Politique, Société

Le piège du découragement et de la résignation : Un jour, cela changera !

Laurent DZABA

Cela devient presque une habitude. A chaque fois que les citoyens congolais sont confrontés à la dure réalité et aux difficultés quotidiennes, ils ont presque les mêmes réactions. Ils s’exclament toujours « c’est ça le Congo, ce pays ne changera jamais » ou encore « si je pouvais quitter ce pays ou si je pouvais le vendre, je le ferais immédiatement ! ».

Faire croire aux congolais qu’ils sont des sous hommes et qu’ils n’évolueraient jamais, est une stratégie politique, développée dans les officines du Parti Congolais du Travail (PCT). Le doute permanent, le dégout pour la chose publique, l’abandon de l’intérêt général pour le « chacun pour soi », la pratique du tribalisme de façon décomplexée, le sentiment d’impuissance, l’impression que la République est injuste et que la démocratie rime avec la violente et peut permettre une partialité dans le traitement des citoyens, voilà ce que le pouvoir attend des congolais.

Des citoyens totalement résignés à la défense de la cause nationale. Aussi, plutôt que de financer des microprojets portés par des diplômés sans emploi ou des jeunes entrepreneurs, nos gouvernants préfèrent financer les églises de réveil, simplement parce que dans ces lieux, des citoyens incrédules et endoctrinés s’en tiennent au discours de certains pasteurs commerçants qui insistent sur des messages qui vont dans le sens voulu par leurs généreux donateurs à savoir « Dieu est heureux de prendre nos fardeaux, …, lui seul trouvera la solution à nos problèmes ». Une façon d’acheter la conscience des citoyens afin d’étouffer la contestation populaire qui résulterait de l’éveil des consciences. La bible n’encourage nullement la passivité, la paresse, l’ignorance et l’aveuglement.

Même s’il est vrai que Dieu nous aidera comme il le promet dans sa parole, néanmoins, seule notre implication personnelle fera avancer les choses. On aurait voulu que ces soi-disant experts de la parole divine exhortent tous les citoyens désespérés après tant d’épreuves, à demander au bon Dieu de les fortifier et de les libérer des chaines de ceux qui les privent de liberté, leurs persécuteurs !

Il est aujourd’hui urgent de démanteler cette petite entreprise de malheur qui souhaite perpétuer la culture du découragement et de la désespérance sur l’ensemble du peuple congolais, dans le seul but de détourner le regard sur les crimes économiques et sociaux. La réalité tragique que vivent les congolais ne peut et ne doit en rien être occultée. L’héritage peu glorieux, fait de pauvreté, de misère et de regrets à partager, ne peut permettre de bâtir un sentiment commun d’appartenance nationale. La stratégie optée par le pouvoir en place qui consiste à camoufler les échecs et à intimider les populations en utilisant les formules ronflantes qui ne veulent rien dire, a atteint son apogée. Seul le patriotisme permettra à notre peuple agressé, meurtri et vivant désormais sous la menace permanente des ennemis de la nation, de relever ce défi de solidarité et d’unité nationale mais aussi d’afficher notre volonté de défendre notre patrie et de préserver le bien commun et le vivre ensemble.

Avec le Parti Congolais du Travail (PCT) et ses affidés, la politique devient une entreprise de pure manipulation mentale et il est à craindre que la démocratie perde son sens et vire à la dictature ou à l’anarchie. Face à cette démolition programmée et cette vision sombre que certains voudraient imposer à la société congolaise toute entière, nous devons opposer notre courage et l’amour que nous avons pour notre pays. « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux », disait La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire.

Ne laissons pas ces lâches, héritiers d’une idéologie « passéiste », carboniser l’histoire de notre pays et briser l’espoir de millions de jeunes congolais. L’amour de la patrie est un appel que doit entendre tous les congolais.

Nous sommes le Congo Unis, plus jamais sans nous. Que Dieu bénisse le Congo-Brazzaville.

Laurent DZABA

Laurent DZABA

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