ASSOCIATION LOI 1901, Parti Politique, Politique

ENCORE UN RITUEL DU PCT DU 3 AU 6 MARS 2022 A OWANDO.

ENCORE UN RITUEL DU PCT DU 3 AU 6 MARS 2022 A OWANDO.

 

Par  Jean Felix DEMBA-NTELO  

 

 

Jean Felix DEMBA NTELO

Brazzaville 2009, Ewo 2011, Dolisie 2013, Sibiti 2015, Ouesso 2017, Madingou 2020 et du 3 au 6 Mars 2022 Owando. Soit en moyenne 2 rituels tous les 2 ans.

C’est donc désormais une tradition pour le Gouvernement du PCT de convoquer, à la veille de chaque échéance électorale, un rituel pompeusement baptisé  » CONCERTATION POLITIQUE «.

 Loin de répondre aux exigences d’une gouvernance électorale fondée sur le règne du droit et la souveraineté du peuple dans le libre choix de son destin par des élections libres, transparentes et équitables, ces rituels ont pour double objectif :

   1- enfariner une partie de la classe politique opportuniste et de la population congolaise peux consciente des enjeux du moment

     2- rassurer la fameuse Communauté internationale, impuissante, si non complice de la prolifération des pouvoirs tyranniques au sommet des États en Afrique.

La Fédération de l’Opposition Congolaises (FOC) dont la CJ3M est l’un des membres, à déjà pris position sur la convocation de ce nième rituel à Owando. Cependant la Coordination Nationale de la. CJ3M voudrais apporter au débat le complément d’analyse ci-après.

En guise de rappel, le PCT, ancien Parti unique marxiste-léniniste, avait comme doctrine de base le CENTRALISME DÉMOCRATIQUE, qui confère au Congrès du Parti la source de légitimité du pouvoir d’État. Une conception communiste qui dénie au peuple son rôle cardinal de souverain primaire dans les choix qui déterminent le destin de la Nation.

En 1992, le peuple congolais, réhabilité par la Conférence Nationale Souveraine (CNS ) dans son rôle de souverain primaire, avait sévèrement sanctionné les pratiques foncièrement antidémocratiques du PCT, ancien Parti unique au pouvoir, qui n’avait recueilli  que 17% aux différentes élections démocratiques.

   Élections largement remportées par la coalition politique ayant soutenu le projet du Professeur Pascal Lissouba élu confortablement Président de la République à plus de 62% au 2e tour de l’élection présidentielle.

Revenus au pouvoir par les armes, le PCT et son Président, tirant les leçons de leur débâcle électorale de 1992, ont mis en place un dispositif politique, financier, militaire, sécuritaire et diplomatique qui a verrouillé l’ensemble des mécanismes de la gouvernance électorale au Congo, afin d’empêcher toute alternance politique au sommet de l’État.

 Ainsi, au CENTRALISME DÉMOCRATIQUE qui lui permettait de conserver à vie le pouvoir d’État, s’est substitué habilement, la prise en otage, d’amont en aval, du processus d’organisation des opérations électorales, tant au niveau des administrations et des collectivités publiques, que de la Commission électorale. 

Le PCT et son Président qui avaient pourtant combattu, les armes à la main le pouvoir Lissouba au non de la défense de la démocratie, ignorent purement et simplement aujourd’hui, la recherche du consensus politique dans la bonne gouvernance électorale.

    Cette prise en otage du processus électoral par le PCT, repose désormais sur 4 piliers :

    1- le contrôle systématique des structures des administrations publiques et des organes de la Commission électorale par des militants fanatises et motivés du Parti.

    2- l’utilisation abusive des fonds publics pour l’achat des consciences, le financement des candidats du pouvoir et le bourrage des urnes ;

    3- la confiscation des médias d’État et la coupure des réseaux de télécommunication ;

     4- le recours à l’armée et la police politisées et tribalisées, pour imposer les résultats et neutraliser les véritables opposants qui n’ont d’alternative, à défaut de l’allégeance, que la prison, l’exil à l’étranger ou pire, la mort.

L’emprisonnement arbitraire à 20 ans de réclusion de deux anciens candidats à l’élection présidentielle de 2016, Jean Marie Michel MOKOKO et André OKOMBI SALISSA et la mort subite en pleine campagne électorale du candidat Guy Parfait KOLELA en 2021, illustrent parfaitement cette assertion.

Ce dispositif de verrouillage du processus électoral au Congo, est accompagné par la mise en œuvre de la maxime DIVISER POUR REGNER, appliquée par le pouvoir pour fragmenter et atomiser les forces de l’opposition congolaise.

Ainsi le pouvoir classe ses opposants en deux catégories : les MODÉRÉS et les RADICAUX.

Sur la base de cette division de l’opposition en MODÉRÉS et RADICAUX, le Ministère de l’intérieur établi de manière arbitraire, selon le degré d’allégeance au pouvoir des opposants, des listes dites des Partis en conformité  avec la loi. 

Ainsi, au fur et à mesure de leur rapprochement avec les sphères du pouvoir, des Parti considérés hier comme non conformes à la loi, sont repêchés.

Il sied de rappeler que la légalité des Partis politiques acquise conformément à la loi, est garantie par la non rétroactivité des nouvelles lois sur les Partis. Les manipulations auxquelles se livre le Ministre de l’intérieur pour retirer leur l’égalité aux Partis politiques de la vraie opposition, relève purement et simplement des basses manœuvres politiciennes qui ne contribuent nullement à l’apaisement du climat politique national.

Les Partis politiques dits MODÉRÉS, pour l’essentiel constitués d’opportunistes ou animés par de personnages motivés  par des préoccupations alimentaires, sont ceux sélectionnés, comme par hasard, pour participer régulièrement à tous ces rituels préludes à chaque échéance électorale. Leur mission étant bien sûr de conférer aux mascarades électorales qui se succèdent, l’illusion d’être des scrutins démocratiques. Naturellement ces rôles sont compensés financierement, si non par quelques quotas de députés, de sénateurs ou de conseillers locaux, savamment dosés pour ne pas compromettre  des majorités confortables au PCT dans ces assemblées. 

Il arrive au sortir de ces rituels, que certains leaders des Partis politiques de l’opposition dite MODÉRÉE  floués et humilié, soient frustrés. 

D’où cet appel lancé à l’arbitrage de Monsieur le Président de la République, par quatre d’entre eux au sortir du rituel de Madingou en 2020, oubliant sans doute à ce moment de désespoir, que le fameux arbitre n’était autre que le  Président du PCT, qui a royalement ignoré leur cri de cœur.

L’inconstance et l’opportunisme  des élites congolaises en général et particulièrement des animateurs de la classe politique, est l’une des principales causes du naufrage politique, économique et social de notre pays, et partant,  du drame du peuple congolais voici plus de 61 ans d’indépendance.

Pendant que le Monde bouge, frappé de plein fouet par les fléaux du changement climatique, des pandémies, des guerres des nationalismes et du terrorisme, des coups d’État, des enjeux des compétions entre les grandes puissances, le Congo est enfermé dans les mesquineries de la concervation du pouvoir par un Parti politique qui règne sans partage depuis un demi siècle, par des lobbies ethniques et claniques.

   Toutes les opportunités d’apaisement du climat politique,  de réconciliation nationale en vue de l’Unité, le Travail et le Progrès sont jetés aux orties par un pouvoir hélas dominateur, arrogant et très sûr de lui.

Il n’est pourtant pas trop tard pour se ressaisir. A nos portes en Afrique,  les elites des Nations hier déchirées se réconcilient, cas de la Côte d’Ivoire .

Le peuple congolais résigné et fatigué des luttes fratricides sur les enjeux du pouvoir, n’a qu’une exigence de sa classe politique : la restauration de la RÉCONCILIATION, l’UNITE et la CONCORDE NATIONALES, par le dialogue inclusif, pour la reconstruction du Congo, notre Patrie.

  Brazzaville le 2 Mars 2022

Jean Felix DEMBA-NTELO

Coordonnateur National CJ3M

Laisser un commentaire