Justice, Politique

Pourquoi la justice politique ne peut pas condamner Okombi, Bowao et les autres leaders de l’opposition

Luc MAMPASSI

La date du 25 février 2019 approche, la deuxième mi-temps de la session de la Cour criminelle du Congo, en violation flagrante des dispositions du Code de procédure pénale et des autres règles du procès pénal. En fait, la loi pénale organisant les audiences criminelles, proscrit la suspension d’un procès en cours dès lors que l’arrêt de renvoi devant cette Cour est rendu par la Chambre d’accusation.

On considère par cette interdiction que le Procureur chargé des poursuites a estimé que l’enquête est définitivement bouclée et que les preuves de la condamnation ou de l’acquittement d’André Okombi Salissa sont constituées. D’où vient-il, qu’en plein procès, le Procureur évoque des interceptions téléphoniques entre André Okombi Salissa, Charles Zacharie Bowao et Guy Romain Kinfoussia depuis 2016, susceptibles de mettre en condamnation Okombi, Bowao, Kinfoussia et autres ? En principe, ces informations livrées par le Procureur, ne devraient pas être retenues par la Cour. Mais, comme la Justice est le patrimoine familial de Mr Denis Sassou Nguesso, les juges ont été obligés de respecter le pacte familial que de respecter leur serment professionnel.

La Cour a donc reçu les informations et a par conséquent suspendu le procès criminel, du jamais vu dans l’histoire du Congo. Dans la foulée de cette décision inique, elle a donc mis en place une commission chargée d’enquêter sur les fameuses interceptions téléphoniques. Nous avons bien suivi la brillante plaidoirie de l’Avocat sénégalais d’Okombi à ce sujet. D’après les sources judiciaires, il n’y a pas d’enregistrement audio pour permettre d’identifier qui que se soit. Le dossier André Okombi Salissa est toujours vide.

La vérité de ce ténébreux rebondissement, est que les fameuses preuves que le Procureur essaye de brandir comme une retranscription des interceptions téléphoniques réalisées par les agents de la DGST, sont en réalité des échanges whatsapp falsifiés par la police afin d’essayer de clouer des opposants politiques, dans le but de faire de la place à Denis Sassou Nguesso et son fils Denis Christel Sassou Nguesso, dans le cadre des échéances électorales de 2021. Pour rappel, la police a saisi les trois (3) téléphones portables d’André Okombi Salissa. Si le Procureur de la République, qui est le bras armé de l’Oyocratie dans ce procès était un citoyen honnête, il aurait informé la cour du fait que le défunt Colonel Bakala qui avait participé à ce bricolage et montage, n’a jamais pu trouver le scenario idéal pour accuser ces opposants politiques. C’est la véritable raison pour laquelle cette carabistouille n’a pas été introduite dans le dossier initial.

 On appelle cela en droit, des preuves déloyales. Elles sont systématiquement rejetées dans les pays où la justice se respecte. Si les juristes congolais avaient encore un peu d’honneur, ils ne se permettraient pas de condamner des hommes dont le seul crime est celui de ne pas partager la ligne politique d’un homme qui aurait pris la décision de rester au pouvoir jusqu’à la fin de son séjour sur terre.

La question dont tout le monde se pose est celle de savoir si cette justice politique va convoquer le Maestro, l’homme aux cheveux gris, le Professeur Charles Zacharie Bowao et ses amis politiques, ce 25 février 2019, simplement parce que le pouvoir a décidé de condamner André Okombi Salissa ?

Tout est possible avec ces juristes d’opérette qui sont habitués à avaler des couleuvres pour sauver un pouvoir aux abois, toujours à la recherche des boucs émissaires pour justifier son caractère impitoyable.

C’est à cela que nous interpellons les citoyens congolais. Préparons-nous et restons mobiliser. Cette forfaiture de trop ne devrait pas passer.

Luc MAMPASSI

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