petit parti politique et candidat aux dernières élections législatives. Il est aussi Cobra comme son célèbre frère du nom de Guerman, chien méchant, que Sassou a fait éxécuter en 1999. Les deux frères, en tant que guerriers ont participé au coup de force qui a déposé Pascal Lissouba en octobre 1997. Purhence Etoula est donc décidé d’aider les Faucons du pouvoir pour neutraliser André Okombi Salissa et enfin trouver une bonne place dans l’establishment ou le petit cercle mafieux des boukouteurs.

Des avocats d’Etat

Aujourd’hui le système judiciaire au Congo est dans une bizarrerie, à tel point qu’on ne comprend pas cette nuance qui fait qu’à côté du Procureur général qui représente les intérêts de l’Etat et donc la loi, la Cour admet des avocats pour défendre les mêmes intérêts de l’Etat. En réalité ces avocats auraient pu s’occuper des choses matérielles ou financières de l’Etat. Nous pouvons affirmer que ces avocats représentent plutôt les intérêts particuliers de l’empereur d’Oyo, le dictateur offensé qui veut faire condamner par haine et vengeance son « fils qui a désobéi ». On ne comprend pas cette nuance et bizarrerie. C’est comme si le parquet ne représente pas la loi. Qui va verser les honoraires de Me Devillers, Me Oko et autres ? Est-ce le Président de la république ou le Trésor public ? En plus s’il y a condamnation l’amende est-elle versée à Sassou Nguesso où au Trésor public ?

S’il y a offense directe au Chef de l’Etat, ce dernier ne peut pas mettre ses avocats pour le défendre dans un procès ou le premier magistrat de la République est concerné. On ne comprend pas pourquoi Me Devillers, Me Oko et autres se sont constitués pour l’Etat. On est surpris de voir cette ambivalence dans le procès du général Mokoko.

Avocats ambigus

Le rôle de ces avocats d’état depuis toutes les mascarades de procès politiques est difficile à comprendre. Ces avocats seraient-ils des supplétifs du Procureur général représentant le ministère public, parce que ce dernier serait incompétent ou bien incapable de défendre les intérêts particuliers de Sassou Nguesso ? Au lieu de ridiculiser un pays qui a des cadres valables et réputés dans le monde, le procureur général aurait mieux fait de consulter ces avocats dits d’état à titre privé dans son cabinet et non les amener à l’audience. Même pendant la période des célèbres procès de Moscou, cette bizarrerie était inexistante.

Me Devillers un des comédiens de la pièce de théâtre judiciaire, après avoir fait semblant de s’étonner des nouvelles pièces introduites au dossier séance tenante par le ministère public, nous a sorti l’article 61 du Code de procédure pénale et la loi de 1983 qui font des agents de la DGST des officiers de police judiciaire (OPJ). C’est un mauvais comédien qui ignore que cette loi était abolie à la Conférence Nationale et, depuis la DGST est devenue un service qui relève directement du Ministère de l’Intérieur.

Officiers de police judiciaire

Nous récusons le terme d’officier de police judiciaire (OPJ) aux agents de la sécurité d’état, qui est normalement une qualification judiciaire.
Les dispositions de la police politique abolie à la conférence nationale souveraine, aujourd’hui exhumée, par le prétendu avocat de l’état tyrannique, ne permettent pas de donner un cadre légal aux écoutes téléphoniques de la DGST.

La DGST

Les activités répressives et arbitraires de la DGST violent le droit international des droits de l’homme. Ce service qui relève du Ministère de l’Intérieur est une machine à fabriquer les preuves pour écarter les opposants.

Me Devillers comment voulez-vous prendre des Congolais pour des imbéciles ? Vous vous êtes constitués comme partie civile contre l’ancien Ministre Okombi Salissa. Hier c’était contre le général Mokoko. Vous poursuivez votre show commencé en France pour l’accusation contre le général Mokoko.
Le représentant du ministère public est aux ordres de Sassou Président du Conseil National de Sécurité dont dépend la DGST. On ne peut donc pas s’étonner des manoeuvres de ce dernier en nous produisant une transcription des « écoutes téléphoniques  ».

La référence

Il y a plus de trente ans le Congo était le pays de référence aujourd’hui le Congo est devenu Congo Zoba, le Congo des médiocres. Sassou ridiculise tout le monde, il n’a aucun respect pour les têtes pleines et bien faites. Ces magistrats qui ne sont pas courageux pour rendre la justice au nom de la loi et de l’éthique constituent la honte du Congo. Que diront demain leurs progénitures ? Sassou vous tire vers le bas. Ce sont ces faucons incultes qui vous manipulent à leur guise. Entrevoir la verité, n’est ce pas songer à l’infini qui nous dépasse ? nier cet infini, n’est ce pas se dire : ” je sais ” ?
Et enfin on a l’impression que les lois au Congo sont devenues des textes de l’escroquerie. Les preuves sont manipulées, des témoignages partiaux sont pris comme faits avérés, les policiers sont crus sur place, des aveux sont extorqués par la force et pris au sérieux par les juges eux-mêmes influencés par les accusateurs.
Voilà aujourd’hui le Congo du non-respect et de la non application des droits de l’homme. Si la fin justifie les moyens, ce n’est plus vrai, car n’importe qu’elle fin ne justifie jamais n’importe quel moyen. Les moyens utilisés déterminent la fin qui nous attend. Même pour nous défendre du mal, user de moyens vils nous rend vil à notre tour, sans retour en arrière possible.

La police politique a retrouvé ses lettres de noblesse de l’époque du monopartisme. Ainsi donc les gens sont arrêtés et libérés sans être présentés devant un juge, les gens sont accusés pour des faits montés et imaginés dans les laboratoires de la DGST. On appelle cela le régime de la terreur ou de l’intimidation, comme celui qui a laissé de tristes souvenirs de l’époque stalinienne en URSS.

Le Congo n’est plus un Etat. Aujourd’hui au Congo de nombreux détenus meurent en prison. C’est le cas du Colonel Marcel Ntsourou tué en prison par Sassou le 11 février 2017 après avoir menacé salir les mains de tous les participants depuis le Conseil National de Sécurité jusqu’à la justice. Des témoins à nettoyer plus tard, ou des cadavres à mettre sous les tiroirs pour d’autres.

Plusieurs détenus sont empoisonnés dans les cellules ou pendant leur détention ont trouvé la mort c’est le cas de Me Hervé Ambroise Malonga. Et on craint aujourd’hui pour la vie du général Jean Marie Michel Mokoko dont la mort en prison serait déjà programmée.

Me Maurice Massengo-Tiassé et Me Bernard Amédée Nganga

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