Editorial, Politique

Quand la France désarçonne l’opposition et la diaspora congolaises

Par Jean-Claude BERI.

Il fallait atendre que la mer se retire pour découvrir que Denis Sassou Nguesso et son clan sont des voleurs, rapaces, ripoux et pilleurs du Congo-Brazzaville alors que le peuple le savait depuis 32 ans.
Tant qu’ils assurent la pérennité de la françafrique, circuler, il n’y a rien à faire !

Il y’a des nouvelles qui vous tombent sur la tête comme des coups de massues. Celles que la diaspora et l’opposition congolaises ont reçues hier ressemblent plus à un séisme, un cataclysme pour un peuple qui espérait tant d’une communauté internationale insensible et totalement aux ordres  d’une logique protectionniste dictée par la France.

Profitant de sa visite au sommet pour le réchauffement climatique « ONE PLANET SUMMIT »  de ce mardi 12 Décembre à Paris, le président contesté congolais  a marqué plus que des pions. C’est dire que le lobbying entamé depuis des mois par l’ancien président du FMI en passant par l’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a nettement réchauffé les relations entre le FMI mais surtout entre la France (donneur d’ordre) et le dictateur-sanguinaire-criminel congolais qui a bénéficié d’un traitement françafricain comme la France sait en faire lorsqu’il s’agit de préserver ses intérêts.

Malgré la forte mobilisation de la diaspora congolaise de France françafricaine a tenu à démontrer sa capacité de gérance encore intacte dans son giron  d’Afrique centrale en volant au secours d’un pays mis à genoux par une gouvernance calamiteuse d’un clan érigé en monarchie républicaine.

Toute honte bue, la France ferme les yeux sur un bilan de gouvernance catastrophique où se mêle dissimulation, trafic, corruption, vol et gérance opaque familiale de l’Etat.

Le Congo-Brazzaville est le dernier de la classe en matière de gestion économique. Ce constat pourtant bien reconnu et établi par la directrice du FMI n’a pas empêché cette dernière à se soumettre à ses maîtres. L’important c’est de sauver la vache à lait, la zone CEMAC pour que la France continue à pérenniser un système colonial économique figé mais surtout rentable.

Et pourtant, le constat de Christine Lagarde est sans appel. Comment le FMI peut-il oser rétablir des négociations avec un régime qui s’est montrée de mauvaise foi en dissimulant une partie de sa dette publique.

La stabilité politique et la renaissance économique ne sont pas au rendez-vous au Congo-Brazzaville. Le mauvais élève, pourrait-on dire, même le très mauvais élève, qui a même tenté de cacher ses finances catastrophiques au FMI, c’est le Congo-Brazzaville. Une dette sur le papier d’au moins 8 milliards d’euros, des rentes pétrolières gagées, des arriérés de salaire, des grèves dans tous les secteurs. C’est un triste constat !

Avec une grande tristesse, nous constatons que toutes les vieilles recettes de la françafrique de Jacques Foccart sont toujours sur la carte du ménu et au goût du jour. Ce que l’ancien président français, Jacques Chirac, déclarait en 2008 reste fort malheureusement d’actualité.

En Mars 2008, l’ancien président français, Jacques Chirac, a déclaré :« Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]. « Le prédécesseur de Jacques Chirac, François Mitterrand avait déjà prophétisé en 1957 que : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle. »

Ce que les Gabonais et les congolais ont vécus cette semaine n’est la mise au goût du jour d’un système maléfique dont la France se sert pour s’offrir et consolider une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars  chaque année  en provenance de l’Afrique. Et dont les 2/3 de la zone CEMAC.

Comme le Congo-Brazzaville présente actuellement les risques d’implosion et de contagion de mauvaise gestion économique, il était impératif que les baroudeurs de la vieille françafrique reprennent du service pour sauver la vache à lait d’une déroute économique préjudiciable aussi à la France.

Ainsi on s’assoit sur les principes sacro-saints de la bonne gouvernance  dont on nous vante tant  les mérites en occident.  Sait-on seulement qui détermine cette bonne  gouvernance ?

La bonne gouvernance est donc pour les pays de la CEMAC,  une gouvernance  qui se justifie par  la prise en compte des intérêts français. L’efficacité ne suffit pas, la transparence et la légitimité sont tout aussi indispensables dès lors qu’ elles sont au service d’un système françafricain prédateur.

Sassou Nguesso en bon élève de ce système a su trouver la faille en usant d’une corruption massive et d’une filière encore active au sein d’une France qui a du mal à couper réellement le cordon ombilical malgré le chapelet de bonne parole.

Sa réception par Bruno Le Maire, ministre de l’économie française résulterait de cette logique. Malgré le malaise palpable des dirigeants français mais lorsqu’il s’agit des intérêts de la France, celle-ci demeure solidaire, immuable et surtout insensible à la misère des populations meurtries par une dictature féroce et sanguinaire.

Sous les sourires narquois et faussement hésitants, au delà du baiser de Juda offert au dictateur-sanguinaire et criminel Denis Sassou Nguesso, c’est bel et bien le Président français  Emmanuel MACRON qui a donné son quitus pour sauver le Congo de la noyade.
Ceci part d’un postulat qui fait école au sein de  la grande religion des dirigeants français partisans de la françafrique : « on  s’essuie avec les principes sacro-saints de la bonne gouvernance. De la probité morale. Et de la démocratie. Soyez rusés. Soyez fourbes. Soyez malhonnêtes. Soyez un démagogue. Vous serez fêtés comme un héros. Surtout si vous êtes riches et milliards ….. »

On prétend faussement sauver un pays mais c’est la remise en selle d’un homme qui a échoué, qui a ruiné le Congo-Brazzaville, qui a bafoué toutes les règles de la bonne gouvernance et de la transparence économique qui est choisi comme mesure de sauvetage. Ainsi va le paradoxe français.

Que ce soit du côté du FMI ou de Bruno Le Maire, le discours reste le même. C’est un langage universel au sein de cette françafrique.  On vous caresse dans le sens du poil mais on ne se prive pas de vous  empoisonner lorsqu’il s’agit de garantir les intérêts français. Emmanuel MACRON ne dérogera pas à la règle.

En effet depuis six mois tout est mis en branle pour maintenir SASSOU NGUESSO au pouvoir jusqu’en 2021. Les services secrets français sont opérationnels sur le sol congolais pour empêcher toutes révoltes ou tentatives de coups d’Etat d’où qu’ils viennent visant à renverser le pouvoir dictatorial au Congo.

L’alternance au Congo a été momentanément mis entre parenthèse par les français qui considèrent que l’opposition congolaise et la diaspora ne donnent pas assez de garantie pour que cette dernière prenne le risque de se débarrasser d’un bon pion contre  un pion aléatoire.

C’est à contre cœur que les lobbys français ont validé la solution de maintenir ce criminel de Brazzaville jusqu’en 2021. Pour ceux qui suivent les événements récents comprendront pourquoi il a été acté de sauver le soldat Sassou qui est présentement au fond du trou.

Comme beaucoup de congolais aiment se satisfaire des bruits de couloirs continueront à faire confiance à la France qui a pourtant eu un discours clair. On t’aide sous certaines conditions : Respect d’une bonne gouvernance, lutte active de la corruption, fin de la crise au Pool et sortie définitive de Sassou en 2021.

Comme en 1998, la France s’est engagée (officieusement) à protéger le pouvoir de Sassou en faisant appel aux forces extérieures pour sécuriser les entrées stratégiques et les institutions moribondes.

Les congolais sont désormais avertis !

Jean-Claude BERI

 

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